‹ Navigation aux côtes du Brésil;Chapitre 8 sur 10 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DES Al OUILLAGES DE L’ I LE SAINT -SEBASTIEN, ET DESCRIPTION DE LA COTE JUSQU’A R 10 DE J A N EN RO.

Le havre ou goulet de Saint-Sébastien , formé par Vile de ce nom et le continent, offre une relâche aussi sûre que commode pour les plus grands bâtimens. Son gisement total est le sud 30° ouest : mais cette ligne ne peut être suivie directement pour parcourir la longueur du canal. Elle rencontrerait les bancs qui joignent le continent, àpeu-près dans les deux; tiers de sa longueur du nord au sud; de sorte qu’en venant du nord, et partant d’un point situé à demi- mille de V Armaçao , il faut faire d’abord le sud 1 6° ouest, environ cinq milles, et de-là le sud-ouest, jusqu’à ce qu’on soit dehors. Sur toute cette route, qui est d’à- peu-près onze milles, la moindre profondeur sera de

10 brasses, le plus souvent de 1 5 à 20, et le fond presque par-tout de vase. La plus grande largeur est de trois milles, dune terre à 1 autre : c’est à l’entrée nord. Mais

11 faut remarquer que les deux tiers de cet espace sont occupés par le banc cité plus haut, sur lequel il n’y a que d’une à 3 brasses d’eau, et qu’il faut par conséquent ranger la côte de file à cinq ou six cents toises.

L’ancienne ville est sur le continent, à h partie la plus étroite du goulet. Depuis 1 8 17 , les Portugais en projettent une autre (Villa-nova ) proche l’entrée nord , sur file même : elle ne se compose encore que de quelques maisons.

Port de Saint • Sébastien.

Mouillage ordinaire.

Ressources qu'on trouve unis cette rcjàche.

.Aiguades.

On ne peut desirer une relâche plus tranquille que celle de Saint-Sébastien : environnés de terres élevées, les bâtimens mouillés devant le nouvel établissement sont comme dans un bassin. Il n’y a encore aucune fortification : mais on peut s’embosser assez près du rivage pour ne point être tourné par l’ennemi ; et le peu de largeur du canal devra le rendre très-circonspect dans sa manœuvre. La faculté de sortir par les deux issues à volonté , double d’ailleurs les chances en faveur des bâtimens qui y seraient bloqués.

Les ressources qu’on trouve à Saint-Sébastien sont les mêmes qu’à Sainte-Catherine. Elles consistent en bestiaux , arack, denrées et vivres des colonies, qu’on se procure à un prix encore modéré , quoiqu’un peu plus élevé que dans le sud, soit aux deux établissemens , soit dans les habitations répandues en assez grand nombre sur les deux côtes intérieures. La pêche est rarement très-productive ; mais le poisson est de bonne qualité.

11 y a plusieurs bonnes aiguades sur file : une des meilleures est entre la nouvelle ville et ÏArmaçao; l’eau en est saine et se fait aisément. On trouve quantité de bois à feu sur toute la côte du continent.

Des v Les vents suivent presque toujours la direction du goulet,

à l’exception de la nuit, où les brises de terre, venant successivement de divers points, ne suivent aucune loi fixe. Dans le jour, les vents sont généralement du nordnord-est ou du sud-sud-ouest.

Des courans. Les courans suivent la même direction , et leur vitesse est proportionnée à celle du vent. La plus ordinaire est de o° sept dixièmes de mille à l’heure ; rarement va-t-elle jusqu’à un mille huit dixièmes dans les circonstances les plus propres à l’augmenter. Les marées n’y ont point de régularité :

toutefois la mer a paru haute, les jours de nouvelle et pleine lune, à 3 heures 30 minutes.

Un point du rivage , situé à quatre cents toises dans le sud de la nouvelle ville, a été trouvé de 30 1 3' 58" 10'" plus oriental que Je fort Santa-Cru^ (47° 46' 8" 9'" ouest de Paris. Voyei pag. 22), et par 230 4/ 2 1 "de latitude sud. La déclinaison de 1 aiguille aimantée y était, en juin 1819,

de 3 11 nord-est. Du mouillage vis-à-vis, on aperçoit

les Alcatrasses.

On peut approcher de très-près toutes les terres au nord de S ai nt- Se bas tien . Ces terres, très-élevées, couvertes de bois et accores , sont généralement très-saines. 11 n’y a, sur toute cette côte, de dangereux que ce qui paraît hors de la mer: on a vu plus haut qu’on peut mouillerpar-tout sur de la vase.

Le groupe des îles dos Porcos , situé, comme il a été dit, à onze milles dans le nord quart nord-ouest des îles Busios, comprend une île assez grande et élevée. Deux îlots l’accompagnent dans l’est-nord-est, et elle laisse entre elle et le continent un très - beau canal , où de grands navires peuvent mouiller en parfaite sûreté, faire de l’eau, du bois, et trouver des bestiaux et des rafraîchissemens : mais il convient de ne s’y engager qu’avec un vent fait. Depuis cette île, la côte court à l’est-nord-est, où l’on distingue , à environ onze lieues , la pointe Joatinga , extrémité orientale des hautes terres qui forment la baie immense , abritée par F 1 lha-Grande [île Grande].

La latitude de i’îlot, proche de la pointe Joatinga , est de 2 30 18' 50" sud, et il est à 4° 6' dans l’est du fort Santa- Cru ^ ( 46° $4-' 7" ouest de Paris. Voye ç pag. 22 ).

Cette pointe est la limite occidentale de la barre de Cairoçu , dont file Grande forme le côté de l’est. Une

Position géographique.

Déclinaison de I aiguille.

Iles Porcos.

Pointe Je Joatinga.

Sa position géographique

seconde barre ou entrée , celle d' Ilha-Grande , ou de Marambaya , est formée par le côté opposé de cette île , et le promontoire Marambaya que termine le morro de ce nom.

Ces deux entrées communiquent k la vaste baie formée Baie i îic derrière file Grande.

G r anue.

Les plus grands vaisseaux et les plus nombreuses flottes peuvent naviguer dans cette baie et y trouver un abri contre tous les vents. Les sondes y varient de 30 à 7 brasses : celles à trois ou quatre milles au large des deux entrées sont de 30 k zfo brasses.

iiot dcCe<r^s A environ deux milles et demi dans le sud du milieu

Crcgo.

de Ilha-Grande , est le petit îlot de Georges- Grego ; quoiqu’en apparence aride , il fournit aisément de l’eau et du bois. Les bâtimens de toute grandeur trouvent un bon mouillage sur le côté nord de cet îlot.

