CHAPITRE IV
DESCRIPTION DE LA COTE DEPUIS L’ î LE S AI N TE-C AT H E- RINE JUSQU'À CÎLE S AI UT-SÉBASTIEN.
Les côtes au nord de Sainte- Catherine sont fort élevées; et, comme toutes celles des environs de cette île, elles offrent un mélange de montagnes de formes tourmentées et bizarres, et de grandes vallées dont quelques-unes s’étendent jusqu’au bord de la mer. Toutes ces terres sont boisées, et peuvent être aperçues de quinze lieues.
Plusieurs petites îles et îlots se voient au nord de Sainte - Iles et îlots
•* au nord de
Catherine . La plus grande des premières est Arvoredo , dont Samte-cathej’ai déjà parlé. Elle gît au nord quart nord-est demi-nord,
Descrîptio de la cote sui vante.
Pointe Itapacoroya,
Ilots dos Remédias, de Tamboretes et do Garcia.
à environ six milles de la pointe Canavieras , et à-peu-près à la même distance dans le sud-est des îlots de Alandubis , situés proche la cote du continent. Entre ces îlots et Arvoredo est le double rocher de San-Pedro , au nord et à quatre milles duquel est I’ÎIot Pedro-de-Galle. On peut passer avec sécurité dans tous les canaux formés par ces îlots. On y trouve de 24 brasses à 1 3 brasses fond de vase et sable gris. A trois lieues au large, la profondeur est de 30 k 35 brasses. Il y a plusieurs assez bons mouillages dans la baie das Tojucas , immédiatement au nord du goulet de Sainte- Catherine .
Après avoir dépassé les îlots, on trouve que la côte rentre assez considérablement dans l’ouest : elle forme plusieurs baies, dont les pointes , das Bombas , das Garopas , Gambiriû , Canto-Gallo et Itapacoroya , gisent à-peu-près sudsud-est et nord-nord-ouest entre elles , sur une étendue de sept lieues et demie. On peut ranger toutes ces pointes à deux ou trois milles.
La pointe Itapacoroya est l’extrémité orientale d’une baie assez profonde , abritée des vents de l’est à l’ouest par le sud, et occupée par deux petits îlots séparés, et un armaçao , ou manufacture d’huile de baleine. On y peut mouiller et faire de l’eau. Du fond de cette baie , la côte ensuite court au nord et nord quart nord-est , jusqu’aux îlots
do Garcia , ou Ion voit un autre armaçaô : la distance est de treize lieues.
Dans cet espace , indépendamment des deux petits îlots dont je viens de parler, plusieurs groupes d'îlots s’offrent encore à la vue. Ils sont situés à deux ou trois milles de la cote , et 1 on peut passer entre les deux principaux. Le plus sud de ces groupes est celui dos Remedios , situé proche la
barre [entrée] d’Aracary. Le groupe suivant, dans le nordnord-est deini-nord de celui-là , est celui do Tamboretes.
Tous ces îlots sont couverts de bois. Les petits bâtimens seuls peuvent passer à terre des îlots dos Reinedios .* encore cepassage est-il peu sûr.
Ceux do Gai cia sont sur le parallèle à deux milles et demi dans l’est de la pointe de Joaô-Diai, qui forme l’extrémité de la rive orientale du Rio San-Francisco ( i ).
Cette riviere , peu profonde , dont l’embouchure est RioSan-Fran -
, T Cisco (du sud ).
tournée au nord-nord-est , se jette à la mer dans une baie assez vaste, ou Ion peut mouiller par divers brassiages. A trois lieues de la côte , au nord-nord-est de cette embouchure , on ne trouve déjà que i o brasses , sur un fond de sable fin. Le rivage voisin est plat; les terres environnantes sont basses , mais entrecoupées de mornes isolés assez remarquables. Ce nest-quà quelques lieues dans l’intérieur, que s’élèvent las Sierras de Adaraîuba , chaîne continue de montagnes hautes et hachées.
A seize milles , dans le nord quart nord-ouest de la pointe Joaô-Dia ç , est la barre de Guaratuba . Elle est à l’extrémité méridionale d’un paracel qui s’étend de quatre à cinq milles au large, et dans le nord, jusqu’à Barra do Sul , l’une des deux entrées de la baie de Paranâgua. Ce paracel , borné au large par deux gros rochers découverts nommés Itacolomi t et la petite île Cotai, n’est praticable que pour les not cord et bateaux. Ces rochers sont par 250 5 T de latitude sud; rochcrs vo,4,ns' ils peuvent être approchés, par le large, à un ou deux
(1) Cette rivière doit être distinguée du Rio San-Francisco situé au
nord de la baie de Tous-les- Saints , et dont on décrira plus tard l’embouchure et la position.
Baie de Para
nâgua.
Direction de la côte au nord de Paranâgua.
Ilots Figucra tel Castillo.
milles, où l’on trouve de 10 à 12 brasses d’eau, fond de sable et vase.
La baie de Paranagua est une assez grande échancrure, formée dans les terres du continent ; son entrée est abritée, et en même temps séparée en deux canaux ou barres par Lie do Nul , qu accompagnent dans le nord-est les trois petits îlots das P aimas • Plusieurs ruisseaux ou petites rivières se jettent dans celte baie, dont le diamètre peut être de trois à quatre lieues. La barre ou entrée du sud , embarrassée de brisans , n est pas navigable. Celle du nord admet des bricks, et l’on en construit d’assez grands dans l’intérieur de ce bassin , environné de riches forêts. En pratiquant la passe du nord, on laisse les îlots des Palmes dans le nord: un pilote est nécessaire pour cette navigation intérieure.
Les eaux qui se jettent dans la baie de P aranâgua entraînent au large des alluvions qui diminuent sensiblement le brassiage; mais sans, toutefois, qu’à trois milles de la côte , il y ait rien d’inquiétant pour la navigation. A deux milles devant les entrées, on trouve de ^ à p brasses, fond de sable gris et vase.
De ce point, la cote, dont l’ensemble, depuis Sainte- Catherine , court généralement au nord, commence à s’étendre dans le nord 37°est: la baie de Paranagua est donc le fond du golfe formé entre Sainte-Catherine et le cap Frio.
En prolongeant le rivage à deux lieues environ , on rencontre successivement les deux îlots Figuera et el Castillo . Ces îlots tirent leurs noms de leur apparence; car le premier est un morceau de roche assez approchant de la forme d’une figue; et l’autre, pfus étendu et moins élevé, a sur