‹ Necker économisteChapitre 44 sur 87 · IH · texte numérisé non relu

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Il y a d'autres raisons pour procéder ainsi. Le style de YEloge et des Notes est d'une telle concision et d'une telle précision qu'il est souvent difficile ou dangereux de vouloir le résumer. La Législation des grains est au contraire écrite d'une façon je ne dirai pas abstraite, ni diffuse, mais tellement large que la difficulté de résumer réside au contraire dans celle de trouver une phrase en quoi puisse se condenser la page.

L'ouvrage commence par les considérations d'usage sur l'importance de Ja question traitée. On insiste en particulier sur la différence des points de vue et sur celle qui en résulte dans la façon d'apprécier la législation des grains. Le propriétaire ne voit dans les blés qu'un produit dont il veut disposer comme de ses autres revenus. Le négociant n'aperçoit dans cette denréequ'une marchandise qui se vend et s'achète; il veut pouvoir l'acquérir ou la revendre au gré de son intérêt. Il demande que cette circulation soit soumise aux lois générales du commerce. Le peuple, sans réfléchir, envisage le blé comme un élément nécessaire à sa conservation, il réclame des lois de police qui lui répondent de sa subsistance. C'est au milieu de ce choc d'intérêts et d'opinions que le législateur doit chercher la vérité. Le sentiment de Necker se manifeste par cette phrase humanitaire :

« Il (le législateur) doit être le protecteur de cette multitude d'hommes, qui n'ont point d'orateurs pour exprimer leurs plaintes, dont il faut étudier les souffrances, parce que leur voix ne s'élève que dans la détresse ; qui ne voient que le moment, et qu'on ne peut servir que pir prévoyance; qu'il est impossible de rendre jamais assez heu-

reux pour en être aperçu, ni pour jouir de leur reconnaissance, mais qu'il est si doux de défendre contre l'oppression et le malheur, sans éclat et sans récompense (1). »

Il donne ensuite la division de son ouvrage. Dans la première partie, on discutera l'exportation des grains; dans la seconde, la liberté intérieure ; dans la troisième, les modifications applicables au commerce des grains. « Dans la quatrième, dit-il, on finira par hasarder son opinion sur la loi qui obvieroit au plus grand nombre d'inconvéniens. »

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