I. PI. LXXXIII-LXXXVI, CCXVIH-CCXX
sépare, ei par des Irons d'aération pins étroits qui entourent le pilier eentral. Le tirage s'effectuail clone par l'espace annulaire, ménagé autour de la colonne intérieure, où l'on empilait les poteries grossières; les vases plus précieux el plus lins, les lampes et les figurines étaient rangés, suivant le degré de chaleur dont ils avaient besoin, dans les deux compartiments superposés de la cheminée centrale, où la cuisson s'effectuait plus régulièrement et sans coups de feu, à l'abri de la fumée et de la poussière qui s'échappaient par les carneaux. Le foyer s'ouvre par une étroite porte cintrée sur la chambre de chauffe, placée en contre-bas, et qui contenait encore, lors du déblaiement, des las de cendres et de scories, du bois pourri, reste des approvisionnements préparés pour le l'eu, enfin des monceaux de tessons et de ratés ' .
Cette cave, que n'éclairait aucune lucarne, était placée au-dessous de l'atelier proprement dit ; le plancher qui les séparait était établi au niveau du laboratoire, où le potier pouvait pénétrer de plain pied. C'est là que l'on empilait sur des rayons, en prenant soin de les isoler par des rondelles d'os, pour éviter loute adhérence, les vases en argile crue qui attendaient leur tour de cuisson ; c'est là aussi que l'on entassait sur le sol les poteries déjà cuites que l'on venait de retirer du four, pour les vérifier et les trier, avant de déposer les pièces reconnues irréprochables dans les magasins.
Ceux-ci étaient reliés à l'atelier par un étroit couloir, long de quatre à cinq mètres; nous y avons retrouvé une collection de moules et quelques pots remplis de
l. [PI. CCXXIV, CCXXV, CCXXXI.l
couleur blanche ou brune, qui servaient à peindre les vases et à les décorer de reliefs et d'ornements en pastillage ; puis des milliers de poteries, de formes très diverses, rangées en ordre, par espèces. Dans ce riche assortiment, préparé pour la vente, il faut signaler surtout une série dune centaine de flambeaux, d'une forme inédite1 ; ils se composent d'un tube tronconique évasé au sommet, qui s'engage verticalement jusqu'au tiers de sa hauteur dans un disque horizontal, lequel supporte, comme un plateau, six godets symétriquement disposés autour du manchon central.
Les autres poteries du Céramique sont généralement identiques à celles qui ont été découvertes dans la nécropole de l'Odéon, laquelle remonte aux derniers temps de la Carthage punique ; d'autre pari, les inscriptions tracées au pinceau sur la panse de quelques vases et les marques estampillées sur les anses des amphores affectenl des formes néo-puniques qui permettent de les dater, au plus tôt, du second siècle avant notre ère. Les quelques figurines recueillies, des dieux Bès, sont tout alexandrines de style. D'ailleurs, on n'a découvert dans Les ateliers aucun débris qui puisse être rapporté à l'occupation romaine ; il semble donc que les fours du Céramique fonctionnaienl à l'époque des guerres puniques, el qu'ils ont élé brusquement abandonnés et détruits au momenl de la prise et de l'incendie de Carlbage par les Romains.
Ces ateliers puniques étaient, d'ailleurs, eux-mêmes de fondation relativement récente, car nous avons trouvé sons plusieurs d'entre eux des lombeaux earlbaginois