LA. PRET
X. — Six heures. — Littré (Mem. Acad. des sciences 1702, in Goupil). Grossesse de six semaines, chute sur les genoux, crise, mort six heures après. Autopsie : trompe droite déchirée avec fœtus. |
XL. Sepi heures. -— Rennie (Aust. Med. Gaz. Sydney 1896, cité par Choyau, thèse Paris 1897). Douleurs atroces à + heures, mort à dix heures. Autopsie : rupture de la trompe droite avec inondation péritonéale,
XII. — Huit heures. — Ignatwski. (Soc. d’acc. et de gyn. de Kieft, année 1895 cité par Hennecart, thèse Paris 1896). Mort en huit heures par rupture de grossesse tubaire.
XII. -— Huit heures. -- Durand (Lyon Chirurgical, févr. 1910). Soignée par le repos complet, malgré cela inondation péritonéale, mort en huit heures.
XIV. — Huit heures. Hoffmann (Brit. Med. Jour. 1888, cité par Choyau, thèse Paris 1896). On cite quatre cas de mort. Il s’est écoulé entre 4 et 12 heures entre le début des accidents et la mort.
XV. — Neuf heures. — St-Moressi (in Duverney, œuvres änn., cité par Goupil). Grossesse extra-utérine de trois mois, Crise, mort en neuf heures. Autopsie : rupture d’une grossesse tubo-ovarique droite.
XVI. — Onze heures. — Lagoutte (Lyon Chirurgical, fév. 1910), dit avoir vu la malade à 5 heures du matin, morte à quatre heures du soir sans qu’elle ait bougé.
XVII. — Douze heures. — Sinclair (Brit. médic. Journ. 1888, cité par Hennecart, thèse Paris 1896). Multipare en traitement pour rétro-version utérine. Crise, mort en douze heures. À l’autopsie : grossesse tubaire ouverte dans le péritoine.
XVIII. — Douze heures. — Banga (Amér. Journ. of Obst. 1891, cité dans la thèse de Choyau). Femme prise à dix heures du matin d’une douleur abdominale atroce, elle meurt à dix
heures du soir. Autopsie : le.petit bassin est rempli de sang provenant d’une trompe grande rompue.
XIX. — Douze heures. — Littauer. (Cent für Gyneck, cité dans la thèse de Hennecart). Femme habituellement bien portante. Crise avec douleurs intenses, mort en douze heures. Autopsie : rupture d’une grossesse tubaire de trois semaines,
XX. — Douze heures. —- Fauvel. (Bull. de la Soc. anat. de Paris 1855, cité dans la thèse de Benaud). Femme prise subitement de douleurs abdominales, défaillance, lipothymies. Mort en douze heures. Pièces : grossesse tubaire rompue.
XXI. — Douze Reures. — Alban Doran. (Soc. Obst. de Londres 1882). A rapporté un cas de grossesse tubaire de sept semaines. Rupture et mort en douze heures.
XXIT. — Douze heures. — Cotte. (Lyon Chirurgical, mars 1921), cite une rupture à dix heures du matin. Devant l’état de shock traitement médical. Mort à dix heures du soir au moment de l’intervention.
L'auteur ajoute avoir eu l'impression très nette qu'entre le moment de l’entrée à l'hôpital et le moment où on est intervenu l’hémorragie a continué.
XXII. — Vingt heures. — Pollard. (Archives générales de médecine 1848, cité dans thèse de Hennecart). Femme dé vingt-huit ans, morte en 20 heures. Autopsie : rupture de la trompe droite.
XNIV. — Vingl heures. — Pauli. (Gaz, de Hôpitaux 1847, cité dans thèse de Hennecart). Femme de 36 ans, morte en vingt heures. À l’autopsie, déchirure transversale de la trompe aroite.
