‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 89 sur 220 · CARTHAGINOIS · texte numérisé non relu

CARTHAGINOIS

M. Gauckler fait connaître les résultats d'une reconnaissance archéologique qu'il vient de faire opérer dans la région du cap Bon, aux environs de Sidi-Daoud, l1 ancienne Missua :

Cette localité est située au bord de la mer, sur une côte rocheuse et accidentée, formée de falaises de calcaire coquillier qui servent de carrières depuis plus de trois mille ans. La pierre qu'elles fournissent a médiocre apparence : d'un grain très irrégulier, elle est criblée de trous et striée de coquilles ; on ne peut la polir. Elle est sonore comme du verre, et casse au moindre choc ; mais elle est légère, très tenace et résiste admirablement aux érosions atmosphériques et marines. En outre, les carrières du cap Bon, qui s'étendent de Sidi-Daoud à El- Haouria et correspondent aux Latomies signalées par Strabon sur le golfe de Carthage, présentent le grand avantage d'être facilement exploitables, la pierre qu'elles fournissent pouvant être directement chargée sur les barques qui l'emportent au loin.

Aussi est-ce de cette région que les Carthaginois de l'époque primitive tirèrent d'abord les énormes blocs, dans lesquels ils taillaient leurs massifs sarcophages et les portes monolithes de leurs tombeaux construits; et l'exploitation, dont les traces demeurent très visibles, tau lot à ciel ouvert et tantôt souterraines, se poursuivit pendanl toute la durée de la domination romaine. Les murs de quais de la Carthage byzantine sont bâtis avec

i. [Bu U, archéol. du Comité, 1900, ci. m.

la même pierre que les tombeaux puniques du vine siècle avant notre ère, et l'état de conservation des blocs, qui bordent encore aujourd'hui le littoral de Dermech, prouve l'excellence des matériaux employés. Les vagues n'ont exercé sur eux leur action destructive que d'une manière insignifiante ; leur contact incessant semble avoir durci la pierre au lieu de la ronger.

Le but de l'exploration que je viens de diriger à Sidi- Daoud, était de reconnaître les traces de l'exploitation des carrières par les Carthaginois et par les Romains ; les recherches faites n'ont répondu qu'à demi à mon attente, car les vestiges des établissements puniques ont à peu près totalement disparu, recouverts ou remplacés parles installations romaines.

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