SUME
XXVII — André Boursier (Semaine Gynéc., novembre 1902). 10 janvier 1902, règles normales; 18 janvier, crise syncopale qui se renouvelle tous les cinq jours jusqu’au 8 mars, jour de lopération.
XXVIIL. — André Boursier (Semaine Gynéc., novembre 1902). 109 mai 1902, douleur soudaine; 12 mai, 13 mai, 26 mai, 27 mai, douleurs soudaines. M. Boursier appelé auprès de la malade par le médecin traitant diagnostique une hématocèle à répétition. Opération. Guérison.
Que conclure ? Les hématocèles même constituées, sont justiciables du traitement chirurgical. Il est préférable d'opérer d'urgence pour éviter des déboires.
b) Inondation péritonéale.
En face d’une inondation péritonéale, les chirurgiens ne discutent pas sur le mode de lintervention, mais sur l'opportunité de celle-ci. En fait, les chirurgiens sont divisés en deux groupes : les abstentionnistes et les interventionnistes. Pour les premiers, cet accident est plus effrayant que dangereux. En outre, dans les rares cas suivis de mort, l’état de Ia malade est trop grave pour que l'intervention ait un résultat heureux. Ce qui revient à dire, ou le cas est trop grave, et l'intervention ne peut que précipiter le dénouement, ou le cas est bénin et la guérison étant la règle, l'intervention ne peut davantage se justifier.
À cela nous répondrons par des faits, d’une part, en montrant par des statistiques la mortalité considérable fournie par l’expectation, d'autre part, en faisant constater les bons résultats que donne l'intervention, même pratiquée in-extreniis, alors qu’elle n’est plus considérée, par certains, que comme un pis-aller.
Voici quel serait le résultat de l’expectation, d’après les auteurs suivants : Parry lui attribue 67 pour cent de mortalité ; Martin (Cent. f. gyn. 1892, n° 39) donne un chiffre peu différent, 63,1 pour cent. Les chiffres obtenus
par Cestan, sont encore plus élevés : sur 86 cas traités par l’expectation, il a eu 73 décès, soit 85,8 pour cent ; Choyau (Thèse de Paris 1896), a réuni trente observation où la mort fut le résultat de cette thérapeutique désastreuse, à force d’être prudente,
Tout ceci démontre la gravité de linondation péritonéale, et la prédominance dés cas mortels, sur les cas à terminaison heureuse,
Les résultats de l'intervention sont encore plus démonstratifs. Cestan donne des chiffres qui, au lieu d’être ceux d’un seul opérateur, dont les statistiques prennent, de ce chef, un caractère exceptionnel, sont obtenus par l'examen observations appartenant à plusieurs chirurgiens. Il a dans de telles conditions, 84,7 pour cent de guérison dans Iles cas opérés d'urgence. Choyau (Thèse de Paris 1896), sur un chiffre total de 132 interventions in-extremis, pour inondation péritonéale, a relevé 19 décès, ce qui fournit 86 pour cent de survie. Sur ces 19 cas, cinq fois, l’intervention fut d’abord refusée, permise ensuite, devant l’aggravation des symptômes, et pratiquée dix ou vingt minutes trop tard, elle ne donna pas les résultats qu’on est en droit d’en attendre, quand elle est pratiquée à temps.
On nous objectera, sans doute, que dans quelques cas où l’on a opéré, l’hémorragie aurait pu s’arrêter d’ellemême. Le fait est probable. Il vaut mieux avoir opéré un cas qui eut peut-être guéri seul, que de prolonger longtemps l’expectation et laisser mourir les malades. Regnault (Thèse de Paris 1890, observation 29), parle d’une grossesse tubaire rompue avec inondation péritonéale, et traitée par l’expectation. Résultat : mort. Les cas de ce genre sont nombreux. Il est, par ailleurs, des cas où lintervention est pratiquement impossible. Durand (Lyon Chirurgical, mars 21), dit avoir vu deux cas d'inondation péritonéale très graves à processus rapidement mortel. Il est de ces hémorragies pour lesquelles on arrive toujours