‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 32 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE X

Les Turcs avaient profité de la confédération des deux armées pour ravager la Volhinie et s'étaient retirés chargés de butin, sans avoir été inquiétés. Gomme ils se préparaient à rentrer en Pologne, le Grand-Général de la Pologne leva des troupes pour s'opposer à une nouvelle invasion, que, du reste, les Turcs n'osèrent pas tenter. Plusieurs nobles Polonais avaient aussi choisi ce moment pour faire valoir leurs prétentions respectives. Le prince Lubormiski s'était emparé de la moitié de Jaroslaw, sous prétexte qu'elle avait été injustement démembrée de l'autre moitié, qui lui appartenait; il y avait mis une garnison et s'était fait prêter serment de fidélité par les habitants ; d'autres avaient essayé de s'emparer des terres qui appartenaient à la Reine ou à la succession du feu Roi.

Au milieu de ces embarras, qui inquiétaient et troublaient la République, une assemblée, tenue à Plonin (Lithuanie), s'était prononcée pour le prince de Conti. L'abbé de Polignac assurait que ce prince pouvait compter sur la petite Pologne comme sur la Lithuanie. Sa candidature faisait aussi, écrivait l'abbé de Polignac, des progrès dans la grande Pologne, résultat important, vu le grand nombre de palatinats que comptait cette province. Les palatinats de Posnanie, de Calish, de Siradie, de Lencici, jadis dévoués au parti allemand et aux Sobieski, passaient insensiblement du côté du prince de Conti ; le palatinat de Mazovie, il est vrai, était peu français, mais il détestait la Reine et le prince Jacques. Avec de telles dispositions, les votes des quarante mille gentilshommes qui l'habitaient étaient peu redoutables. Quant à la Prusse , elle

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était assez bien disposée pour le candidat français, à Texception de Dantzick, Elbing et Thom; mais ces villes, presque exclusivement habitées par des protestants, avaient peu d'influence. Cependant, la Diète générale de la Prusse royale s'était séparée (fin décembre), sans avoir pris aucune résolution au sujet de l'élection du roi de Pologne ; elle avait été convoquée pour le 10 janvier suivant. La convocation d'une partie des Diètes provinciales avait été différée ; la diète de la petite Pologne s'était assemblée et avait décidé qu'elle se réunirait quatorze jours avant la Diète d'élection.

La confédération du mois de septembre, qui avait suivi la rupture de la Diète de convocation, en déclarant ennemis de la patrie ceux qui avaient soulevé l'armée et rompu la Diète, avaient par là même désigné, sans les nommer, la Reine et le prince Jacques et porté un coup mortel à leur cause. Le prince Jacques, qui sentait la faiblesse de son parti, sans cependant en être pleinement convaincu, avait fini par se désister de ses prétentions en faveur de l'Électeur de Bavière. L'envoyé de TEmpereur et celui de l'Électeur, l'abbé Scarlati, n'avaient pas voulu se charger de transmettre ce désistement à la cour de Vienne. Le prince Jacques avait été obligé d'écrire lui-même à l'Empereur sa nouvelle détermination. Louis XIV voyait, dans la faiblesse du parti du prince Jacques, une raison pour l'abbé de Polignac de ménager l'argent, dans la crainte qu'il ne surgit quelque nouveau candidat avant l'ouverture de la Diète d'élection. Il écrivait dans ce sens à son ambassadeur :

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