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CHAPITRE IV

Necker ministre

Chute de Turgot. — Clugny. —Necker directeur duTrésor, puis directeur général des Finances. — Emprunts et tentatives de réorganisation des finances. — Analyse des actes officiels de Necker. — Analyse du Mémoire sur les administrations provinciales. — Analyse du Compte rendu au Roi. — Chute de Necker.

La publication du livre de Necker faillit conduire sur-lechamp son auteur à la Bastille. On accusa l'auteur de complicité avec les organisateurs de l'émeute, et voici comment Morellet réfute cette accusation : « Gomme la publication de ce livre concourut avec un mouvement du peuple, et de quelques provinces voisines de la capitale,et servant à ses approvisionnements ; des amis de la liberté se laissant aller un peu à l'esprit de parti, dirent et se persuadèrent que M. Necker avait eu le projet d'exciter cette fermentation pour déplacer M. Turgot; qu'il avait tramé ce plan avec le prince de Gonti, quelques gens du parlement, et autres ennemis du ministre. J'ai toujonrs regardé comme calomnieuses ces imputations faites à Necker ; je les crois injustes même pour le parlement et le prince : l'insurrection était une suite des circonstances du moment.

Si le livre avait pu contribuer à exciter le mouvement qui fit piller les boulangers, l'effet en eut été bien rapide, car les premiers exemplaires n'en furent mis en vente que le jour môme delà sédition (i). »

Sénac de Meilhan (2) raconte que Turgot dut intervenir auprès du ministre, qui proposait d'embastiller l'importun. Sénac est une mauvaise langue, un ennemi très personnel de Necker. Le ministre d'alors était déjà Maure pas, qui plus tard appela Necker au pouvoir, ce qui n'infirme pas le récit, mais n'ajoute point à sa vraisemblance.

Les projets de réforme de Turgot avaient blessé trop de préjugés et mis en danger trop de privilèges. Ce grand homme, le seul qui, peut-être, aurait pu réaliser les plus urgentes des réformes, préparer les autres et procurer à la France l'économie d'une révolution sans exemple, fut prié de se retirer, sous l'action d'une cabale où Maurepas et la reine jouèrent les principaux rôles (12 mai 1776). Il fut remplacé par l'incapable Ogier de Clugny, qui administra seulement quatre mois et mourut en octobre 1776.

Clugny avait cherché dans une grosse loterie l'équilibre des finances. Ce n'était peut-être pas suffisant, d'autant qu'il avait rouvert la porte à tous les gaspillages de la Cour. Au moment du renvoi de Turgot, les Necker fai-

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