‹ Necker économisteChapitre 85 sur 87 · Académie, p. 111. — Lausanne, p. 288. — Staël, p · texte numérisé non relu

Académie, p. 111. — Lausanne, p. 288. — Staël, p

6. Edit. Académie, p. 112. — Lausanne, p. 289. — Staël, p. 107.

sens ordinaire, et celle de luxe. Ce rapport de la richesse et du luxe se trouve plusieurs fois traité par Necker.

L'auteur s'est occupé du luxe dans tous ses ouvrages économiques. Dans YEioge, répondant à ceux qui reprochaient à Golbert davoir en augmentant les richesses nationales par l'établissement des arts et des manufactures, développé aussi le luxe, il définit ce qu'il entend par luxe: « La loi des propriétés produisit des inégalités de fortune ; ces inégalités de fortune entraînèrent des inégalités de jouissances ; et la supériorité des unes sur les autres fut exprimée par le mot luxe ». Ce luxe est allé en augmentant parce que « les richesses mobiliaires s'accumulent dans la société ... alors il se produit un nouveau luxe qu'on pourroit appeler le luxe des siècles, et les disproportions deviennent plus frappantes. »0n ne peut empêcher le luxe né da travail, mais celui qui vient des faveurs du pouvoir est funeste. Au reproche que le luxe amollit les mœurs, il répond que les vieilles vertus de la Grèce et de Rome ne peuvent plus être désormais l'unique force des États.

Cela ne veut point dire que Necker soit favorable au luxe, i^e contraire serait beaucoup plus exact. L'éducation genevoise a laissé une empreinte ineffaçable dans son esprit. A l'époque où il avait élé élevé, la raideur de la législation établie par les disciples de Calvin ne se traduisait plus par une inquisition si exacte sur les mœurs des habitants, et le moindre luxe n'était plus réprimé comme un péché grave et comme un délit diminuant la richesse publique, mais il subsistait encore une très forte opinion contre le luxe. C'est sous l'empire de ces idées qu'il

analyse les diverses formes de luxe, et mesure le danger qu'elles présentent au point de vue du bien de l'Etat.

Dans les pays pauvres qui sont obligés d'exporter des blés pour acquérir des productions étrangères, le luxe qui porte sur ces productions est nuisible. « Ce seroit peutêtre une politique bien entendue dans de pareils pays, que de tourner le luxe des grands vers le nombre des serviteurs ; ce luxe n'exigeroit pas l'exportation des subsistances, et allieroit la force publique à la vanité particulière. Il seroit à souhaiter, enfin, que dans les pays pauvres la propriété des terres fût extrêmement divisée, afin que peu de personnes fussent dans le cas d'avoir un grand superflu, et d'ambitionner les objets de faste qu'il faut chercher au deliGrs (1). »

Le dernier paragraphe des Notes est employé tout entier à définir les inconvénients des diverses sortes de luxe des pays qui ne sont point dans ce cas particulier. Le luxe le plus contraire aux principes de l'économie politique est (( celui qui contrarie la population. Tel est celui des parcs, des chemins fastueux et des chevaux parce quil emploie... une grande portion des terres, capables démultiplier les subsistances ». « Entre les autres luxes, le souverain doit préférer celui qui, s'appliquant aux richesses durables, augmente la force... Un tel luxe est plus social que celui des jouissances fugitives ou périssables. Ainsi, le luxe des tableaux vaut mieux que celui de la musique ; celui delà vaisselle, que celui des feux d'artifices, etc. »

Dans le chapitre de Y Administration consacré au luxe,

1. Académie, p . 90. — Lausanne, p. 235. — ■ Staël, p. 89. C. Vacher de Lapouge 20

— Jio —

Xeeker recherche surtout les causes de l'accroissement du luxe.

La véritable source des progrès du luxe est dans le progrès de la culture et de l'industrie : « L'invention successive des instrumens qui ont simplifié tous les arts mécaniques a donc augmenté les richesses;... une partie de ces instrumens, en diminuant les frais d'exploitation des fonds de terre, a rendu plus considérable le revenu dont les possesseurs peuvent disposer, et une autre partie des découvertes du génie a tellement facilité tous les travaux de l'industrie que les hommes... ont pu, dans un espace de temps égal et pour une même rémunération, fabriquer une plus grande quantité d'ouvrages de toutes espèces. »

L'opinion de Necker est que « la rapidité d'exécution, quand la science en est devenue commune, ne tourne point à l'avantage des hommes de travail, et il n'en résulte qu'une augmentation de moyens pour satisfaire les goûts et les vanités de ceux qui disposent des productions de la terre ». C'est encore une thèse dont les socialistes ont beaucoup usé, thèse vraiment décourageante pour les partisans du progrès, puisque toute découverte doit se traduire par un accroissement de force du capital.

L'accumulation des richesses durables par l'effet de L'hérédité, que Necker considérait seule dansl'ÉIoge, ne vient plus ici qu'en seconde ligne parmi les causes d'accroissement du luxe. L'augmentation du numéraire et l'introduction des trésors du Nouveau-Monde ne lui paraissent pas une des causes principales de l'accroissement du luxe. Pour lui, toutes les « grandes sources du luxe eussent également existé, quelle qu'eut été la somme du numéraire :

un palais auroit été représenté par cent mille francs au lieu d*4 l'être par un million, mais ce palais n'en eut pas moins- été construit (1) » .

