‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 41 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XII

<( pour moi dans Tesprit des Polonois, pourroient bien m'en a consoler, mais encore parce que j'avois la gloire de partager 4( ces injures avec la France et la personne de H. le prince de « Conti, qui, depuis près de quatre mois, est l'objet des plus « noires calomnies de la Reine, du prince Jacques et des « Allemands. »

« Hais, comme le dessein de la Reine, inspirée et conduite « par Tabbé Scarlali, n'a pas eu en ce pays l'effet qu'elle s'en <( étoit promis, elle a tout d'un coup entrepris de le faire « réussir en France, où elle a des partisans et des émissaires, « comptant que le plus sûr moyen de me faire échouer ici « étoit de me discréditer là, et d'y confondre tellement toutes « les idées par de fausses relations, que les miennes devinssent « suspectes, et qu'elle pût au moins y faire naître le doute qui « lui suflSt pour retarder'les remises jusqu'à de plus grands « éclaircissements.

« Il est bien sûr que, si elle eu venoit à bout, elle auroit le « triomphe qu'elle espère ; car, en faisant tarir la source de m l'argent, notre négociation seroit bientôt à sec.

« Je ne prétends point faire le raisonneur, trop heureux «. seulement qu'il me reste la gloire d'obéir ; mais, je ne puis « m'empécher de vous dire. Monsieur, que, pour finir heureuse sèment cette guerre, il me semble qu'on ne peut guère « entreprendre de chose plus importante ni plus décisive que « l'élection d'un roi de Pologne tel qu'il nous en faut. Vous « voyez comme ce royaume borne toute l'Allemagne d'un côté. « Un homme exprès que je tenois en Transylvanie, sous le

« règne passé, m'a dit, à son retour, que, dans cette province « et dans la haute Hongrie, tout le peuple faisoit des vœux « pour rélection de monseigneur le prince de Conti, dans « Tespérance qu'il pourroit les délivrer du joug de la maison « d'Autriche.

« Si Ton en juge par la crainte que l'Empereur et l'Électeur « de Brandebourg en témoignent, il faut croire qu'elle leur « parott d'une conséquence infinie, puisqu'ils prétendent « mettre tout en usage pour l'empêcher ; que leurs troupes € grossissent sur la frontière de jour en jour, et que tous les « ministres étrangers qui sont ici, sont perpétuellement en « conférence pour détruire un ouvrage qu'ils ont négligé « d'abord, parce qu'ils ne l'ont pas cru praticable.

« En effet, il m'étoit plus difficile qu'à eux de gagner toute « la République, et ce qui ne leur auroit coûté qu'un écu m'en « a coûté deux, à cause des anciennes préventions contre la « France, et qu'à l'exemple du Roi, si j'ose ainsi parler, je « suis seul contre tous.

« Si vous me dites, Monsieur, avec quoi donc je prétends « résistera la fin, j'aurai l'honneur de vous répondre que c'est « avec les secours que je demande aujourd'hui par cette « dépêche, et que, prenant sur les fonds de la République « tout ce qui me sera nécessaire, ces fonds ne manquant « point, je ne manquerai de rien, et j'aime beaucoup mieux « n'avoir dans les derniers jours qu'à exécuter les traités déjà « faits que d'avoir la peine d'en faire, et à contenter mes amis a que d'en chercher.

Page 1