‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 96 sur 115 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XXVII

Polipac d* employer aussi utilement qu'il l'aurait désiré les 400,000 francs apportés par le prince de Conti.

Cependant, l'argent que ce prince avait fait distribuer dans les palatinats de Cracovie et de Sandomir et dans le duché de Zator, donnait tout lieu de croire que les Sapieha arriveraient bientôt à Dantzick avec douze ou quinze mille chevaux. On se plaignait, il est vrai, de ce que le prince de Conti n'avait pas amené de troupes avec lui, et, quoique l'introduction de troupes étrangères sur le sol de la République fût contraire aux lois, on trouvait qu'il aurait pu s'autoriser de l'exemple de l'Électeur de Saxe et faire comme lui.

Le palatin de Wilna avait envoyé à Dantzick, par son frère, le grand-trésorier de Lithuanie, Benoît Sapieha, un engagement par lequel il promettait de servir, lui et son armée, contre l'Électeur de Saxe, autant qu'il serait nécessaire. La guerre paraissait imminente pour chasser l'Électeur de Saxe; et « ce € seroit s'abuser, » disait l'abbé de Polignàc, € que de compter « pour suffisantes les sommes qui, depuis quinze mois, ont été « envoyées pour être destinées à une élection paisible. »

La neutralité de la mer Baltique et le besoin qu'on avait des Dantzickois pour les provisions de l'escadre qui avait accompagné le prince de Conti, empêchaient M. Bart de tirer de Dantzick la satisfaction qu'on aurait pu exiger pour le mauvais accueil fait au Prince. Celui-ci était encore en rade, assez mécontent de tous ceux qui étaient venus le saluer. Après les premières assurances de leur fidélité, ils lui demandaient de l'argent et paraissaient fâchés quand ils n'en recevaient pas.

L'abbé de Polignac pensait que le prince de Conii faisait bien de réserver les fonds dont il avait à disposer jusqu'au moment où il débarquerait et pourrait lever des troupes. Il était à craindre» en effet, que l'Électeur de Saxe, après avoir reçu le renfort des troupes qu'il avait envoyées en Hongrie au service de l'Empereur, qui y faisait la guerre contre les Turcs, n'assemblât une armée plus puissante et plus aguerrie que celle du prince de Conti. A la Diète générale, convoquée à Varsovie pour le 4 7 octobre, l'acclamation du prince de Conti devait avoir lieu ; on espérait qu'il recevrait l'ambassade dans les formes, aussitôt après, et que les Paeta conventa seraient réglés.

L'Électeur de Saxe était à Cracovie, attendant, comme le prince de Conti à Dantzick . le résultat de cette Diète. Les bourgeois de Varsovie avaient demandé au grand-maréchal (Stanislas Lubormiski) la permission d'élever à l'Électeur de Saxe des arcs de triomphe ; il leur avait répondu de n'y mettre ni nom ni armoiries, parce qu'on ne pouvait savoir auquel des deux concurrents ils serviraient (1).

Louis XIV approuvait, en tous points, la ligne de conduite qu'avait adoptée le prince de Conti, « l'expérience ayant fait € voir, depuis la vacance du trône, que ceux qui ont distribué « de bonne heure ce qu'ils avoient d'argent, ont été aban- € donnés, aussitôt que ce moyen d'attirer les partisans a € cessé (2). »

(1) Lettre de Pabbô de Polignac au Roi, 8, 9, 12 et 16 octobre 1697. (â) Lettre du Roi à l'abbé de Polignac, S8 octobre.

Page 1