‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 88 sur 220 · MONNAIE DE BRONZE · texte numérisé non relu

MONNAIE DE BRONZE

(Rapport de M. Babclon.)

La monnaie de bronze découverte par M. P. Gauckler dans ses belles fouilles de Carthage, et donnée par lui au Cabinet des Médailles, est bien carthaginoise comme l'indiquent son style et le type de Perséphone qui figure au droit. La pièce paraît inédite, et le type de revers, une charrue, ne se trouve pas parmi les monnaies de Carthage décrites par Ludwig Muller. Cependant le Cabinet des Médailles en possédait déjà, depuis le siècle dernier, trois exemplaires variés, et cette circonstance permet de soupçonner que Millier ne considérait pas ces pièces comme africaines.

I Bull, archéol. du Comité, 1899, ccm.

On Irouve encore la charrue sur de petits bronzes siculo-africains, demeurés jusqu'ici d'attribution incertaine, qui ont pour types, au droit, un crabe, et, au revers, une charrue dans une couronne de laurier. Des lettres puniques variables accompagnent ces types ; ce sont vraisemblablement les initiales des noms de divers suffètes 1.

Sur la monnaie de M. Gauckler, on lit, dans le champ du revers, à côté de la charrue, la lettre punique ^ (hé), qui doit être également l'initiale d'un nom de magistrat. Des initiales analogues se trouvent dans le champ d'un très grand nombre des monnaies autonomes de Garthage.

La monnaie de bronze nouvelle se place certainement avant la destruction de la Garthage punique par les Romains, en l'an 146 avant J.-C. ; les déblais dans lesquels la pièce a été recueillie appartiennent, nous apprend M. Gauckler, à la dernière période de la ville punique.

La forme de la charrue est caractéristique : c'est la charrue arabe actuelle. Il faut rapprocher ce type monétaire de la charrue représentée sur les stèles votives à Tanit et à Baal-Hammon, qu'on a déterrées en si grand nombre sur le sol même de Garthage.

(( La charrue se trouve d'ailleurs fréquemment comme type monétaire dans l'antiquité. Je citerai notamment les monnaies du Bruttium, d'Enna, de Centuripa? et de Leontini en Sicile, d'Obulco en Bétique, enfin des monnaies de bronze de Persée, roi de Macédoine 2. »

1. L. Millier, Numism. de l'ancienne Afrique, t. II, p. 178, n° 2.

2. Cf. Saglio, s. v° Aratrum, dans le Dictionn. desAntiq. gr. et rom. ; Bull, de corresp. hellén., t. XVII, 1893, p. 80, et t. XX, 1896, pi. XVI.

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