NUAGE ROSE
Le fils du poète n quatre ans déjà; Son père, plus fier qu'un maliarajah, Prend parfois un fiacre, aux jours d'opulence, Et Ton s'en va voir des coteaux, des champs. Des réductions de soleils couchants Affectant des tons de Belle Valence.
Et l'enfant ravi s'exclame, et ses yeux Ont de bons regards émus ou joyeux Pour les Heurs, les eaux, les nids, les ramées
Et la tour Eillel cjui le rendra fou,
Et les longs trains noirs qui font : <( fou ! fou ! fou ! >
En crachant dans l'air leurs blanches fumées.
Un soir, découvrant au lointain doré
Le beau viaduc d'Auteuil, ajouré
Comme un lîn joujou qui rend Famé heureuse :
<( Achète-le-moi ; papa! Yeux-tu, dis?...
— Ah ! non ! lit le père aux yeux interdits. Non !... ma tirelire est un peu trop creuse!
— Tu peux m'acheter alors ce château!...
— Non ! pas davantage ! — Alors, ce bateau Qui passe? implora le jeune touriste...
— Hélas !... — Ce ruisseau, cet arbre, ce champ?...
— Non plus! — 0 mon Dieu, quel papa méchant ! » S'exclama soudain l'enfant grave et triste.
Le rinieur rougit de sa pauvreté ; Des bébés heureux jouaient à côté Dans un parc fleuri d'hôtel grandiose...
NUAGE ROSK
a EmbrHvSsons-nous bien, va, mon pauvre enfanl Et, levant ses bras honteux dans le» vent : « Je vais l'acheter un nuaae rose ! >•