Mog0^ ct Le promontoire ou praya de Alarambaya est une rumbaya. langue de terre d’environ huit lieues d’étendue en longitude , terminée, a 1 ouest, par le morro ou morne de ce nom, et, dans l’est, par une petite ouverture, dans laquelle des bateaux seuls peuvent entrer pour se rendre dans la grande baie. Cette langue de terre, k l’exception du morne, est extrêmement basse, et il ne faut s’en approcher qu’avec un temps clair , sans quoi on pourrait ne point la voir. Les précautions sont d’autant plus nécessaires , qu’une roche [laâge] , accompagnée d’un haut-fond, se projette k deux ou trois milles de son rivage. En se tenant k quatre milles, on aura de 22 k 30 brasses, fond de sable et de gravier.

Immédiatement k la pointe orientale de la praya de / Marambaya , est la grosse pointe de Guaratïba , où reprennent les hautes terres qui environnent la baie de Rio

Janeiro. De cette pointe, on distingue très-clairement, à huit lieues dans lest, l’île Redonda [île Ronde] qui est à l’entrée de cette baie , et la Gabia [ la Hune ] , montagne qui, par sa forme remarquable , est la plus sûre indication de cette entrée , sur-tout en venant de la partie du sud. La route ensuite pour Rio-Janciro n’exige aucune précaution particulière ; et quand on sera arrivé à l’île Ronde , on choisira, selon le vent régnant , le chenal qu’il conviendra de prendre entre les petites îles qui se présentent près de l’île Ronde : le chapitre suivant indiquera le chenal préférable.

L’attéra^e pour Rio- Janeiro est ordinairement indiqué Aiura^e de

& f 1 Rio Jane:, o.

sur le cap Frio. Mais il doit être entendu que ce n’est que dans la mousson du nord , et quand on vient du nord , que cet attérage doit être fait; car, en toute autre circonstance , il pourrait y avoir du désavantage à l’aller chercher (i). L’île Grande , le mono de Aîarambaya , et sur -tout la Gabia , sont autant d’objets de reconnaissance qu’on peut choisir dans la mousson du sud . Ils se voyent d’assez loin pour qu’on les puisse bien juger, sans cesser d'être maître de la route ultérieure , d’autant plus que leur proximité de Rio -Janeiro permet qu’arrivé près d’eux on puisse prévoir l’heure à laquelle on sera mouillé dans cette baie.

(i) Un désavantage certain sera au moins la perte de temps.

DESCRIPTION DE P ENTREE DU MOU ILLAGE DE RIO DE JANEIRO, ET DELA COTE ADJ ACEN TE , J U SQU’ A U CAP FRIO ET AUX ILES SAINTE- ANNE.

Entrée de L’entrée de Rio- Janeiro ne présente aucune difficulté.

Rio- Janeiro. .

Les terres y sont fort élevées et parfaitement saines ; les divers canaux par lesquels on peut passer, n’offrent nui danger. Soit qu’on vienne de l’est , du sud ou de l’ouestsud-ouest , on a un objet de reconnaissance infaillible : c’est, comme je l’ai dit, la montagne de la Gabia , située à environ trois lieues dans l’ouest de l’entrée. n caiia, Vue de tous les points du large , son sommet paraît

reconnaissance, plat , un peu plus étendu à sa surface qu’à quelque distance au-dessous , ce qui lui donne effectivement de la ressemblance avec la hune d’un bâtiment. Quand on la relève à l’est ou à l’ouest , ce sommet paraît incliné vers le nord-ouest, à un point qui exclut toute méprise avec les autres montagnes. Elle est de S' plus ouest que le Pain-de - Sucre y autre morne conique de l’entrée. Sa latitude est de 220 58' 5 6" sud; son méridien est de 50 I 8' t 6" 5'" plus oriental que le fort Santa-Cru ç ( longitude ouest de Paris,

45° 4 J 7 S0” 5,;'. Voyeç la note de la page 22), à cinq milles dans le sud, ou à 48° 2'.

Pao de asu- De la Gabia au Pain-de-Sucre , la distance est d’envi-

tar ( Pain-de-

sucre). ron deux lieues ef demie, et le gisement l’est nord-est.

Cette dernière hauteur est ordinairement indiquée comme la balise de l’entrée de Rio- Janeiro, mais beaucoup moins élevée que la première , et d’ailleurs déjà un peu dans l’intérieur. Elle ne paraît ni de si loin , ni de tous les re- Ièvemens, du dehors. Généralement , quand on l’aperçoit, on n’a plus guère besoin d’éclaircissemens sur la position qu on occupe. Cependant il est bon de relever ce pic , remarquable entre toutes les hauteurs coniques , très-nombreuses sur cette côte , par son inclinaison assez sensible au nord-ouest.

Précautions à prendre dans l’attérage SlIr

houle, souvent très-forte, produite par les vents fréquens de 1 ;ouest-sud-ouest à l’est-sud-est par le sud, y portent incessamment, et que le mouillage par un grand frais n’y serait pas sûr.

Si la nuit surprend le bâtiment qui veut entrer, il devra préférer de demeurer sous voiles, plutôt que de mouiller en dehors de la baie, où le fond est généralement dur, le brassiage grand, et la houle d’autant plus incommode, qu’on est plus près de l’entrée. 11 faut d’ailleurs, pour donner dedans, toujours attendre îa brise du large, qui ne se déclare guère avant midi. Ainsi , on gagnerait d’autant moins à se tenir en dedans de file Ronde , soit à l’ancre , soit à la voile, que non-seulement on n’entrerait pas plutôt pour cela (à moins qu’on n’eût un bâtiment capable de refouler, en louvoyant, le courant, qui descend presque toujours ), mais encore qu’on recevrait des grains , quelquefois assez violens , qu’amène la brise de terre , depuis le soir jusque sur les dix heures du matin : ces grains vont rarement au-delà de file Ronde ; ils ont lieu le plus souvent aux nouvelles et pleines lunes.

