iOu 320, pi. CLXV
diadémée assise, tenant sur ses genoux un poupon féminin, emmailloté et coiffé d'un pileus. Cette œuvre, qui rappelle certaines figures archaïques de Sicile, offre d'autant plus d'intérêt qu'elle est l'une des premières manifestations artistiques de l'influence hellénique, commençant à s'exercer à Garthage dès le viie siècle avant notre ère, concurremment avec celle de l'Egypte, qu'elle supplantera peu à peu dans les siècles suivants. Ce qui atteste mieux encore les rapports établis dès cette époque entre Garthage et la Grèce dorienne, ce sont les nombreuses poteries corinthiennes, finement décorées de figures brunes ou noires sur fond jaune clair, qui accompagnent, dans beaucoup de tombeaux, les vases plus grossiers à zones et stries rougeâtres, de fabrication locale, et quelques amphorisques en bucchero nero, probablement importés d'Étrurie.
La seule pièce vraiment originale, et qui puisse être attribuée en propre à la civilisation carthaginoise, est une tablette en grès tendre1 (324), haute de 0 m. 19, épaisse de 0 m. 04, taillée en forme d'édicule, dont l'architecture reste tout égyptienne, mais qui présente en outre une inscription punique et des attributs symboliques très particuliers, analogues à ceux que l'on a déjà signalés sur des ex-voto carthaginois de Lilybée ou d'Hadrumète : le croissant retombant sur le disque, et les trois troncs de cône, dressés sur un autel, qui représentent la triade divine.
La région de la nécropole punique qui a été explorée cette année semble avoir été exclusivement réservée aux morts, jusqu'à la prise de Garthage par les Romains, bien