Analyse, p
s'y rapportent, et montre qu'en somme, sur tous ces points, Necker professe des opinions toutes de nuances et de transactions, en opposition avec ce qu'il devrait conclure, s'il regardait vraiment les propriétaires comme des lions et des crocodiles, et les travailleurs comme réduits par nature au salaire le plus bas, sans cesse menacés de la famine. On voit, conclut Morellet, que les opinions de Necker (il dit M. N**.) sont sur chaque point « aussi favorables à la liberté que ses principes généraux y sont contraires. Rapporte cependant à la liberté deux exceptions: la première, qu'il soit défendu de vendre hors des^ marchés, dès que le blé est au-dessus de 30 livres le septier ; la seconde, qu'on oblige chaque boulanger d'avoir une provision équivalente à son débit, pendant un mois, sauf, dit-il, à augmenter encore cette quantité, d'après l'expérience (1) ».
La Lettre d'un laboureur de Picardie à M. N..., auteur prohibitif à Paris, œuvre anonyme de Gondorcet, ne fait point honneur à son illustre auteur. C'est un pamphlet, parfois grossier, jamais sincère, plein de digressions, mais écrit avec esprit. Le procédé consiste à prêter à Necker des opinions qu'il n'a pas eues, ou même à le dépeindre partisan des mesures qu'il critique, et à partir de là pour le ridiculiser ou le rendre odieux. Popiel, duc de Lithuanie, mangé parles rats, les deux millions d'hérétiques égorgés par l'Église, et le bon roi Henri IV tué par un ex-feuillant comme ennemi du Saint-Siège, l'exportation des châtaignes bouillies et des omelettes ajoutent à cela un piment.