Marche du Service en t!)02, p
grandes citernes restaurées, qu'elle laisse à l'Est. Après avoir traversé une région où les tombeaux puniques se font plus rares, elle a atteint, dans le voisinage immédiat de la tranchée Gouvet et des fouilles Vernaz, un nouveau groupe très serré de sépultures, qui paraissent remonter au vne et au vie siècle avant notre ère. Leurs dispositions n'offrent rien d'inédit : elles se composent toujours d'un puits d'accès rectangulaire, s'enfonçant de quatre à six mètres dans le sable vierge, et aboutissant à la chambre funéraire qui est, tantôt une simple excavation creusée dans la terre nue, fermée ou non par une dalle, et parfois occupée par un sarcophage de tuf coquillier, tantôt un caveau petit ou grand, unique ou géminé, toujours construit en grandes dalles.
Le mobilier funéraire est souvent assez riche. Les bijoux d'or, très inégalement répartis suivant les tombeaux, sont toujours faits de métal pur et massif ; parmi les plus intéressants, nous citerons : un tube porte-amulette surmonté de la tête de bélier symbolisant Osiris, et renfermant les débris d'une lamelle d'argent, enroulée sur elle-même, qui devait être gravée de figures divines ; un sceau de forme inédite, dont la monture enchâsse un scarabée en cornaline, qui figure, au-dessous du disque solaire ailé, le dieu Bès portant à bout de bras deux lions, pendus par une patte de derrière et la tête renversée ; plusieurs colliers, où les médaillons géminés, les perles et les cylindres d'or alternent avec les olives et les barillets d'agate, de cornaline, de chrysoprase ; deux bagues sigillaires, à chaton fixe gravé en plein métal, et figurant Isis, debout et seule, ou assise et allaitant Horus ; une pendeloque formée d'un cœur en
cornaline jaspée, monté sur tige d'or; trois bagues sigillaires en or, à chaton mobile et cachet gravé d'hiéroglyphes ; une dizaine d'anneaux sigillaires, en argent à chaton d'or, de modèle analogue, mais de dimensions plus grandes, qui se portaient suspendus sur la poitrine ; de nombreux pendants d'oreilles, figurant la croix ansée, symbole de la vie.
Ces bijoux sont purement égyptiens de style ; il en est de même de toutes les amulettes et figurines en argent, en émail, en plomb ou en pierre dure, qui les accompagnaient, ainsi que des petits bustes, sculptés dans un grès tendre, que l'on a trouvés assez souvent dans les mêmes tombeaux. Les figurines en terre cuite, fort rares, sont plus curieuses. Elles sont généralement appariées et représentent deux figures symétriques, mais non identiques, où l'on serait tenté de reconnaître ce couple divin, qui sous des noms différents apparaît toujours le même dans les diverses civilisations méditerranéennes, et que les Egyptiens appellent Isis et Nephtys, les Phéniciens Astoreth et Tanit, les Grecs Déméter et Coré, et les Romains Cérés et Proserpine. Plusieurs d'entre elles n'avaientpas encore été rencontrées à Carthage, et méritent une mention spéciale : ce sont, d'abord, deux femmes assises, trouvées dans le même tombeau (280 *), vêtues à la mode égyptienne, mais portant sur les oreilles d'énormes tampons d'étoffe, recouverts d'un voile ficelé, qui ressemblent beaucoup à la coiffure actuelle des femmes indigènes des Ouled-Naïl. Une autre statuette peinte (323 2j représente une déesse