‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 163 sur 220 · Bévue archéologique, 1902, II, p. 369 et s · texte numérisé non relu

Bévue archéologique, 1902, II, p. 369 et s

2. Les résultais de ces fouilles n'ont encore l'ait l'objet d'aucune publication d'ensemble ; ils ont été résumés, au fui- et à mesure des découvertes, dans de nombreuses communications de détail, faites par M. Gauckler à la Commission archéologique de L'Afrique du Nord

Comité des Travaux historiques», el à l'Académie des Inscriptions el Belles-Lettres. Voir surtout, dans le Bulletin archéologique du Comité, les notes insérées : on 1899, p. cxxxv ; cxlviii à cxlix ; clv à clviii ; eux à clxiv ; clxxi à glxxu : ccin ; ccxi ; on 1900, p. c.xxvni à cxxxi ; cxl \\ cxi.v ; cxi. vin ;i cxlix ; ci.mi \\ clx ; CLXii ; clxxv à c.r.xxx ; — en 1901, p. clxxx à clxxxii; ccxxn et suiv. ; 127 à 1 38 ; dans les Comptes Rendus de YAcadémiedes Inscriptions. I. XXVII, 1899, 156 à L65; 335; I. XXVIII, 1900, p. 14 ; 16 a 22; 171 ; 170 à 207 : 294 ; I. XXIX. 1901, p. 433. - Cf. aussi (i. Perrot, Le musée du li.irdo et les fouilles de M. (laucklcr, dans la Bévue de l'art ancien el moderne. I. VI, p. I à 18 et 98 ;i 146; Gauckler, Compte Rendu de la marche du Service des Antiquités en 1899] — en I 900 ; — en 1 90 I : trois brochures in-8, Tunis, Imprimerie1 Rapide; puis les revues annuelles d'archéologie africaine, publiées par St. Gsell

dans les Mélanges de VÉcole de Borne. 1900, p. 79 h I t6 ; 1901, p. 181 a 241 ; 1902 sous presse . el par A. Schulten, Archaeologische Neuigkeiicn .tu*. Nord A frika, dans l' Archaeologischer Anzeiger, 1899, p. 35 el suiv. : 1900, p. 79 à l U\ : 1901 . p. 64 et sni\ . ; IU02, p. 52 et sui\ . ; enfin un article de vulgarisation de René Cagnal dans la Revue universelle, L901, p. 673 ei suiv.

de Dermech, au pied de la colline de l'Odéon, à proximité des citernes de Bordj-Djedid qui sont si I nées au Nord, el des Thermes d'Antonin dont les ruines se dressent à l'Est, sur le bord de la mer.

C'est dans cette région de Carthage que semble s'être formé, dix siècles avant notre ère, le premier noyau de la grande cité : par sa configuration physique, l'endroil se prêtait, mieux que lout autre point de la côte, à la créalion d'un emporium maritime. Largemenl ouverl à l'Est vers le golfe, protégé au contraire contre les vents dominants par l'écran montagneux qui, parlant de Byrsa, et décrivant à l'Ouest un arc de cercle continu, se termine au Nord par l'éperon rocheux de Sidi-bou-Saïd qui brise l'élan des llols du large, il offrait aux vaisseaux un abri naturel, le plus sûr du littoral. D'autre part, cette conque en hémicycle, presque isolée du continent, et tout entière dissimulée derrière un rempart de collines faciles à défendre, présentait les garanties de sécurité que recherchaient avant tout, pour un établissement durable, ces marchands phéniciens, à la fois audacieux et timides. qui jalonnaient de leurs comptoirs toutes les côtes méditerranéennes sans oser s'aventurer dans l'intérieur des terres, toujours prêts à jeter l'ancre sur les rivages les moins hospitaliers, mais aussi prompts à regagner la haute mer à la moindre alerte.

C'est donc, selon toute apparence, à Dermech que, bien des années avanl le creusement en pleine terre du Cothon de Carthage, les premiers navigateurs sidoniens qui explorèrent le golfe, pénétrant dans dv> eaux plus calmes après avoir doublé le promontoire de Bordj- Djedid el. voyant une plage facilement accessible suecé-

der brusquement aux falaises inabordables, se laissèrent tenter par les avantages d'une situation si propice, et fixèrent à cet endroit le terme de leur course vagabonde. C'est là qu'après avoir tiré leurs embarcations sur le sable, ils bâtirent, lout près du rivage, les premières constructions de l'antique Cambé: là encore qu'ils creusèrent au pied de la colliue les premières lombes de leurs morts.

L'emplacement de Dermech suftisail amplement à la ville naissante ; mais, lorsque L'arrivée de Didon et des fugitifs tvriens vint donner à l'humble emporium une importance inattendue, il lui fallut s'étendre le long du rivage sur de nouveaux terrains. L'on fonda alors une (( nouvelle cité » {Karl hsbdasht), au Sud de (Jambe, entre Byrsa et le Cothon, dans la région à laquelle les indigènes du pays réservent aujourd'hui encore le nom topique de Carthage (Kartac/enna), tandis que la cité des morts, qui formait comme une ceinture à celle des vivants, suivait un développement parallèle, «'allongeant peu à peu sur le versant oriental du cirque montagneux doul elle envahissait graduellement les pentes jusqu'au sommet du plateau.

C'est évidemment de l'endroit où s'installèrent d'abord les premiers éinigranls phéniciens qu'il faut partir pour explorer dune façon méthodique et complète les nécropoles de Carthage; en séloignanl peu à peu du centre primitif de la ville, normalement à l'arc de collines qui l'entoure, Ton peut suivre sans interruption, à lia vers les siècles, depuis les origines jusqu'à la conquête romaine, révolution de la tombe punique, les modificalions qu'elle a subies au coursdes âges, dans son aspect. ses dispositions générales el son mobilier funéraire.

Aussi est-ce presque au niveau de la nier, à une centaine de mètres à peine de la plage de Dermech, que nous avons commence nos recherches, au mois de janvier 1899 '. Le chantier fut installé 'd'abord dans la propriété Ben Attar, où nous étions certain de fouiller à coup sur; l'endroit était, en effet , très rapproché des excavations que Vernaz fit pratiquer devant les citernes romaines de Bordj-Djedid au moment de leur restauration, et où il découvrit, dès Tannée 1885, les premiers tombeaux puniques qui aient été décrits d'une manière précise et scientifique 2 ; et, d'autre part, il attenait au terrain de Douimès, où les recherches poursuivies pendant plusieurs années consécutives, de 1893 à 1895, par le P. Délai Ire, amenèrent de si riches et si curieuses trouvailles.

Cette région, qui esl habitée depuis treille siècles, présente naturellement de nombreux vestiges d'époques très diverses, dont aucun ne peut être négligé. Aussi les déblaiements ont-ils été poussés partout jusqu'au sol vierge, de manière à ne laisser inexploré aucun des étages historiques qui marquent la trace des civilisations successives, superposés comme des sédiments géologiques, sur une hauteur qui varie suivant la région, mais qui peut atteindre cinq ou même six mètres.

Depuis quatre ans, les travaux se poursuivent en tranchée, sur une largeur plus ou moins grande, suivant l'intérêt des ruines que l'on rencontre, et se dirigent du Sud au Nord, en remontant les pentes sablonneuses de Bordj-

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