LA FORET
-1 Madame Augusta Holmes.
LA FORftT
C'est ici la cité des arbres somptueux
Oui dressent dans Tazur des fûts majestueux
Et des vélums sonores, La Métropole verte aux dômes éclatants, Où les rameaux feuillus font de grands arcs flottants Sous lesquels, casqué d'or, passe le Roi Printemps
Duc de toutes les Flores.
C'est ici l'apaisant et merveilleux abri Où le lutteur blessé se trouve moins meurtri, Où le fourbe est plus probe,
Le temple où le soleil a peur de rayonner, Où riiomme se recueille et veut se prosterner, Comme si, dans Tair pur, ses yeux voyaient planer L'âme va^iie du Globe.
Ce n'est qu'enchantements, splendeurs à Tinfini : Voici les chênes lourds, au tronc fier et bruni.
Oui font des colonnades ; Voici les saules bas qui font des dais tremblants. Et les bouleaux, qui font avec leurs piliers blancs, Un portique mauresque où les merles galants
Siillent des sérénades ;
Voici des clochetons de peupliers ; voici La coupole dim hêtre où le jour obscurci
Met des ombres de cloître, Où chétifs, contrefaits, penchés sur le gazon. De vieux arbres ont l'air de dire une oraison. Comme pour demander au ciel la guérison
D'une bosse ou d'un goitre.