LE ROI DE LA CREATION
Le roi de la création,
Ce n'est pas l'homme misérable
Ni l'éléphant, ni le lion;
C'est l'arbre auguste et vénérable !
L'arbre que mai s'en vient fleurir
Et qui prospère sans courir
Chaque jour après sa pâture ;
L'arbre à qui la terre et les cieux,
Comme des serfs silencieux,
Apportent des mets copieux
Assaisonnés par la nature.
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Sa couronne de roi hautain
Est toute en feuilles d'émeraude;
Sa Majesté, chaque matin,
A des cours d'oiseaux en maraude,
Poètes ou compositeurs
Qui lui font des quatrains flatteurs,
Comme Despréaux ou Racine ;
Et l'arbre écoute le sonnet
Du bouvreuil ou du sansonnet,
Puis applaudit un tantinet
En courbant sa rovale échine.
L'arbre est divin, son front est grand, Nul penser ne le déshonore.
Sa tête plane en s'enivrant De tiède azur, de vent sonore ; Ses cent bras levés et tordus Prouvent des transports éperdus Et de surhumaines extases ; Et l'aurore aux tendres couleurs Lui fait répandre sans douleurs