‹ Nécessité de l'Hospitalisation précoce des parturientesChapitre 6 sur 11 · CAUSES DÉTERMINANTES DE CETTE ÉTUDE · texte numérisé non relu

CAUSES DÉTERMINANTES DE CETTE ÉTUDE

Au cours des trois années pendant lesquelles nous avons rempli les fonctions d’interne à la Maternité de Rouen, dans le service de clinique obstétricale du professeur Albert Martin, nous avons été frappéide la différence considérable que présentaient non seulement la morbidité, mais aussi la mortalité post-puerpérales, sulvant qu'il s'agissait de filles-mères ou de femmes mariées.

Considérant une stalistique portant sur cinq années (1902-1903-1904-1905-1906), il nous fut possible d'établir un pourcentage de mortalité qui était de 0,67 p. 100 pour les filles-mères et de 5,12 p. 100 pour les femmes mariées.

À quoi pouvait bien tenir une telle disproportion dans les chiffres ? Fallait-il incriminer des méthodes différen-

ODA tes appliquées par deux chefs de service distincts ?

Notre enquête nous fit rejeter une telle explication.

Non, ce n'était pas au personnel médical qu'il fallait attribuer de tels désastres, mais bien à d’autres causes que nous allons essayer d'établir au cours de ce travail.

Nous n’allons sans doute pas apporter ici des documents d’une grande valeur scientifique, mais nous espérons cependant démontrer qu’au point de vue social et administratif, et plus particulièrement en matière d’assistance, il est des réformes à faire ou tout au moins des règlements à appliquer.

Pour donner plus de force à nos arguments et à notre plaidoyer, nous avons pensé qu'il y aurait peut-être intérêt à contrôler, par une statistique puisée à la Maternité de Montpellier, les chiffres que nous avons recueillis à celle de Rouen. Si à ces deux extrémités de la France nous observons les mêmes faits, si nous trouvons les mêmes causes d’une mortalité qui devrait être tout à fait exceptionnelle, notre argumentation n’en aura que plus. de valeur auprès de ceux à qui incombe la réglementation de l’assistance des femmes enceintes arrivées près du terme de leur délivrance.

M. le professeur Vallois a bien voulu nous permettre de puiser dans les registres de son service de clinique obstétricale les matériaux qui vont constituer un des éléments principaux de cette étude socio-médicale, nous lui en sommes très reconnaissant.

Page 1