Il est prudent, en général, de se tenir à quelque distance de la côte qui joint Rio- Janeiro au cap Frio ; parce que la

Le principal chenal pour donner dans fa baie de Rio- Janeiro est entre 1 île Ra^a [île Rase], et les deux îles Paya : celJes-ci sont à environ cinq milles et demi dans le nord-est de la première. La profondeur, dans ce chenal, est de 2) à 13 brasses, sable gris fin, et elle diminue

jusqu à S Liasses en arrivant a petite distance du parallèle du fort Santa- Cru^.

ïi y a encore plusieurs îles ou îlots entre l’île Rase et le continent; les plus au large sont J’île Ronde, dont j’ai déjà parlé, et qu’on peut apercevoir de huit lieues , fîle dts Palmes , 1 île Cagara , et un laage [rocher hors de l’eau]. Ces dernières sont dans le nord-ouest de l’île Rase , qui elle-même est à-peu-près dans l’est de fîle Ronde. II y a passage entre toutes, ainsi qu’entre les îles Paya; mais il est prudent de ne s’engager dans aucun qu’avec un vent fait : en général, et avec cette condition , on pourra ne craindre , dans fous ces canaux, que ce qui paraît hors de la mer.

IW pour Si l’on se place à deux milles dans l’est corrigé de fîle Rase, on relèvera la pointe ouest de la plus occidenfale des îles Paya au nord j° est; de cette position, une route directe , d’environ deux lieues et demie au nord quart nord - ouest , conduira a demi - mille dans l’ouest quart sud-ouest ae la forteresse de Sainte-Croix , située à la pointe orientale de l’entrée du goulet. Dans ce trajet , on aura laissé à demi- mille sur bâbord la petite île Tos Ton cinhos , qui n’offre aucun danger, et les sondes auront graduellement diminué de 2 3 à 8 brasses, fond de sable fin, gris , et sable fin , blanc, dur.

On pourrait passer encore plus près du fort Sainte- Croi x ; on trouve de 12 a 16 brasses à l’accore de sa pointe ouest. Il n’y a pas plus de danger à fréquenter l’autre coté,

sur lequel est bâti le fort San-Joaô ; mais if est d’usage de ranger de préférence le premier, tant parce qu’on doit répondre aux questions qui sont adressées de ce fort , que parce qu’ayant ensuite à passer dans l’est du fort Laâge , on est naturellement porté à s’éloigner de cette île basse , toute de roche, sur laquelle il est construit. Cette route, un peu à lest du milieu du chenal , a d ailleurs un avantage quand on entre avec le dot, qui , dit-on, porte dans le nord ouest : on corrige ainsi son effet.

Le chenal entre le fort Sainte-Croix et le fort Laâoe est

le seul fréquenté pour entrer ou sortir ; et celui que ce dernier fort fait avec le continent dans l’ouest , ne l’est jamais. Il y a cependant plus d’eau qu’ailfeurs , à ce qu’on dit : mais son peu de largeur, la variété probable du vent sous le Pain-de- Sucre , et les hauteurs voisines, au pied desquelles il faudrait passer ; l’irrégularité des courans , et les fonds de roche ou tomberait l’ancre , si l’on était forcé de mouiller , rendent ce passage dangereux, si non impraticable. Les Portugais se montrent bien convaincus de l’importance de ces motifs, car le fort San-Joaô a , dit-on , l’ordre de tirer sur tous les bâtimens étrangers qui le tenteraient. Il n’offrirait , au surplus , d’autre avantage pour l’entrée ou la sortie que d’annulferune partie de la défense de la baie , en prenant à revers les forts Laâge et de la Bandeira ou de Théodosia , batteries du fort San-Joaô .

Du travers et à trois cents toises dans l’ouest du fort Sainte-Croix , la route directe pour se rendre au mouillage des vaisseaux de guerre , est le nord-ouest jusqu’à ce qu’on soit dans l’est-nord-est du fort de Vi l legal hon ( ou Vil légation), à trois cents toises duquel on passe sans danger. De ce point , on gouvernera sur file dos Ratos [ île des

Route pour le mouillage des bâtimens de guerre.

Ivats ] , et, parvenu (levant la ville, on choisira le mouillage ^ePu*s 20 jusclu >d lo brasses , fond de vase, en observant

marque de r j

“ mouillage, seulement de ne pas découvrir le Pa'm-de-Sucre à l’ouest du fort de Viilegaihon.

Du pavillon de ce fort jusqu’à l’ÎIe das Cobras [ île aux Serpens], si Ion tiie une ligne droite, elle séparera les fonds propres aux grands bâtimens des fonds de 4 à 2 brasses qu occupent les caboteurs et les bâtimens de commerce. La meilleure place pour les bâtimens de guerre est dans l’est-nord-est du palais , au sud de la ligne menée de 1 ile aux Pats, à la plus grande église de la ville. Le fond y sera de i 5 à 20 brasses, d’excellente tenue , et l’on évitera ainsi un petit banc de roche situé à deux encablures et demie dans l’est-nord-est de file aux Rats.

Sumhcr °n s’affourche nord et sud dans la baie de Rio-Janeiro ; *„s ia mais je crois préférable d’affourcher nord-est et sud-ouest :

cette direction n’est pas éloignée de celle des courans de flot et de jusant , et elle donne la facilité de présenter le travers aux brises de terre et de mer, seuls vents à-peuprès dominans ; ce qui devient une nécessité dans l’été , où les chaleurs sont insupportables. Une haussière , portée alternativement sur 1 une ou 1 autre bouée , suffit pour obtenir cet avantage important pour la salubrité du bâtiment.

'<ms Les brises de terre et de mer se partagent ordinairement les vingt - quatre heures : la première commence sur le soir, duie toute la nuit, et fuit vers dix heures du matin, que la brise du large s’élève. La force des brises n’est pas constante. Elles éprouvent aussi quelquefois des interruptions totales ; on voit assez souvent le calme durer des jours entiers. O11 remarque que si l’une des deux brises a été forte , celle qui lui succède le sera moins,

Marées.

Les marées ne sont pas régulières. Le jusant est généralement beaucoup plus grand que le flot. La vitesse ordinaire de l’un et de l’autre excède rarement 0,7 de mille à I heure ; elle atteint 1 , 3 dans les vives eaux , sur-tout le jusant . 1 etablissement de la baie est quatre heures.

