DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXVI
« malgré les assurances et déclarations données par le con- « traire, puisse effectivement jouir des secours et assistances « des dits Hauts Alliés et des princes de l'Empire. Sa Majesté « promet, en échange, de continuer toujours de maintenir la « cause commune, et d'employer, tant en Orient qu'en Occit dent, toutes les forces que Dieu lui a mises entre les mains « pour obtenir une paix sûre et durable. Voulant, de plus, « s'acquitter, en tout temps, de ce qu'Elle doit à l'Empire, en « qualité d'Électeur et A'État (Tieelui^ et faire généralement « tout ce qui lui sera possible, Sa Majesté se réserve de « s'expliquer tellement, dans les traités mêmes, que tous les « Hauts Alliés et particulièrement les Électeurs, les Princes « et les États du Saint-Empire auront lieu d'en être entière- « ment satisfaits (4). »
Quand cette notification eut été faite, l'Électeur de Saxe, sans tenir compte du Rokotz, qui subsistait toujours, se fit couronner à Cracovie, le 15 septembre. Ce couronnement fut assez triste. Le nombre des Allemands qui s'y trouvaient était double de celui des Polonais. Quand il fallut tirer la couronne du coffre-fort fermé de huit serrures différentes, deux abbés de la cour du feu Roi, dont l'un était excommunié depuis longtemps, furent chargés de les briser à coups de marteau, parce que les principaux sénateurs qui en avaient les clefs étaient parmi les partisans du prince de Conti.
(I) Actes et Mémoires des négociations de la paix de BysMoick. — La Haye, mdccxxv, III, 55-57.
Deux jours auparavant, à Proszowic, ville du palatinat de Cracovie, on avait dissous par la force une assemblée du parti français, et déclaré Tarchevéché deGnesme vacant, aussi bien que le maréchalat du Rokotz.
Le parti français prit alors les mesures les plus vigoureuses. Les Universaux, qui convoquaient la noblesse en Pospolite pour le 26, furent révoqués ; on en fit de nouveaux pour une époque plus rapprochée, avec obligation pour les gentilshommes de se rendre à la convocation, sous peine d'exécution militaire ; on partagea la noblesse en trois corps d'armée : l'un d'eux devait se rassembler le 1 octobre, et six jours après se diriger sur Grodno, en Lithuanie, pour se mettre sous les ordres du palatin de Wilna ; le deuxième devait se rendre en grande Pologne, à Lencici, sous le commandement dû castellan de Calish, et le dernier à Zawrebost, en petite Pologne, sous celui du palatin de Beltz. Le conseil du Rokotz fut transporté à Lowiehz, dans la crainte que l'Électeur ne s'emparât de Varsovie ; les palatins se rendirent dans leurs palatinats, pour stimuler le zèle des partisans du prince de Conti et lui en créer de nouveaux, s'il était possible. On devait, en outre, écrire à l'Électeur de Brandebourg que la République aurait tout lieu de se plaindre de lui, s'il persistait à soutenir une cause aussi mauvaise que celle de l'Électeur de Saxe. Le palatin de Wilna, avant de signer le Rokotz, avait demandé 24,000 écus pour les dépenses urgentes, et 460,000 francs pour deux quartiers dus à l'armée. Afin d'être assuré de son payement, il exigeait le dépôt en main tierce de cette somme à Dantzick, et le paye-