‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 91 sur 115 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

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Tout le monde en Pologne désirait vivement l'arrivée du prince de Conti, non seulement ses amis, mais encore le parti Saxon, qui, selon Tabbé de Polignac, n'attendait que ce moment pour abandonner FÉlecteur (1). Cependant, le parti français, qui avait voulu, par l'entremise, de l'envoyé de Brandebourg, entamer des négociations, à Cracovie, avec Auguste de Saxe, avait vu ses offres repoussées. L'Électeur avait compris que ces négociations n'avaient d'autre but que de faire différer son couronnement. D'après ses ordres, son ambassadeur présenta, le 5 septembre, aux ministres de l'Empire, assemblés à Ryswick, un mémoire par lequel il leur notifia l'élection de son maître comme roi de Pologne, et les exhorta à ne point conclure la paix générale que la Pologne n'y fût comprise.

(f) Dépêche do Tabbé do Polignac au Roi, 90 septembre 1697.

DEUXIÉMfi PARTIR, CHAPITRE XXVI. 219

« Sa Majesté Royale et Altesse Électorale, mon maître, » était- il dit dans ce mémoire, « m'a ordonné de notifier à « Vos Excellences comme quoi, par la grâce particulière du « Seigneur, et par une élection libre de la Sérénissime Repu- « blique, elle étoit élevée sur le trône de Pologne ; et qu'encore « que l'état difficile et embarrassé de toute l'Europe, et prin- « cipalement du royaume de Pologne, l'eût pu induire à « refuser cette dignité. Sa Majesté avoit bien voulu passer « par dessus ces difficultés pour ne pas laisser échapper « cette occasion propre à signaler le grand zèle qu'elle a « toujours eu pour le bien public. Et quoique la couronne de « France fasse tous ses efforts pour troubler le repos du dit « royaume de Pologne, quelqu'éloigné qu'il soit, pour empé* « cher les effets de cette élection légitime et conforme aux ^ lois, et pour procurer cette couronne à un prince du sang « de France, ayant, pour cette fin, employé plusieurs millions « pour gagner quelques esprits inquiets et inconstants, Sa « Majesté Royale, se fiant entièrement à la justice de sa cause, « aux secours des puissances voisines, à la fidélité de ses « vassaux el sujets portés pour le salut de la patrie, et, finale lement, à ses propres forces, pourroit raisonnablement mé- « priser toutes les inîrigues et persécutions secrètes de son « adversaire. Toutefois, comme Elle doit craindre qu après € la paix générale, si la Pologne ne s'y trouve expressément « comprise, la France ne prenne l'occasion de favoriser les « esprits mal tournés et mécontens du présent Gouvernement, « de les encourager, par le transport de quelques troupes et

« par la distribution de grosses sommes d*argent, à continuer « dans leur conduite contraire aux loix divines et humaines, « et à fomenter une sédition par où Sa Majesté seroit empé- « chée dans son louable dessein de combattre pour la chré- « tienté, et de faire éclater le zèle qu'Elle a pour le bien et le « repos de l'Empire ; Sa Majesté Royale de Suède, Son Altesse « Électorale de Brandebourg, Sa Majesté même, comme « Électeur de Saxe, et d'autres puissances voisines, seroient « obligées d'avoir l'œil sur la Pologne, et, tant par alliance « que par raison d'État, d'entretenir constamment des troupes « sur les frontières, pour en ôter à l'ennemi commun de « l'Empire toute occasion de se rendre entièrement maître du « Rhin, de nous forcer par là à une paix très-dangereuse, ou « même de la pouvoir toujours rompre, quand son bon plaisir « ou sa convoitise l'y engageroient. Sa Majesté Royale a lieu, « par ces considérations et par celles des avantages qu'on K pourra généralement tirer d'un tranquille gouvernement « de Sa Majesté en Pologne, d'espérer que les Hauts Alliés et « particulièrement les électeurs ses collègues, les princes et « les États de l'Empire, n'auront garde, d'un côté, de faire « une paix générale ou particulière, si ce n'est, en y compre- € nant expressément la couronne de Pologne et en obligeant « le roi de France de ne plus assister, ni directement ni indi- « rectement et sous main, aucun ennemi de Sa Majesté, ni « même le prince de Conti, dans son prétendu droit à la dite « couronne ; et que, d'un autre côté, ils feront en sorte que « Sa Majesté Royale, en cas qu'EUey fût aucunement troublée,

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