La sûreté du mouillage dans cette baie 11’est presque jamais troublée. Il est extrêmement rare d’y éprouver des vents capables de causer des accidens. Cependant cela n’est pas tout~à-fait sans exemple. Ces phénomènes n’ont lieu que dans la saison des pluies , qui dure, comme on l’a dit plus haut , de mars en septembre.

L accore du banc de 2 a 4- brasses et demie d’eau compris entre la ville et la ligne qui va du fort Villega - Ikon, à l’île das Cobras , et sur lequel, comme on l’a vu , mouillent les caboteurs et les bâtimens de commerce , 11e peut être franchie que par des embarcations très-faibles. Les

Mouillage des bâtimens de commerce.

bâtimens qui vont y mouiller pour prendre ou décharger leurs cargaisons, passent au nord de File das Cobras,

proche l'arsenal de la marine militaire, où il y a plus d’eau.

11 y a plusieurs cales de débarquement devant fa ville : les CaIc£ de dé-;

birqucmcnt.

unes sont de simples rampes; les autres ont des degrés. La commodité de leur usage dépend de l’état de la mer, qui est rarement assez grosse pour empêcher de communiquer : mais les immondices de la ville qu’on jette près de ces cales , en rendent l’approche désagréable en tout temps.

Les bâtimens prennent ordinairement leur eau à la fon- A*gu*de. taine érigée sur le quai de la place de mer, devant le palais.

Cette eau passe pour n’être pas très-saine et pour causer

des coliques dangereuses dans le commencement de son usaçe.

Ressources que présente la relâche tic Rio- Janeiro.

1 eus les genres de secours peuvent être trouvés à Rio- Janeiro . On peut s y caréner, s’y remâter , s’y ravitailler enfin de toutes choses ; mais cette r.elâche est très -dispendieuse; les réparations y sontfort chères , tant à cause du prix éoevé des fournitures que de celui de fa main-d’œuvre; et les vivres , quoique abondans , ne fe sont pas moins , à l’exception des bestiaux , dont la viande d ailleurs est presque toujours mauvaise et souvent malsaine , désavantage ordinaire sur la plus grande partie de la côte orientale du Brésil.

M>°hiqucn s La latitude du Pain-de- Sucre est de 220 56' 8" 6'" sud, et il est de 50 26' 30" 9'" plus oriental que le fort Santa - Cni^ S Anhatomirïm (longitude de Paris, 4>° 33' 36" 1 ouest. Voyei la note page 22). La déclinaison de JYgui Ile fut trouvée dans la baie, de 30 50' nord-est, en juin 1819.

Description <lc la côte jusqu'au cap Frio.

Ile Maricas,

Oc puis la d> abia jusqu au cap Prio , la cote court à-peu-près est et ouest , et la distance entre ces deux points est de vingtquatre lieues et demie. Aucun danger ne se présente sur tout cet espace, et de deux a cinq lieues de terre, on trouve de 20 à 4o brasses, fond de vase, proche de terre, et fond de gravier , de sable brun et de coquilles moulues à quelque distance. En général le fond est dur dans le voisinage de 1 entrée de Pi 0- Janeiro.

En quittant cette baie pour aller dans 1 est, on rencontre

d abord les deux îles Marie a s , vis-à-vis la praya ou plaoe du meme nom. Ces îles, peu élevées, sont saines dans toute la partie du sud. Comme on a dû partir le matin , il est probable que la fin de la brise de terre aura conduit le bâtiment jusque-là sans contrariété ; mais s’il en était autrement, et qu’il fallût louvoyer, l’inconvénient serait fort léger. Ainsi que je l’ai dit, le passage est libre entre toutes

les îles de [entrée ; et quand on les aura quittées , on manœuvrera avec sécurité pour s’élever à l’est , en faisant des bordées de sept à huit lieues. On viendra virer, selon le temps, à quatre ou cinq milles de terre j et Ton gagnera assez vite , à I aide du courant qui sort de la baie et se fait sentir jusqu’à une certaine distance au large.

Le cap Negro , à quatre lieues et demie dans l’est quart cap Negn. nord-est des îles Maricas , est formé par une colline médiocrement elevée, adossée aux plus hautes montagnes qu’il y ait entre Rio -Janeiro et le cap Frio. Cette remarque le fera reconnaître en même temps que la verdure noirâtre dont il est couvert, et à laquelle il doit problablement son nom.

On peut 1 approcher : à trois milles de lui , la profondeur est encore de 20 à 2 5 brasses, fond de vase molle.

La côte jusqu’à ce cap, et de là jusqu’au cap Frio , est basse et sablonneuse au rivage. Mais à peu de distance du méridien des îles Maricas , et à quelques lieues dans l’intérieur , commence une chaîne de montagnes qui , à partir du cap Negro e t en allant dans l’est, rentre dans l’intérieur, au point de ne pouvoir être vue du large que de très-beau temps.

Le peu d’élévation de la côte est sur-tout remarquable entre le cap Negro et le cap Frio. Elle n’offre çà et là que de petits groupes de collines sur une plage de sable garnie de broussailles. L’une de ces collines se fait remarquer par une église dédiée à Notre-Dame de Nazareth; elle est à environ deux lieues deux tiers à l’est nord-est du cap Negro .

La plage, jusqu’au cap Frio , prend le nom de praya de Praya Maçambaba ; elle rentre un peu, et sa courbure est rem- cM^anbabat plie, selon les pratiques, par un paracel de roches et de

bancs de sable, dont plusieurs, disent-ils, paraissent hors de beau. Ce parage est redouté des caboteurs : cependant, à deux lieues au large, la profondeur est déjà de 30 brasses sur un excellent fond de vase, et le brassiage augmente beaucoup pour peu qu’on s’éloigne de la côte : à dix lieues, il est de 80 brasses, fond de gros sable.

En dedans de la praya de Maçambaba , il y a une lagune qui prolonge le rivage sur une étendue de plus de huit lieues : si elle communique à la mer par quelques points , c’est sans avantage pour la navigation.

CiP Frb. Le cap Fr 10 est la pointe méridionale d’une île assez élevée pour être aperçue de quinze à dix-huit lieues dans les circonstances favorables. Cette île, entre laquelle et le continent il y a un passage pour les petits bâtimens et un mouillage pour ceux de toute grandeur, est fort accore , et peut être contournée de très-près sans aucun danger : c’est un amas de roches médiocrement couvert d’arbres ; plusieurs places en sont lout-à-fait dégarnies.

