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réponse faîte par Louis XIV, le 29 avril, aux propositions que lui avait transmises le plénipotentiaire de Ryswick; sur les avis donnés par le castellan de Culm, Frédéric-Auguste envoya à Varsovie le chevalier Fleming avec ordre de confier au cardinal Radziouski le projet qu'il avait d'abjurer le protestantisme et de se mettre au nombre des candidats au trône de Pologne.
La candidature de l'Électeur de Saxe ne fut pas combattue par l'Empereur, qui avait, au contraire, intérêt à appuyer ses prétentions. L'Empereur avait la guerre à soutenir sur le Rhin et sur le Danube ; tous ses efforts ne pouvaient suffire à triompher de ses puissants ennemis, et les forces de l'empire, réunies à celles de ses alliés, auraient eu bien de la peine à arrêter les progrès de l'armée française, alors même qu'on eût été en paix avec la Turquie. L'Électeur de Saxe s'était engagé à fournir, outre son contingent, dix mille hommes destinés pour la Hongrie, afin de repousser l'armée ottomane. L'Empereur, n'ayant pas d'argent pour payer ses troupes, avait donné en gage à Frédéric-Auguste les duchés de Rrieg, de Lignitz et de Volau en Silésie. On pensait à Vienne que l'Électeur de Saxe trouverait en Pologne de plus grandes difficultés qu'il ne s'y attendait, et on se préparait à lui faire acheter ce gage bien cher et à le retirer peut-être sans rien débourser. Le prince de Saxe paraissait disposé à tout accorder, pourvu que son élection ne fût pas traversée. L'Empereur espérait de son côté profiter de ces circonstances pour recouvrer la Luzace, que la maison d'Autriche cherchait depuis longtemps à enlever à
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Télectorat de Saxe, auquel elle ne Tavait cédée qu'à regret (1).
Arrivé à Varsovie, à la fin du mois d*avriK le cheTalier Fleming remplit, auprès du cardinal Radziouski, les instructions que lui avait données TÉlecteur de Saxe. La Diète d^élection était ouverte depuis dix jours, lorsque le cardinal répondit (24 mai] qu'il était prêt à soutenir sa candidature, mais qu'avant de faire aucune démarche, il désirait avoir, au sujet de l'abjuration, une explication formelle de l'Électeur, cette explication ne dût-elle être communiquée qu'à lui seul. Il ajouta que, dans tous les cas, on pouvait compter sur sa discrétion. Il tint parole et ne parla pas de ce nouveau concurrent à l'abbé de Polignac. Celui-ci avait aussi reçu de l'Électeur de Saxe une lettre que lui avait remise, le 24 mai, le chevalier Fleming. L'Électeur supposait on feignait de supposer que l'abbé de Polignac avait été prévenu, par le cardinal de Janson, des démarches qui avaient été faites, à Rome, pour obtenir l'appui de Louis XIV.
Selon l'auteur de la Scission de Pologne (2), « l'ambassade deur de France fut sensiblement touché, lorsqu'il vit parottre « ce nouveau candidat; s'il en avoit été averti plus tôt, il luy « auroit fait donner l'exclusion dans les petites Diètes, mais « le temps en étoit passé, et la noblesse accouroit de toutes « parts à Varsovie, enseignes déployées, pour assister à « rassemblée générale. Il prévit bien que Przependowski
(I) Scission de PoiognSj p. ilO et 430. (f) Page IS7.
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« avoit fait valoir ses avis à Dresde ; le peu de confiance que « la Pologne avoit en ce sénateur le persuada que d'antres « personnes se méloient de la même intrigue et il découvrit « enfin un mystère que Ton s*étudioit à tenir caché.
€ Davia, nonce de Sa Sainteté, avoit autrefois porlé les « armes dans la Horée au service des Vénitiens ; il s*étoit fait « prêtre et avoit été intemonce à Bruxelles, nonce à Colore gne, et, de là, nommé à la nonciature de Pologne. Il étoit « neveu du maréchal Caprara, si connu dans les guerres de « Hongrie. Le marquis Davia, son neveu, étoit au service de « Sa Majesté Impériale, lorsqu'il fut pris par les Turcs, il y « a quelques années. Les infidèles, qui n'avoient point voulu « le mettre à rançon , l'avoient enfermé dans le château a des Sept-Tours, et on se persuadoit que son esclavage € dureroit aussi longtemps que sa vie. Le Nonce, alarmé « de la captivité de son neveu, s'adressa à la comtesse € d'Àltamonte, sa belle-sœur, qui étoit dame d'honneur de la « reine d'Angleterre; et cette princesse voulut bien prier le « roi de France d'interposer son autorité pour procurer la € liberté à un gentilhomme qui se mettoit sous sa protection. « L'ambassadeur du Roi eut ordre de négocier à la Porte la 4( liberté de ce jeune seigneur ; les Turcs la refusèrent et le « Nonce fit retentir la Pologne de ses plaintes, comme si « ce ministre luy eût rendu un mauvais office, parce qu'il « n'avoit pu luy en rendre un bon. Le Nonce avoit néanmoins a retiré son neveu ; sur l'avis qui luy avait été donné que « l'Électeur de Saxe retenoit un pacha, pris à Temeswar, il
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« proposa à ce prince d*en faire un échange avec les Turcs « contre le jeune marquis Davia ; la proposition, qui avoit été « écoutée de part et d'autre, fut suivie de l'exécution.
« Il n'en falloit pas davantage pour rendre le nonce ami de <( l'Électeur, ennemi de la France, et suspect à l'ambassadeur « de cette couronne. Ce ministre alla le trouver pour dé- « couvrir ses sentiments au sujet de l'Électeuir. Le Nonce « l'assura qu'il ne souffriroit jamais que la couronne de « Pologne tombât sur la tête d'un hérétique ou d'un converti « suspect. »
En réponse à l'ouverture que lui fit le chevalier Fleming, l'abbé de Polignac essaya de prouver qu'il était trop tard pour établir une nouvelle candidature. Fleming répartit qu'au contraire, espérantprofiter des débats ouverts entre les concurrents, c'était à dessein qu'il arrivait tard pour les mettre d'accord. Il eut plusieurs conférences, tant avec l'abbé de Polignac qu'avec l'abbé de Chftteauneuf; mais ils pensèrent avoir si peu à craindre de la part de ce nouveau prétendant, que l'abbé de Polignac écrivit au roi de France qu'ils avaient conseillé au chevalier Fleming de s'ouvrir au cardinal Radziouski ; que Fleming avait suivi ce conseil, mais que le Cardinal n'avait pas fait grand cas de cette proposition (1). Le conseil était au moins inutile, et Fleming ne l'avait pas attendu pour s'ouvrir à Radziouski, dont la réponse fut transmise à l'Électeur de Saxe, qui, à son tour, lui écrivit, le 4 juin, la lettre suivante :
(I) LcKrc de Pabbc de Polignac au Roi, 31 mai 1697.