Au contraire, la « multiplication des routes, la confection des ponts, sont autant de travaux qui ont contribué h l'accroissement du luxe... » en facilitant la concentration des richesses dans les villes.

Les remèdes contre le luxe préconisés par Necker sont divers, et malgré leur nombre et leur variété, il est permis de les trouver peu efficaces. Il faut diminuer les impôts, restreindre les grâces et les prodigalités, diminuer aussi l'inégalité des fortunes, rapprocher d'un état plus aisé la classe nombreuse. Il faut animer l'esprit de bienfaisance, obliger à la résidence tous ceux qui exercent en province de grandes fonctions, frapper de taxes les objets de faste et de superfluité. V. supra, p. 226 et suiv.

Si dans les opinions économiques de Necker nous ne trouvons rien de bien original, ni rien qui ait influencé le développement ultérieur de la science, il faut reconnaître qu'il a porté son attention sur presque toutes les questions posées de son temps. Les trois cinquièmes à peu près de son œuvre économique se rapportent à la question de la législation du commerce des grains, deux cinquièmes environ à des questions d'impôts et d'emprunts, mais dans les quarante ou cinquante pages éparses dans lesquelles il s'occupe d'autres questions économiques, il a mis tant de de choses que ces notions méritaient d'être rassemblées dans un ordre méthodique.

i. Élit, originale, t. 111, p. 70. — Lausanne, II, p. 290. —Staël, t. V, p. 330.

L'impression qu'elles donnent ainsi est tout autre que celle qu'on éprouve quand on les rencontre disséminées dans le contexte des œuvres de Necker. Cette impression assurément est uu peu artificielle, et l'on aurait de ces œuvres une idée singulièrement inexacte si on lisait ce chapitre seul ou avant les précédents, mais comme en somme elle résulte de textes reproduits sans altération, émanant d'un homme qui pesait tous ses mois, elle répond assez bien au fond caché de l'esprit de Fauteur, et contribue ainsi à faire mieux comprendre les idées, les intentions et les actes de Necker.

TABLE ALPHABETIQUE

Administrations provinciales, 190-196, 208, 222-224.

Balance du commerce, 220, 261-265.

Bandeau, 124, 168.

Billets de banque, 88, 90, 260.

Bureau de renseignements, 229.

Colonies, 43-45, 95-96,268.

Commerce, 49-52, 68-70, 277 ; — des blés, 69, io4-2i3, 117iai, i43-i45, i5o-i6o, 23o, 239-267.

Compagnie des Indes. — Son privilège, 4o-4T î *~~ sa liquidation, 54 ; — devenue inutile, 96-97,

Corvée, 65, 198.

Douanes, 122.

Emprunts, 91-94, 177-185, 197, 224-225 ; — en rente viagère, 181, 23l.

Exportation des blés, 67, 69, 83, 85, 86, 114. i33, i43, i4$i5o, 204-206.

Galiani, 126-127, 164.

Hédonisme, 249-254.

Impôts, 86, 87, 91, 94, i85, 188-189, 198-200, 212-220, 224, 295-298,

Liberté du commerce, 68, 269-270, 290-294.

Luxe, 71-72, 97-98, 226-228, 3o8-3n.

Manufactures, 62, 202-204.

Mercantilisme. — Principes du —, 254*255 ; — positions de Neckerà leur égard, 256-271.

Monnaie, 87, 225, 256, 260.

Morellet, 36-37, 44~45, 54, 164-167.

Necker. — Injustice des jugements portés sur lui, i3-i6 ; nécessité d'étudier ses œuvres, 16-18 ; ce qui a été fait et ce qui reste à luire, i8-23 ; origine et famille de — 25-27 ; sa jeunesse, sa vocation littéraire, 29-30 ; jugements sur — écrivain, 3 £-32; son mariage. 33 ; le salon de Mme — , 33-3^ ; économistes contemporains, 35 ; réponse de — au mémoire de Morellet, 36-54 5 — ministre de Genève, 56; banque —, 56-58 ; Eloge de Golbert, 09-98 ; les Notes, 73-98 ; leur caractère de programme de gouvernement, 21, 99-100 ; — et Turgot, 127, 171 ; — directeur du Trésor, 174-176 , actes du premier ministère — . 176-208; — pacifiste, 232 ; polémiques avec Galonné, 234-236 ; second et troisième ministères — ,238-24o; dernières années de — ,240-241 ; opinions sur l'économie politique, 246-248, 270.

Offre et demande, 76, 288.

Pacte de famine, 115-117.

Physiocratie, 122,126, 168-169; position de Necker à l'égard de la — , 272-279.

Prix, 5i-52, 68, 123, i35, 137, 3o5-3o6 ; bon — et bas — , 281-

Produit net, 122, 157, 248, 281.

Prohibitionnisme, 75,85, 1253, 294.

Propriété, 75, 276-276, 3oo-3o3 .

Richesses, 76-79, 81, 84, i3o, 25i, 258-260, 3o-.

Salaire. — Limité au strict nécessaire, 5i, 97, i36, 1^2, 161, 285, 3o4.

Socialisme, 3oo-3o4-

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