LA PUOCESSION DES FLEURS
Et, telles que des pétards verts, Elles éelateul à travers Les rainures émerveillées, Les petites feuilles d'un jour, Tendres, informes, sans contour.
Et de vagues sueurs d'amour Encor mouillées!
Vivat ! Gaîment, de tous côtés, Sur les végétaux exaltés, Elles jaillissent, montent, brillent.
Font des dômes, font des arceaux. Transforment tous les arbrisseaux En lutrins verts, où des oiseaux Fous s'égosillent!
Avec des bras plus amoureux.
Le lierre étreint les murs poudreux Le long des vieilles avenues ; Tout s'étire, s'allonge, croît,
Le peuplier s'en va plus droit,
Et le dernier brin d'herbe croit
Crever les nues !
Et, sur les lilles de quinze ans, Poussent des seins éblouissants Comme une lourde et riche flore !
Tandis qu'en leurs hangars étroits, Des troncs coupés d^^rbustes froids Tâchent de faire deux ou trois Feuilles encore !
Et, comme le soleil lui rit.
Soudain un arbre ému fleurit Et de poni))ons coquets s'attife !
Et les autres, se stimulant.
Vite, s'habillent tous de blanc Comme de grands prêtres allant Voir un pontife.
LA PROCblSSION DES FLEURS 1-2
Pêchers, pommiers, acacias, En fredonnant des glorias.
Font pleuvoir leurs pétales vierges ; Près d'un marronnier-reposoir, Un tournesol tient Fostensoir Et des lis flambent dans le soir (lomme des cierges !
Et voici venir, dans les prés.
Les liers coquelicots, parés De leur pourpre cardinalice; Voici les jacinthes mouvant Leurs cloches roses dans le vent Et les tulipes, élevant Le saint calice !
Voici des croix, voici des dais, Voici des ajoncs portant des Bannières d'or, voici des psaumes Lancés par les merles siffleurs !
io)o7 NATURE
C'est la procession des fleurs, C'est le triomphe des couleurs Et des arômes !
Gloire au soleil ! Gloire au soleil Et lui, le monarque vermeil.
Père des hommes et des choses, Levant son doigt ceint de rayons, i>at la mesure aux oisillons, Et fait valser les papillons Autour des roses !
0 doux soleil, béni sois-tu Par tout vieil arbre courbatu Oui te présente ses fleurettes!
Par tout poète frémissant Et par tout moucheron dansant.
Dont ta lueur dore en passant Les ailerettes !