‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 85 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXIV

« On regarde même» à présent, comme une espèce de bon- « heur que les lettres de la République ne soient pas arrivées « aussitôt que, pour d'autres raisons, on l'auroit désiré, « puisque ce retardement a donné occasion au Prince d'écrire « celle-ci, et de ne pas prendre le titre de roi, comme TÉlec- « teur de Saxe Ta fait, au premier avis de son ministre. »

L*abbé de Polignac faisait part aussi de nouveaux faits qui n'étaient pas de nature à diminuer les espérances du prince de Conti (1). La noblesse de la grande Pologne avait fait un Rokotx, c'est-à-dire une confédération générale de tous les palatinats contre l'Électeur de Saxe ; tel avait été le résultat des petites Diètes du parti saxon, convoquées le 6 août, par l'évéque de Cujavie. Au lieu de nommer, comme ce prélat l'avait espéré, des députés pour assister au couronnement de l'Électeur de Saxe, la noblesse avait fait entendre les plaintes les plus énergiques contre ce prince et ceux qui l'avaient attiré en Pologne. On avait forcé le palatin de Posnanie et plusieurs membres importants du parti saxon, à désavouer ce qu'ils avaient fait depuis l'élection ; on avait promis par serment de se rendre à cheval à la petite Diète du parti français, et de ne pas mettre bas les armes avant que l'Électeur et ses troupes n'eussent été chassés du royaume; on avait enfin déclaré Auguste de Saxe usurpateur. Rodomierski avait été nommé maréchal de cette convocation, avec Tassistance de quinze conseillers dévoués au parti français. L'acte était signé par

(i) Lettre de l'abbé de Polignac, 16 août 1697.

plus de sept mille gentilshommes, qui écrivireut à tous les palatinats pour les inviter à se confédérer comme eux, et à Tarmée pour la prier de les soutenir. D*un autre côté, le baron d Overbeck, auquel s'étaient joints le castellan de Culm et Lubormiski, n'avait pas réussi à amener une transaction entre le parti français et le parti saxon.

Enhardi par ces démonstrations, Tabbé de Polignac disait : « Nous avons à nous les premières têtes de la République et le « plus grand nombre des palatinats. » Trois généraux avaient, il est vrai, abandonné le parti du prince de Conti pour celui de rÉlecteur de Saxe ; mais ils étaient sans armée, tandis que celui qui tenait pour le parti français pouvait compter sur la sienne. L'abbé de Polignac avait le projet de faire lever, dans les palatinats de Varsovie, de Cracovie et de Sandomir, onze compagnies, chacune de cent hommes , afin de chasser les Saxons; il ne doutait pas qu'elles ne fussent aidées parles deux armées de la République et les cosaques, Hongrois ou Valaques, qu'on pourrait appeler. Ces compagnies devaient former, après la confirmation de l'élection, un bon corps de cavalerie polonaise. Les partisans de la France s'étaient cotisés pour envoyer au Podstoli de la couronne (échanson) de l'argent qu'il devait distribuer dans la grande Pologne. La somme se montait à 14,000 écus. Le cardinal Radziouski, le grand trésorier de Lithuanie et Tévéque de Plosk y avaient puissamment contribué.

Quant au débarquement du prince de Conti à Dantzick, l'abbé de Châteauueuf avait pris à cet égard toutes les mesures

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