‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 95 sur 115 · DEUXIEME PARTIE, CHAPITUE .\XVU · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE, CHAPITUE .\XVU

« verra et entendra de ses fidèles serviteurs, un plan exact et « proportionné tant au besoin de ses affaires qu'aux moyens « qu'il a pour les soutenir.

« S'ils avoient été plus abondants, il n'y auroit eu qu'à a distribuer au plus vite ce que les Sapieha demandoient pour « mettre l'armée de Lithuanie en mouvement, pour confédérer m celle de la couronne, et pour lever des compagnies dans les « palatinats dont j'ai souvent parlé ; mais, la crainte oii est a ce prince d'embrasser tant de choses à la fois qvi entrai- « noient de grosses dépenses, quoiqu'elles fussent décisives, « l'empêche de s'y résoudre d'abord sans avoir mesuré ses « forces, et lui fait attendre l'avis du conseil pour choisir les « expédients et courir au plus pressé.

« Il est certain que ceci ne se terminera pas sans guerre, « l'Électeur de Saxe étant trop embarqué pour céder, à moins « qu'il n'y soit forcé. Ainsi, Votre Majesté peut voir aisément, « comme je pris la liberté de le lui représenter par ma lettre « du 6 août, qu'il faudra quelque chose de plus pour éteindre « la scission qu'il n'auroit fallu pour accomplir une élection « paisible.

« J'aurai l'honneur de mander à Votre Majesté de plus « grands détails dès que le conseil aura réglé toutes choses ; « et, jusque-là, je ne vois plus rien qui se puisse ajouter à ce « que le roi de Pologne écrit à Votre Majesté. Ses lettres à tous « les seigneurs de son parti ne manqueront pas de produire « un très grand effet.

« Il n'y a que la ville de Dantzick qui ait eu l'imprudence

226 MÊG0C1ATI0N9 DB L'ABBÉ OB POLICNAC.

« de se déclarer, à la vue de ce prince, pour rÉlecteur de « Saxe, et de faire des insultes aux officiers de Votre Majesté « que H. Bart envoyoit à terre pour les besoins de son escadre ; « j'en ai fait mes plaintes au magistrat par une lettre un peu « menaçante ; quand il m'aura fait réponse, je verrai, avec le « roi de Pologne, ce qu'il faudra faire là-dessus (4).

Le 8 octobre, les membres de la députation solennelle qui devait aller au devant du prince de Conti n'étaient pas encore tous arrivés à Dantzick; les Lithuaniens surtout manquaient: c'était ce qui retardait l'entrée du prince dans son nouveau royaume. Il était descendu deux fois à terre à cause de l'impatience extrême qu'avaient de le voir et de l'entretenir les Polonais qui ne pouvaient pas tous venir à bord. Il ne prenait pas encore le titre de roi, bien que tous les Polonais, dans leurs discours et dans leurs lettres, ne manquassent pas de lui donner ce titre. Ce même jour, la Grande-Chambellane remit au prince de Conti une lettre qui lui donna grand espoir. Il fut alors résolu, dans un conseil tenu par le prince de Conti, •qu'on expédierait aussitôt le staroste Olstienski dans la petite Pologne, pour y lever mille gentilshommes et les Towaricks. Comme on disait, ce qui du reste méritait confirmation, que l'Électeur de Saxe avait payé quatre quartiers aux corps de l'armée qui avaient embrassé son parti, le prince de Conti allait de suite en payer deux à l'armée de Pologne. Les dettes antérieures qu'il avait fallu éteindre empêchaient l'abbé de

(1) Lettre de Tabbé de PoUgnac au Roi, 5 octobre 1607.

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