Relevée à l’est et à l’ouest, l’île du cap Frio offre deux monts distincts, dont le plus méridional est moindre que l’autre en largeur et en hauteur ; ce dernier a, dans l’est, un petit appendice qui semble s’en arracher. Relevés au nordnord-est et à l’ouest-sud-ouest, les deux monts ne forment qu’une seule masse à double sommet, présentant deux petites pointes très- rapprochées. On remarque encore un îlot conique à une ou deux encablures dans l’est-sud-est. Toute cette terre est si saine, qu’à un mille de distance , dans toutes les directions, on trouve de 35 à 60 brasses, presque toujours fond de vase.

Canaî du cap Ee canal qui sépare l’île du cap Frio du continent gît nord-est et sud-ouest : l’extrême petitesse de son issue méri-

dionale est la principale cause du peu de fréquentation de ce passage ; car la profondeur y est suffisante pour les bâtiniens de toute espèce. II n’en résulterait d’ailleurs qu’un faible avantage, s if pouvait etre plus facilement pratiqué , la route pour doubler le cap par le large n’abrégeant que de deux ou trois lieues.

Mais la partie nord de ce canal , infiniment plus spacieuse, forme une baie qui peut recevoir les bâtimens de toute espèce. Le fond y est de vase, et l’on y est à l’abri de tous les vents, excepté ceux du nord-est : encore peut-on s’en garantir en s’approchant de la petite île dos Porcos , qui forme le côté nord de cette baie. Ce mouillage est fréquenté par les caboteurs , qui, pouvant sortir à volonté par les deux passes, selon qu’ils vont dans le nord ou dans le sud, viennent y attendre la fin des vents forcés qui leur sont contraires. En temps de guerre , ils y trouvent aussi d’utiles renseignemens, au moyen de la vigie de signaux placée sur un mondrain du continent, dans l’ouest du cap, et qui leur annonce ce qui se passe devant Rio-Janeiro.

La position du cap Frio est comme il suit :

Latitude 230 1 ' 18" sud. (Pointe méridionale. )

Longitude, par rapport au

fort Santa-Cri /£ 6° 37' 49" 9 est.

Longitude, par rapport au

Pain-de-Sucre 1 0 1 1 ’ 1 9" » eit.

Longitude de Paris 44° 22< I7" 1 ouest. ( V- pag. 22.)

Sa distance au Pain-de-Sucre est donc exactement de vingt-deux lieues un quinzième.

La déclinaison de l’aiguille aimantée y était de 20 2! nord-est, en juillet 1819.

Les terres et les îles immédiatement au nord du cap Frio

Mouillage à l’ouest du cap Frio.

Position géo— graphique du cap Frio.

Description dtfl a côte au

nord du

/- rio.

«p gisent, clabord entre elles, au nord 330 est ; elles forment, avec ce cap et le cap Busios , une baie assez pro-

fonde dans le continent, qui, sur une grande partie de son

développement , n’est qu’une plage très-basse de sable blanc.

Ce n1 est que de très-beau temps qu’on peut apercevoir la

chaîne de montagnes qui prolonge la cote à huit ou dix lieues dans l’intérieur. Le long de cette côte, au fond de la baie, on voit les îles et îlots dos Papagayos , dont plusieurs, par leur hauteur, leur position et la netteté des fonds qui les environnent, peuvent offrir des abris sûrs en cas de vents forcés, contre lesquels on ne voudrait pas lutter.

De trois à quatre milles dans l’est quelques degrés sud, on voit le groupe des petites îles Ancora , dont la plus orientale a la forme d’un chapeau de cardinal. Les petits bâtimens passent à terre de ces îlots ; la grande profondeur qu’on trouve près d’elles fait croire que tout navire y pourrait également passer.

Au nord de ces îles et du cap Busios , la côte forme une baie profonde, et de plus de trente lieues de développement jusqu’au banc de Saint-Thomé . où elle se termine dans le nord 30° est.

En quittant ce premier cap, et en suivant le rivage, on trouve d’abord l’îfe Blanche [ il ha B lança] , ensuite une plage de sable qui termine le mono San-Joaô , et successivement la rivière de ce nom , cdle das Ostres [ des Huîtres ] ; la petite île do Ferro ( de Fer ) ,et la rivière d eMacayé , un peu dans le sud du parallèle du Fradé j Frère ] de Macayé , qui s’élève dans l’intérieur. Au milieu de cette baie , et environ à trois lieues de terre, on trouve les îles Sainte- Anne dont je parlerai tout-àd’heure.

Le mono San-Joaô est facile à reconnaître par son iso-

îement, les ondulations de son sommet, et sa distance à Fa chaîne de montagnes singulièrement déchiquetées de l’intérieur. Sa latitude est à très-peu-près de 220 32' 2 6" sud. II est, en outre, de 6° 3 i\ /\.o" plus à Test que le fort Santa - Cru^ ( longitude de Paris, 44° 27" ouest.

Voye% la note, page 22 ).

A sept lieues dans le nord, on voit un morne trèsélevé , surmonté d’un piton appartenant à la chaîne de l’intérieur, et fort remarquable par sa chute à pic du côté du nord. Ce pic est le Frade [ frère ] de Aiacayé.

Les îles Sainte- Anne sont au nombre de trois. Vues du sud-sudouest ou du nord-nord-est , elles paraissent réunies. Celle du milieu est élevée et assez considérable ; celle du ouest-sud ouest n’est qu’un îlot ; celle du nord-est du groupe est toute basse. Selon les pratiques, le mouillage est si sûr dans le canal qu’elles forment avec le continent, qu’on peut y réparer toutes sortes d’avaries, et même caréner : on y trouve de l’eau et du bois. La plus grande de ces îles est par 220 25' de latitude sud, et à 6° $4* 36"

dans l’est du fort Santa-Cru £ ( 44° 5* 3 1 " de longitude ouest de Paris. Voye^ la note, page 22). La profondeur entre ces îles et les îles Ancora, à terre du méridien des premières , varie de 30 à 19 brasses, fond de vase et sable vaseux : les plus faibles de ces sondes sont à deux lieues du rivage.

