PARFUM D'ACACIAS
Arbres aux perruques poudrées, 0 petits marquis végétaux Qui balancez sur les coteaux Vos folles têtes enivrées,
Acacias à Tair vainqueur, Acacias si blancs, si roses Qu'on voudrait vous dire des choses Et vous presser tous sur le cœur.
Expliquez-moi donc, je vous prie Pourquoi vous êtes si coquets, Et d'où vous tirez vos bouquets, Grands maîtres en parfumerie?
Oh ! ces bouquets embaument tant ; Ils sont si doux, si purs, si rares Qu'au fond des bois pleins de fanfares On pleure presque en les sentant !
Azur, printemps, jeunesse, aurore !
C'est fait de cela, vos parfums, C'est fait de mille êtres défunts Dont l'àme obscure s'évapore ;
C'est fait des vieux baisers donnés Sur les gazons fleuris de menthes; C'est fait d'anciens soupirs d'amantes Sous les ramures égrenés ;