‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 44 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XIII

ment des ministres étrangers ; Texamen de cette question fut réservé à la Diète générale.

Cependant, la confédération de Tarmée de Pologne continuait toujours (12 janvier). Jablonowski, grand-général de Pologne, s'était rendu à Léopold pour y régler le compte de cette armée révoltée, ce qui n'empêcha pas Baranouski de demander à Varsovie cent mille florins m par manière de contribution. » Ce subside refusé, les troupes continuèrent à vivre sur les terres du feu Roi et de la Reine, de la noblesse et du clergé. Il fut décidé alors que la commission convoquée à Léopold se réunirait à Varsovie. On trouvait de la sorte un moyen d'éloigner de Varsovie la Reine, qui ne se disposait pas à suivre l'exemple de son fils Jacques, parti pour la Silésie depuis le 20 janvier. Toutefois, rien n'annonçait que les travaux de cette nouvelle commission dussent être paisibles ; plusieurs députés refusaient de s'y rendre à cause des protestations des Diètes provinciales. Celle de Grodno, qui s'était séparée sans rien conclure, avait été rompue par les députés de plusieurs palatinats, qui refusaient formellement d'accorder tout nouveau subside s'ils ne connaissaient l'emploi des sommes accordées précédemment. Quelques palatinats ne consentaient même pas à envoyer des députés à la commission tant que la Reine resterait à Varsovie. Le Sénat, de son côté, ne voulait pas, à cause de sa présence, tenir ses séances. L'entêtement de la Reine parut céder enfin aux instances du cardinal Radziouski ; elle promit, au commencement du carême, de quitter Varsovie pour la Prusse royale. Elle devait

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auparavant passer quelque temps dans un château du prince Jacques (Gouna], à cinq lieues de Varsovie. On aurait désiré qu'elle s*éloign&t davantage ; mais elle avait refusé d'aller en Russie, dans la crainte des confédérés et des Tartares. Les uns étaient tout près de Kaminiec, les autres aux portes mêmes de Varsovie.

L*abbé de Polignac mandait aussi, dans sa dépêche du 8 février, que le baron d'Overbeck, envoyé de Brandebourg, avait remis, de la part de TÉlecteur, son maître, une lettre au cardinal Radziouski, pour lui recommander un Piast. L'abbé de Polignac voyait dans cette démarche un moyen de couvrir les prétentions du prince Louis de Bade. Le nonce du Pape désirait avoir une conférence avec Scarlati et l'ambassadeur de France ; ce dernier ne doutait pas qu'on lui fit bientôt des ouvertures au nom de l'Électeur de Bavière.

La lettre par laquelle l'abbé de Polignac annonçait à Louis XIV ces nouvelles, peu faites d'ailleurs pour le rassurer sur le résultat désiré de la candidature du prince de Conti, ne modifia en rien la détermination que le roi de France avait déjà prise avant de l'avoir reçue.

Louis XIV aurait désiré que le prince de Conti ne parût au nombre des candidats que peu de temps avant l'élection, afin qu'une coalition ne fût pas trop longtemps à l'avance organisée contre sa candidature. En attendant, l'ambassadeur de France aurait dû observer, connattre les offres des prétendants et agir contre eux. « Le parti françois, » écrivait le roi de France à l'abbé de Polignac, « vous abandonnera lorsque ceux qui le

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