Quelques navigateurs, se destinant pour- Rio -Janeiro , ont prétendu avoir été trompés dans leur attérage par la ressemblance des côtes au nord du cap Frio avec celles qui forment l’entrée de Rio-Janeiro : une telle erreur me paraît improbable. Le gisement général des terres dans cette partie doit préserver d’une méprise aussi grossière.

Frade de Macayi.

Ile* Sainte- Anne.

D’une me prise de quelques navigateurs.

Morro

Paul.

Rio -Janeiro est h l’angle formé par deux cotes dont l’une court est et ouest, et l’autre ouest-sud-ouest et est nordest , ce qui , vu d’une certaine distance , paraît sensiblement sur la même ligne. Les terres au nord du cap Frio , au contraire , se présentent presque dans un sens perpendiculaire , sur une étendue de pins de douze lieues : comment serait-il possible de méconnaître sa position devant des aspects si différens î Dans le premier cas , la route à l’ouest prolongera les terres ; dans le second , elle les attaquera de bout au corps : peut-il y avoir la moindre incertitude! Je ne parle pas delà latitude, sur laquelle, d’après 1 expérience des jours précédens au moins , on ne peut guère avoir une erreur imprévue assez forte pour causer une méprise durable sur la position du bâtiment.

Atterage sur San-Salvador ; description de la baie de Tous^Ies- Saints. ( Extrait du mémoire, dJc ).

Les bâtimens qui se destinent pour la baie de Tous-les - Saints , ou Bahia, pendant la mousson du sud, doivent atiérir sur le mont ou morro Saint - Paul , situé à environ onze lieues dans le sud, 5 30 ouest du cap Saut- Antonio , extrémité orientale de l’entrée de cette baie.

Saint- Le morro Saint- Paul est une colline de moyenne hauteur, abrupte dans le nord , et abattue en falaises, dont plusieurs parties, fort remarquables par leur blancheur, peuvent être vues de huit lieues de beau temps ; la masse du morro peut l’être de dix lieues. L’extrémité nord de sa crête est presque nue, et l’on y distingue quatre ou cinq cocotiers élevés. Il y a dans le sud quelques maisons. Une

petite fortification, à la pointe nord , défend l’entrée de la rivière de Tinharé y qui est très-proche , et où , selon Pimente! , on trouve de 6 à 7 brasses d’eau. A demi -mille dans l’est du mono , on voit des plateaux de roche à fleur d’eau, sur lesquels la mer brise avec violence ; mais , au doubfe de cette distance, la profondeur est grande, et il n’y a aucun danger. A quatre milles , on trouve 3 5 brasses ; à trois milles , on en trouve 25 ; à deux milles , on peut mouiller par 19 brasses , sur un excellent fond de vase où les ancres pénètrent profondément.

La latitude du mono Saint- Paul est de 130 21' 4 6 ' 33 sud.

Après lui, en allant vers îe nord, la cote fait une anse configuration

■T 7 de la côte du

profonde, puis elle revient au nord- nord-est , en se confon- J,a%> dant avec les terres de l’île Itaporica , qui forme la rive sant-Antom,. occidentale de la baie de Tous-les-Saints . La séparation se nomme la Fausse Barre; elle est fort étroite entre deux pointes très-basses, se voit à peine à quelque distance, et ne peut recevoir que des barques. Les petits caboteurs seuls la fréquentent pour entrer dans la baie , quand le vent ne leur permet pas d’atteindre la principale entrée : iis font alors le tour S Itaporica , par l’ouest et le nord.

Toutes ces terres sont peu élevées, et d’inégales hauteurs; elles sont basses au bord de la mer. De beau temps seu lement , et fort loin dans l’intérieur , on voit quelques groupes de montagnes.

En partant du mono Saint - Paul , la route au nord joute ju 5 5° est corrigé, fera passer à une distance convenable de la partie sud S Itaporica , et conduira à cinq milles dans le sud quart sud-ouest du cap Sant- Antonio. Les soucies, dans ce trajet, passeront d’abord de ib à 35 biasses, à pai tir

du mono Saint- Paul; on sera ensuite quelque temps san's avoir fond à 4o brasses ; puis la profondeur diminuera progressivement de 25 à 10 brasses ( sable et

madrépores dans les petites sondes , et vase molle dans les gnndes ).

Du cap <\nnt - Antonio au mouillage de San—Sti/voc/or.

Du relèvement à trois milles dans le sud quart sudouest du cap Sant - Antonio , on fera valoir la route le nord io° est, en se tenant moitié plus près des terres du conti-

nent que SItaporica, et on atteindra le mouillage des bâtimens de guerre, devant la ville de San-Salvador , en passant par des sondes de 20 à 9 brasses.

Le fond, près de la côte sud Sltaporica, est généralement dur , et s’élève rapidement en approchant la côte ; aussi la mer y est-elle fort grosse dans les grandes brises de sud-est de la mousson du sud, et il convient de ne pas approcher de cette île par moins de 8 ou 1 o brasses d’eau. Quand on relève le fort Saint- Antoine à une lieue dans le nord quart nord-est, on peut gouverner sans crainte sur la ville ou sur la pointe Monsérat , qu’on découvre devant soi, à très-peu près, dans ce relèvement; ou enfin , à mesure qu’on approche, sur le fort do Mar [fort de Mer], près duquel on doit mouiller. Rendu par le travers du fort Saint- Antoine, il n’y a aucun danger à serrer à demi-mille la côte du continent, en entrant.

d,sM°ScnS , DU nioulllaSe des kâtimens de guerre , à demi- mille de

de guerre. l’ouest au sud du fort do Mar, on fait les relèvemens suivans :

La pointe sud d’ Itaporica , au

Fort S ant- Antonio , au

Fort do Mar , au

Pointe de Monsérat , au

. . .s. 130 O. /Corrigés de

..N. 710 E. ( de déclinaison . .N. io° E. ]

Si l’on arrive à Bahia dans la mousson du nord , il convient d’attérir un peu au nord du cap Saint- Antoine , soit à Sa Torre de Garcia d Avila ( espèce de fort bâti entre les arbres, sur la crête de la cote), qui est à quatorze lieues de ce cap, soit sur un point intermédiaire. Toute cette côte est saine, et, quoique de hauteur médiocre, elfe peut être vue de sept ou huit lieues. Elle gît nord-est et sud-ouest.

En la prolongeant à deux lieues de distance, on ne courra aucun danger , et I on passera suffisamment au large de la basse du cap Saint- Antoine , seul haut-fond qui, sur ce point, s’étende un peu à la mer.

