CHAPITRE XXIV
MOUVILLI KBÇUI A VABSOVII DU PIOCOAIN ùifknt DU P1I2ICI Dl CONTI. — ftOKOTZ Dl LA GRAIIDI POLOONI.
Peu de jours après le départ de sa dépêche du 6 août, l'abbé de Polignac reçut, de Paris, la nouvelle que le prince de Conti attendait, pour partir, des lettres de la République et des principaux de son parti, qui Rappelassent en Pologne; il en fit part au cardinal Radziouski et aux seigneurs polonais qui se trouvaient à Varsovie. Ceux-ci, depuis une attente de plus d'un mois, espéraient que le prince de Conti était parti ; ils s'excusèrent tant bien que mal de ne pas lui avoir écrit, prétendant n'en avoir pas eu le temps.
Ils avaient craint que la lettre ne fût interceptée; d'ailleurs, pourquoi écrire, dirent-ils? Élire le prince de Conti, n'était-ce pas l'appeler? Cédant aux demandes de l'abbé de Polignac, ils voulurent faire partir de suite (16 août) le comte Towinski en qualité d'envoyé extraordinaire de la République, auprès de Louis XIV, pour lui notifier, dans les formes, l'élection du
prince de Coati et « lui représenter le péril inévitable auquel « ils se sont exposés en le soutenant jusqu'ici sans aucun « secours, et Timpossibilité où ils seroient de le faire plus a longtemps, si, du moins, avant la fin du mois, ils ne rece- « voient ce qu'ils demandent avec tant de justice, c'est-à-dire, « la personne de leur roi , l'argent promis à la République « pour l'armée, et enfin la parole de Votre Majesté qu'EUe ne « laissera pas tomber cette importante affaire, à laquelle non- « seulement le salut de toute la Pologne, mais encore l'honneur « de tous les fidèles serviteurs de la France, et principalement « du cardinal Radziouski, sont attachés. » L'abbé de Polignac craignait que le comte towinski ne trouvât à Paris le prince . de Conti, « si, par malheur, il y étoit encore, » ajoutait-il, « au nom de Dieu, qu'il parte sur-le-champ, s'il ne veut pas « voir tomber par terre sa couronne (1). »
Le départ de Towinski fut retardé par les nouvelles arrivées de France. L*abbé de Polignac reçut, le 1 i août, la dépêche que Louis XIY lui avait expédiée pour lui apprendre la résolution du prince de Conti de se rendre au plus tôt en Pologne, ainsi que la lettre de ce prince au cardinal Radziouski. Le su^ lendemain, l'abbé de Polignac mandait à Louis XIV l'heureux effet produit à Varsovie par l'arrivée du courrier de France: « La lettre du roi de Pologne a paru si belle, si modeste et « si conforme au génie de la nation, qu'on l'a traduite en « polonois pour la faire imprimer.
(1) Lettre de l'abbé de Polignac au Roi, il août 4697.