‹ NatureChapitre 18 sur 39 · LE SAULE CURIEUX · texte numérisé non relu

LE SAULE CURIEUX

Un saule triste et moussu A l'échiné irrégulière, Comme un grand vieillard bossu, Se penche sur la l'ivière.

Ses racines aux gros nœuds.

Lamentables, mi-séchées.

Sur le talus sablonneux.

Ont Pair de mains accrochées.

Et le sommet de son troac, Dont les rameaux se flétrissent Semble un gigantesque front Où des cheveux se hérissent !

0 vieux saule courbatu, Que ta pose est singulière !

Pourquoi donc, pourquoi t'es-tu Tant penché sur la rivière ?

Fût-ce pour voir, un matin, Des vols bleus de demoiselles.

Dans un froufrou de satin.

Se poursuivre à toutes ailes?

Fût-ce, en quelque soir nacré.

Pour guetter, sur Teau pâle, une Fleur de nénuphar sacré Oui s'entr'ouvrait sous la lune ?

LE SAULE CUUl^:UX h27

Fût-ce en quelque nuit lilas, Où Vénus, rincarnadine, Se mirait sur les flots las Oui fredonnaient en sourdine?

Non, vieux saule au chef branlant Tu dus voir, je conjecture, Pour attraper dans le flanc Une telle courbature.

Un tableau plus sérieux Que des nénuphars moroses.

Et plus beau que tous les cieux Pleins d'astres blancs, bleus ou roses

Ce fut, sans doute, Lison Ou Margot, la lavandière, Qui trempait le bout de son Pied menu dans la rivière..

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