Cette basse est un banc de sable blanc, mêlé de madrépores ; on n y connaît pas de roches. La moindre profondeur qu’on y trouve est 4 brasses et demie; elle ne brise que de mauvais temps, lorsque le vent soufïïe du large; son accore occidentale suit à peu près sur le méridien du phare, et son extrémité sud ne s’étend pas à plus de trois milles au large. De cette extrémité , elle s’arrondit vers l’est et prolonge quelque temps la côte, mais sous un grand fond, et de manière à ne pouvoir donner aucune inquiétude. A trois milles à l’est de son méridien, on ne la reconnaît déjà plus qu’à la qualité du fond, qui continue detre de sable et madrépores brisés, jusque devant le village de Tapoan sino [ petit Tapoan] , c’est-à-dire , à quatre lieues; tandis que les fonds environnans sont de vase.

A terre de cette basse, que les pratiques appellent le Paracel , comme tous les fonds mélangés , il y a un chenal de 12 à 6 brasses de profondeur. Tous les bâtimens pourraient le pratiquer et doubler le cap à deux portées de fusil , si ce chenal était moins étroit , et s’il y avait un avan tage réel à serrer ainsi la côte. Mais il n’y en a aucun , les

Ancrage sur

Bahia , dans la mousson du nord.

Basse du cap Saint-Antoine.

Phare Saint- Antoine.

Description de la baie de Tous-les-Saints.

Fort do Mar [ fort de Mer. ]

vents permettant presque toujours d’atteindre à la bordée Je mouillage de San-Salvador , bien que l’on passe au large de la basse de Saint-Antoine.

Le phare de ce nom est érigé sur un fort fermé, à Ja pointe sud du cap : quand on le relève à l’ouest ou à l’est, ce fort paraît séparé des hautes terres de la côte. La pointe occidentale de ce promontoire est défendue par un autre fort qui protège celui du phare ; Ja côte orientale s’avance dune lieue dans l’est 70 sud , et de là tourne au nord-est. Le feu peut être vu de six lieues, par une nuit claire. Le cap se voit de sept à huit lieues ; il porte une vigie de signaux qui correspond avec la Torre cl Avïla , où se termine la ligne sémaphorique , au nord de Bahia.

La baie de Tous- les- Saints, vulgairement nommée Bahia r est formée à l’ouest par file S It aporie a, et au nord et à l’est par le continent, qui s’alonge en une péninsule , sur laquelle est située la ville de San-Salvador , capitale de la province de Bahia, Les terres forment dans l’intérieur un golfe étendu où la mer pénètre, et qui reçoit les eaux de plusieurs rivières. L’entrée de cette baie a près de six milles de largeur, et la baie elle-même plus de trente lieues de circuit. Les plus grandes flottes y seraient en sûreté , et les vaisseaux, mouillés sur de bons fonds, à l'abri de presque tous les vents ordinaires à ce parage , y sont environnés de côtes extrêmement riches et fertiles.

Le mouillage devant la ville est protégé principalement par le fort do Adar , pâté circulaire, construit sur un banc de roche, à demi-mille dans le nord-ouest de l’arsenal de la marine, et à trois milles dans le nord 250 est du cap Saint- Antoine. Il est armé d’une batterie à barbette de vingt - trois canons de 24? et de quatre mortiers.

Aiguadcs.

L’eau des diverses aiguades de la baie est très-bonne, et elle se fait aisément dans îa plupart: il y en a une trèscommode au pied des maisons au sud de la vide; mais, s’il y avait beaucoup de bâtimens à-fa-fois, on serait peut-être obligé d’envoyer fa chercher dans la petite rivière de Tapagipe , au nord de Aîonsérat .

Le bois à feu est commun à Bahia , et à un prix modéré. Combustibles. On trouve aussi dans cette relâche, et à bon compte, du charbon de terre , que Je commerce anglais y introduit en assez grande quantité.

Indépendamment de ces ressources principales, cette re- Ressources lâche offre encore toutes celles que les navigateurs peuvent se procurer a

A Bahia,

desirer : on y peut carener, s y remater, et réparer toutes sortes d’avaries, au mouillage au nord du fort do Adar, pendant la belle saison. Durant celle des pluies, il serait plus prudent d’aller faire des réparations graves au mouillage de Tapagipe , où l’abri est absolument sûr. Du reste, cette relâche , comme dans tout le Brésil, est fort dispendieuse, si l’on est forcé d’employer beaucoup d’ouvriers.

Les vivres et denrées de toute espèce sont ahondans , mais chers, et généralement de médiocre qualité.

Au mouillage des bâtimens de guerre, les courans sont Marées, alternativement sud-sud-est et nord-nord-ouest, et l’on affourché dans ce gisement , Je système des marées étant parfaitement régulier. Le flot égale le jusant; la plus grande vitesse de l’un et de l’autre, dans les circonstances ordinaires , n’excède pas 1,5 de mille à 1 heure ; dans les grandes marées, elle va quelquefois à 2,5, et la différence de hauteur de l’eau, dans les époques opposées et extrêmes de ces marées , est alors de sept pieds ; en tout autre temps, cette différence ne passe pas trois pieds. U établissement de Bahia est de 4 heures 1 $ minutes.

Vents.

Position géographique du

Les vents ordinaires dans cette baie sont ceux des moussons, en y comprenant les variétés expliquées dans le chapitre II de ce mémoire.

Dans fa mousson du sud , particulièrement dans fes mois de juillet, août et septembre , fes vents soufflent quelquefois du sud-ouest avec force: ifs amènent alors dans fa baie une houfe très-incommode aux changemens de marées. Mais , ces circonstances sont rares et n ont rien de durable. Elfes ont lieu généralement aux nouvelles et pleines lunes , et n excèdent guère trois ou quatre jours: le reste du temps, le mouiffage est tranquille.

Dans la mousson du nord, les plus forts vents du sud au nord par fest , étant toujours brisés par les hauteurs sous lesquelles est le mouillage, ne peuvent causer aucune agitation à la mer, et le temps est parfaitement beau.

Les brises de terre s’élèvent presque toutes les nuits , sur-tout dans cette dernière saison.

Le fort do Mar est par i 2° 58' 20" de latitude sud,

MZnt- et phare de Saint-Antoine , par 1 30 o' 46" sud.

du cap Saint- Antoine.

