PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XII. I
« Après avoir ainsi rendu compte de toute ma conduite, je « me soumets bien respectueusement, Monsieur, à tout ce que « Sa Majesté voudra ordonner de moi. Si j'ai manqué par « imprudence, je demande que ma faute me soit pardonnée ; « si c'est par une désobéissance volontaire, qu'on me punisse, « mais qu'on n'abandonne pas une entreprise dont le succès « doit être si glorieux et si utile. »
Quatre jours après, Tabbé de Polignac recevait la lettre de Louis XIV, du 13 janvier, qui le menaçait d*un désaveu. Dans la réponse que fit l'Ambassadeur, il prétendit qu'il ne cherchait pas à se justifier, mais seulement à expliquer sa conduite : il avait cru qu'il valait mieux tout promettre pour se faire des partisans, que de marchander, pensant qu'il serait toujours facile de réduire les promesses. Les événements prouvèrent que cet expédient n'était pas heureux.. L'abbé de Polignac revenait encore sur la nécessité d'avoir de l'argent eo espèces et trois millions pour l'armée. Il n'en persistait qu'avec plus d€ conviction à regarder comme certaine l'élection du prince de Gonti; il croyait possible la réduction des promesses, sans pour cela être obligé d'abandonner la candidature du prince de Conti et de se rejeter sur celle du prince Alexandre Sobieski, de l'Électeur de Bavière ou d'un Piast (1).
(1) Lettre de l'abbô de Polignac au Roi, 8 février (697.