‹ NatureChapitre 11 sur 39 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

C'est la grande Hystérique aux hurlements sauvages Oui tente vers les cieux d'extravagants baisers, Mord les continents roux avec de sombres rages

Et presse les rivages D'invisibles bras verts toujours inapaisés.

Elle se roule avec des souplesses de chatte

Au pied des monts hautains que son ronron séduit.

Arrondit son dos tiède au couchant écarlate,

Et le soleil la flatte De ses vagues doigts d'or qui font peur à la nuit.

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D'autres fois, elle a l'air d'une ancienne marquise Oui pour mouches aurait de provocants îlots ; Et ses vagues, avec une élégance exquise,

Sur le bord qui les brise F'ont une révérence en inclinant leurs flots.

Elle a de grands élans vers la Terre et compose. Pour elle, des chansons sur un rythme inconnu. Parfois, elle lui fait un coquillage rose

Qu'une lame dépose Comme un joyau discret sur le sable menu.

Quand elle trouve un roc, elle monte et déroule Sur lui sa chevelure aux parfums capiteux. L'entoure de ses bras, l'oppresse de sa houle

Jusqu'à ce qu'il s'écroule Et tombe dans son lit comme un vieillard honteux.

Sa poitrine d'azur s'enfle dans les marées Et semble haleter sous un désir puissant.

C'est la hiiH* qui passe aux voûtes éthérées :

Et les vagues cabrées Lui présentent des fleurs (récume en se haussant ;

Et, sous Fardent soleil, la mer se vaporise, Forme dans l'air léger de doux nuages blonds Puis, comme des baisers, les envoie en la brise

Aux monts à tète grise Oui pleurent aussitôt d'amour sur les vallons;

C'est la pluie ! et la terre immense est fécondée ! C'est la pluie ! et les fleurs germent dans le sol gras ! Mer superbe et divine, ô mer dévergondée,

La Planète ridée Se séchera d'amour quand tu te tariras !

Sois donc bénie et chante, hystérique et folâtre !

Câline les galets, lèche les tamarins !...

Oui, sans doute, souvent tu prends qui t'idolâtre !

Et ta gueule verdâtre Engloutit un navire et mâche des marins !

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Mais, des hommes, quelle est cette engeance grossière? Ou'importe à l'univers qu'ils soient vivants ou morts? 0 mer, l'humanité vaut-elle tout entière

Plus qu'un grain de poussière Que la brise, en jouant, agite sur tes bords?

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