Dans tous ces cas une laparotomie précoce aurait pu sauver les malades. L. Fait qui veut l'intervention systémalique immédiate à été appelé vingt-et-une fois à opérer des malades d'urgence. Il à eu vingt succès. Il attribue la perte de sa première malade à ce que, effrayé par l'abondance du sang, il n’a pas agi assez énergiquement,
Po
B) — Temps au bout duquel une intervention a été faile en état grave.
En opposition avec ces cas où le traitement médical est suivi de catastrophes, voici d’autres cas où les malades, pour n'avoir pas été exposées aux aléas d’une expectation, doivent leur vie à la rapidité dans l'intervention.
Comme type d'observation de ce genre il nous faut rapporter celle relatée par Monsieur le Professeur Bégouin à la Société d’osbtétrique et de gynéologie du 24 Janvier 1922
« Un de mes confrères sortant de chez une de ses clientes » m’aperçoit dans la rue et m'appelle. On revient chez sa » malade. Sa pâleur me frappe. La pâleur de marbre de tout ” Son Corps impose le diagnostic. Un retard de règles d’un mois » et un écoulement sanguin apparu depuis une heure le con- » firme encore. La malade n’a presque plus de pouls. Le con- » frère amène sur le champ la malade à la maison de santé » accompagné du mari pour faire une transfusion de sang si » besoin est, et sautant dans une autre voiture je me précipite » à la maison de Santé, déjà prévenue par téléphone, pour » tout préparer. Moins d’une demi-heure après, la malade » était laparotomisée en pleine inondation péritonéale et » sauvée. »
C'est à cette rapidité dans l'exécution qu’elle doit sa vie.
I. — Intervention immédiate. — Molin (Lyon Chirurgical, mars 1921) rappelle un souvenir de dix ans et parle d’une femme qui présentait un syndrome d’hémorragie progressive. Îl n’escompta pas une hémostase hypothétique ; la malade fut opérée sur le champ, elle guérit et il croit qu’elle doit sa vie à son intervention.
I. — Intervention immédiate, — Cotte. (Lyon Chirurgical, mars 1921), cite le cas d’une malade qui entre à l’hôpital pour une rupture qui vient de se produire. Pouls à 160. Opération immédiate le soir même. Guérison.
III. -— Jntervention immédiate. — Lammiman (Lancet, décembre 1893, cité dans thèse de Cestan)., Femme, aménorbée de six semaines, douleurs subites dans le bas-ventre, Chlo-
ON
roformisation, le pouls s'arrête, mort apparente. Laparotomie immédiate, trompe droite rompue : arrêt de l’hémorragie en pincant entre les doigts les ligaments larges gauches. Guérison.
IV, Deux heures. — Herman (Brit. med., janvier 1888). Deux hémorragies avec apparition des symptômes de péritonite aiguë et d’hémorragie interne due à la rupture d’une “rossesse tubaire. Laparotomie dans les deux heures. L’incision donne issue à une grande quantité de sang. Guérison.
V.— Trois heures. — Crewdson Beningtson (Med. Press. 1894, cité par Choyau dans thèse Paris 1890). Femme qui présente à 8 h. 30 du matin des douleurs abdominales. Intervention à 11 h. 30, alors que l’on craignait de voir mourir la maiade sur la table d'opération. Guérison.
VI. — Neuf heures. — Laurentie (Bull. de la Soc. d'Obst. et de Gync. de Paris, juin 1921). Rupture à onze heures du malin. Le diagnostic est porté à treize heures. Expectation. L'état devenant de plus en plus alarmant, laparotomie à huit heures du soir. Guérison.
VII. -— Neuf heures. Mongie (Thèse, Bordeaux 1897, obs. ID). Femme opérée neuf heures après la rupture in extremis. Guérison.
VIII. — Dix heures. — Mongie (Thèse, Bordeaux 1897, Obs. IV). Crise à dix heures du matin. Opérée dix heures après. Guérison.
