‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 99 sur 115 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

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Tous les Français qui se trouvaient à Dantzick furent arrêtés, à l'exception de ceux qui étaient au service de la reine douairière de Pologne. C'était elle qui, par ses conseils, avait fait pousser les choses à Textréme. Les Polonais, restés dans la ville, n'avaient pu donner de leurs nouvelles ; on savait seulement que le maréchal de Lithuanie était gardé dans sa maison. Quant à l'abbé dePolignac, il s'était réfugié à l'abbaye d'Oliva, pensant que c'était là un asile inviolable; il y avait fait transporter ce qu'il avait de plus précieux : ses papiers, sa vaisselle et son argent; mais, lorsqu'il eut appris que les Saxons s'étaient partagés en deux corps, dont l'un, commandé par Fleming et Galecki, devait bloquer Mariembourg, et l'autre, sous le général Brandt, se dirigeait en droite ligne sur Oliva

OEUXlàME PARTIB, CHAPITRE XXIX 237

pour enlever les Sénateurs qui s*y étaient réfugiés, il se rendit, accompagné d'un seul valet de chambre, auprès du prince de Conti, qui était toujours abord, afin de lui demander des chaloupes pour embarquer son secrétaire Baluze, ses gens et ses bagages. Pour protéger cet embarquement, Jean Bart envoya à terre, le 8, soixante soldats de marine; mais à peine débarqués ils eurent à essuyer un feu très-vif, de la part de cavaliers saxons, qui débouchèrent de tous les côtés. Les marins, après avoir répondu de leur mieux à cette attaque, n'eurent que le temps de regagner leurs chaloupes ; un des officiers de YÀlcyon reçut une balle dont il mourut la nuit suivante. Comme le craignait l'abbé de Polignac, le général Brandt, qui avait marché toute la nuit, arriva à Timproviste, le même jour, sur les cinq heures du matin, au village d'Oliva. C'étaient des cavaliers appartenant à son détachement qui avaient empêché l'embarquement des gens et des bagages. L'ambasssadeur de France, l'évéque de Kiovie, le staroste Sundiski, le comte Towinski, s'étaient réfugiés dans l'abbaye. Brandt s'empara de leurs valets et de leurs bagages et envoya une vingtaine de cavaliers à la poursuite du castellan de Calish ; les dépendances de l'abbaye furent occupées par les Saxons, qui brisèrent le carrosse de Tabbé de Polignac, prirent ses chevaux et battirent ses domestiques. La plainte adressée par l'abbé de Polignac au général Brandt resta sans réponse. Un soldat, envoyé à terre pour savoir ce qui s'y passait, n'avait point reparu. La veille, trois reitres s'étaient emparés d'un valet du prince de Conti, l'avaient dépouillé de ses vctcmonts, et, tout

nu, Favaieot attaché à un arbre, en lui disant : « Crie donc « maintenant : Vive Coniil »

Le prince de Conti, ne pouvant plus avoir aucune relation avec la terre, profita du vent pour sortir de la rade; il avait été rejoint par le comte de Towinski qui avait quitté l'abbaye déguisé en moine, et lui apprit que Brandt avait ordre de l'Électeur de Saxe de ne faire de quartier aux Polonais, non plus qu'aux Français qui étaient du parti du prince de Conti. Quant aux abbés de Polignac et de Chftteauneuf, après avoir reçu les derniers ordres du prince de Conti, ils s'embarquèrent sur VÀlcyon pour se rendre à Tile de Rugen.

La dépêche par laquelle l'abbé de Polignac annonçait à Louis XIY le mauvais résultat de son ambassade, était datée de Cablowitz, près Stettin. Le roi de France, en lui notifiant son rappel, lui écrivait, le 5 décembre 1697 :

€ Monsieur l'abbé de Polignac, j'apprends, par votre lettre « du 19 du mois dernier, que vous êtes auprès de Stettin, « lorsque j'étois persuadé que vous reveniez avec mon cousin, « le prince de Conti ; c'étoit le seul parti que vous aviez à « prendre, et il étoil aisé de juger que vous n'auriez déserte mais aucun service à me rendre dans le voisinage de la « Pologne. L'infidélité des Polonois s'est trop fait connaître « pour m'engager désormais à leur donner aucun secours « pour défendre leur liberté ; il y a lieu de croire qu'elle sera « bientôt opprimée par celui qu'ils ont appelé pour régner « sur eux ; mais je n'ai nul dessein d'entrer dans les divisions

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