Le premier point est de io° io; 26" plus est que le fort Santa- Cru^ d’ Anhatomirim ( longitude de Paris , 4o° 49' 4i" ouest. Voy. pag. 22 , la note ). Le second est de 1 o p 4o plus est que Santa - Cru ç ( longitude de Paris, 4° 5° 27" ouest. Voye £ même page).

La déclinaison de l’aiguille aimantée était, en novembre i8ip, de i° 57' 46" nord-ouest.

Ancrage sur Pernambuco ; description du port et de la rade de

cette ville.

Quand on va à Pernambuco dans la mousson du sud, il convient d’attérir sur le cap Saint- Au gu s tin.

C’est une colline légèrement couverte de broussailles , qui se termine en pente jusqu’à la mer, et qui, de beau temps, peut être vue de huit lieues; ce cap est reconnaissable par ses falaises rougeâtres, son apparence presque aride , et l’église de Nuestra Sehora de Nazareth , accompagnée de quelques autres édifices, bâtie sur son sommet. Un peu dans l’est, toujours sur la masse du cap, mais un peu plus bas que l’église, on voit une fortification et un mât de pavillon. Toutes les approches de ce cap sont fort saines, et on peut l’accoster à un mille, où l’on a de 7 à i o brasses , fond de sable et gravier.

La latitude du cap Saint- Augustin est de 8° 20' 25" sud ; la déclinaison magnétique y était de 4° 55' nord-ouest, en décembre 1819.

La côte, au nord de ce cap, fait une anse peu profonde, d’environ six lieues de largeur, vers l’extrémité nord quart nord-est de laquelle sont situées la ville de Pernambuco et celle à’Olinda.

Le rivage intermédiaire est généralement bas et couvert d’arbres. A moitié distance du cap à cette première ville, et un peu en retraite, on voit des hauteurs médiocres, sur l’une desquelles s’élève une église avec deux tours assez remarquables. De leur travers, on commence à apercevoir les édifices de Pernambuco et SOlinda . Les premiers, entièrement blancs et sur une plage très-basse, semblent sortir de la mer, lorsqu’on les voit en venant du sud.

Attérage dans la mousson du sud.

Cap Saint - Augustin.

Sa latitude.

Description de la côte au nord du cap Saint-Augustin.

Apparence d 'Olinda et de Pernambuco , en venant du sud.

Route iiu cap

Saint -Augustin a JJernambuco .

Amers

dut mouillage.

La ville ci Olinda, bâtie sur une pointe élevée de îa cote , présente d assez grands bâtimens mêlés d’arbres.

If faut, en quittant Je cap Saint- Augustin , se conserver à la distance de deux ou trois milles de la côte, et ne pas Iappiocher davantage jusqu’à ce qu’on relève Je fort Picao, entie Je nord-ouest et l’ouest-nord-ouest ; aJors, gouvernant sur ce petit fort , qui est bâti sur Je récif même qui foi me Je port, on pourra s’approcher, selon Je tirant d’eau du bâtiment, jusqu’à ce qu’on relève, au nord 5 est corrigé, un cocotier remarquable entre Jes deux plus grands édifices S Olinda. On sera par 6 ou 7 brasses , fond de sable , parsemé de pâtés de madré-

pores . mauvais fond, qu on ne saurait presque éviter sur toute Ja rade de Pernambuco. Les grands bâtimens, nonseuJement ne doivent pas s’approcher davantage du récif, mais d serait même plus prudent de ne pas passer dans

' J>ouest du méridien du cocotier dy Olinda , dont je viens de parfer.

, Lorsfïu’011 arrive dans la mousson du nord, il convient rd' d’attérir un peu au nord du parallèle d 'Olinda, qui est

par 8° o' 34 " sud.

Depuis Ja pointe de ce nom jusqu’au fort Picao, Ja côte est accompagnée d’un haut-fond qui s’étend d’environ deux milles à Ja mer. IJ faut donc se tenir à trois milles du ri-

vage, et par 8 ou 9 brasses, jusqu’à ce qu’on relève Je fort Picao à J ouest 50 nord. On évitera ainsi Je banc des Anglais, écueil composé de plateaux de sable et de roches, qui forme Ja partie méridionale des basses d’ 0~ hnda. II ne s’étend ni à l’est du méridien de cette ville , ni au sud du parallèle du fort Picao, et il brise de mauvais temps. La moindre profondeur qu’on y trouve est 2

brasses. Les petits bâtimens peuvent le contourner par l’ouest et le nord, dans un chenal où il reste de 4 à 6 brasses et demie d’eau.

La rade de Pernambuco , ou la houle est presque tou- Rade de /v-

. \ r t I T. vamôuco.

jours très-forte , est dangereuse pour les bâtimens qu’un trop fort tirant d eau empêcherait d’entrer dans le port en cas de mauvais temps. Si l’on mouille seulement d’un Ses dangers, quart de rhumb à l’ouest du méridien de fa pointe d’Olinda , on est a moins d un mille du récif ; et pour peu qu on chasse sur ses ancres , ou qu’on dérive en appareillant de vents forcés du sud- sud -est à l’est-nord-est, on courra des risques très-graves. Cette chance est à craindre particulièrement dans la mauvaise saison , c’est-à-dire , de mars en septembre , où les vents de cette partie sont souvent très-violens.

La mousson du nord n’est pas beaucoup plus favorable que l’autre à la sûreté des bâtimens en rade de Pernambuco. Les vents d’est y sont plus fréquens que ceux du nord , sur-tout aux approches des nouvelles et pleines lunes; et quoique, dans cette saison, le temps soit ordinairement beau, et les brises moins fortes que dans la saison opposée , il est cependant à propos de se précautionner toujours contre les accidens.

Les bâtimens qui vont au Brésil , et sur-tout à Pernam - Précautions

de sûreté eu

buco , devraient être munis de câbles en fer. Si l’on est rade de PeT~

nambuca,

privé de cette admirable installation , il faudra ne se servir des câbles ordinaires qu’après les avoir fourrés soigneusement. On affourché ordinairement est-nord-est et ouestsud-ouest sur fa rade de Pernambuco ; il est prudent d’avoir une longue touée au large , tant pour être plus solidement amarré , que pour appareiller avec plus de facilité.

Division du port de Per— nambuco.

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