IX. — Quinze heures. — Gordon (New-York Med. Journ. février 1888, rapporté dans thèse de Binaud). Grossesse tubaire diagnostiquée. Elle se rompt. Opération quinze heures après. Guérison.
X. — Quinze heures. — Cazalis (Thèse, Paris 1919-1920), rapporte le cas d’une femme qui entre à l’hôpital. Elle est opérée quinze heures après la rupture. Guérison.
XI. — Quatre à douze heures. — Vasten (Ann. Gyn. et Obs. 1896, rapporté par Choyau dans sa thèse, Paris 1897), rapporte dix-huit cas de rupture où les malades furent opérées
in extremis de quatre à douze heures après la rupture. I y cut seize guérisons.
— Tavernier (Lyon Chirurgical, mars 1921) parle de soixants dix-sept cas dans lesquels il a opéré entre dix heures el trois jours, mais toujours aussitôt qu'il a vu les malades : plusieurs étaient exsangues et avaient même un pouls à 140. EL Tavernier conclut contre la communication de Murar:l (Lyon Chirurgical 1921), en disant qu'il ne faut pas s’exposer aux aléas de l’expectative armée, mais qu'il faut intervenir dès. qu’on se trouve dans des conditions matérielles d’asepsie convenable.
Nous donnons les statistiques suivantes :
— Lawson Tait a vu environ 80 cas de rupture, il a opéré 52 fois, dont 40 guérisons, soit 95,2 % de guérisons ; il a attendu 38 fois, il n’a pas eu une seule guérison.
— Martin (Cent. für Gyn. 1892, n° 33) sur un total de
. 265 cas traités par l’expectation a eu 63,1 % de mortalité,
landis que sur les 585 opérées, il a eu 76,6 % de guérison.
— Ross (Am. Journ. janvier 1893) donne un tableau de 56 cas, 29 furent opérées avec 26 guérisons, soit 89,5 % de
succès et 10,5 % de mortalité.
— Price (Am. Journ. février 1894). Sur 84 laparotomies faites pour grossesse extra-utérine a eu 81 guérisons et 3 décès, soit 96,4 % de succès, et 3,6 % de mortälité. Il a rassemblé 326 cas d’intervention, avec 282 cas de guérison et 44 cas de mort, soit 86,5 % de survie et 13,5 % de mortalité.
__ Gusserow (Berlin Klin. Woch. mai 1892) parle de 20 laparotomies avec 2 morts, soit 90 % de survie.
— Binaud (Thèse, Bordeaux 1892). Dans les cas de rupture suivie de laparotomie a eu 71,2 % de survie et 28,8 % de mortalité.
— Cestan lui-même rapporte 249 cas de ruplure grave. :6 fois on n’est pas intervenu, il y a eu 66 morts, soit 85,8 de mortalité; et 173 fois on a pratiqué la laparotomie, soit 78,7 % de guérison.
ne en
Ces statistiques peuvent prêter à erreur si elles réunissent des cas dissemblables, Nous avons analvsé les observations de Binaud et de Cestan, et en ne choisissant que les opérations pratiquées d'urgence avec état très grave, nous avons trouvé, sur 24 opérations 19 guérisons, soit un pourcentage de 79,1 de guérisons, et 20,9 de morlalité.
Ce chiffre de 80 pour cent est tellement concluant que nous dirons, qu’en présence d’une femme atteinte d’hémoragie interne pour grossesse tubaire rompue, il faut intervenir d'emblée : 1)parce que la rupture elle-même est un accident très grave, se terminant très souvent par la mort ; 2) parce qu'une femme épargnée par une première attaque, est exposée à succomber aux crises successives, dont le retour est si fréquent ; 3) parce que l’enkystement lorsqu'il se produit, ne met pas la malade à l’abri de tout accident ; 4) parce que par la laparotomie immédiate, les cas les plus désespérés ont fourni de très nombreuses guérisons (80 pour cent).