‹ Négociations relatives à l'établissement de la maison de Bourbon sur le trône des Deux-Siciles (volume 2)Chapitre 20 sur 23 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Négociations pour la paix — Projet de pacification proposa par la Grande- Bretagne — Réponse des Alliés — Tentatives de TEmpereur auprès de la conr de France — Mission de M. de La Baume — Ptéliniinaires de Vienne — lettre du cardinal de Fleury au Roi de Sardaijne — L'Espagne accède aux préliminaires — Acte de cession des duchés de Panne et.de Plaisance è llmpereur et du grand duclié dç Toscane h la maison de Lorraine . — Diplôme de l'Empereur portant cession du royaume des Deox- Siciles ei des ports de Toscane an Roi Bon Carlos.

A Tépoque du traité de Turin, l'Angleterre et la Hollande s'étaient engagées à conserver la neutralité si la France voulait s*abstenir de toute entreprise contre les Pays-Bas autrichiens. Louis XV l'avait promis par la convention de La Haye , du 24 novenibrê 1733. Cependant, au printemps de Tannée suivante, l'attitude de la Grande-Bretagne inspirait des craintes au cabinet de Versailles, et on lisait dans les instructions du chevalier d'Orléans, dont nous avons retracé l'insignifiante expédition : « Vous devez aussi consi-

c dérer que dans l'incertitude où l'on est sur le parti • que les Anglais prendront^ vous pourrez être ex-

< posé, en vous rendant trop tard dans la mer Âdria-

< tique, à ne pouvoir en revenir dans la saison propre

< à la navigation des galères , et à éviter les escadres « que V Angleterre enverra vraisemblablement dans « la Méditerranée, si elle vient à se déclarer^ et qui € pourraient vous^eqfermer dans le golfe (1). > Ces inquiétudes paraissaient en partie fondées sur les démarches très-actives du comte de Kinski pour entraîner r Angleterre dans le parti de TEmpereur et sur les négociations secrètes qui se poursuivaient à La Haye, par rîntermédiaîre de M. Horace Walpole.

On sut à quoi s'en tenir quelques mois plus tard, et tonte l'Europe fut officiellement informée du résultat de& négociations loi*s de Touverturiç du parlement, en février 1735. Il ne s'agissait pas de rompre la neutralité, mais de rédiger un projet d'accommodement qui devait servir de base à une pacification générale. « Mylords et Messieurs, disait le Roi Georges, dans son discours, je fis l'ouverture de la derioière session du parlement ^ en l'informant que , comme je n'étais engagé que par mes bons offices dans les transactions qu'on déclarait être les principales causes de la présente guerre en Europe, il était nécessaire d'user d'une prudence et d'une cireenspection plus qu'ordinaires, aussi bien que de beaucoup de précaution, pour ne pas se déterminer trop précipitamment dans une conjono-

(i) Archives de lamariney dossier d'Oriéans.

ture si critiqué et si importante ; examinai* les faits allégués de part et d'mitnd, attendre les eonseite des puissances qui sont le plus immédiatement intéressées dans les conséquences de la guerre, et particuiièraTieut concerter avec les Etats Généraux des Provinces-^ Unies, qui ont les mêmes engagements que moi, les mesures qui seraient jugées les plus propres pour notre conunune sûreté et pour le rétablissement de la paix en Europe.

< Nous ayons agi dans cette grande affaire avec la confiance mutuelle qui règne entre moi et cette répu- Mique ; et après avoir considéré conjointement , d*un côté, les pressantes demandes faites tant ici qu'en Hollande pour obtenir des secours contre les puissances en guerre avec TEmpereur , et , d'un autre côté , les assurances réitérées données par les alliés de leur i^n* cère disposition à mettre fin aux présents ti'oubîes sous des conditions honorables et solides^ j'ai concouru à la résolution prise par les Ëtats-Généraux d'employer, sans perte de temps , nos jointes et sérieuses ins* tances pour amener les choses à un pi*ompt et heur» reux accommodement , avant d'en venir à nous déterminer sur les secours demandés par l'Empereur. Ces instônees A'ont p(^s d'abor4 prodqitj de la part des parties belligérantes, des réponses assez claires pour nous mettre en état d'exécuter immédiatement âos désirs impartiaux et sineeres« Résolus cependant de poursuivre tin si grand et salutaire ouvrage, e^ empocher que nos sujets ne fussent, sans absolue nécessité, engagés dans la guerre, nous avons renouvelé

Toffre de nos bons offices d'une manière si efficace que nouS'Cn ayons obtenu Taccleptation.

€ En conséquence de cette acceptation, on n'a pas perdu de temps à prendre les mesures qui seraient les plus propres à faire le meilleur usage de leurs bonnes dispositions pour rétablir la tranquillité de l'Europe ; et j'ai la satisfaction de vous infonner que les choses sont à présent si avancées que j'espère qu'en peu de temps on soumettra à toutes les puissances engagées dans la présente guerre un plan qui servira de base à une négociation générale et dans lequel l'honneur et l'intérêt de toutes les parties ont été consultés autant que la circonstance des temps et la situation des affaires pouvaient le permettre,

« Je ne prétends point répondre du succès d'une négociation où il y a tant de différents intérêts à considérer et à concilier. .. Mais il eût été inexcusable de négliger une œuvre si importante, qui peut conduire à d'heureux résultats, sans nous apporter aucun pré* judice, à moins que nous ne nous laisi^ions abuser par des espérances qui, venant à manquer dans la suite, pourraient nous laisser exposés à des dangers réels. > {La Clef du cabinet, année 1755,)

Le plan de pacification dont il éta^t question dans la harangue de S. Um Britannique ne tarda pas à être communiqué aux puissances intéressées. On le reçut à la cour de France, le 2 mars 1755, par un courrier dépê<^é de La Haye. Il fut remis à Londres au comte de Kinski par le ministre des affaires étrangères, et à La Haye au comte d'Uehlfeld par les députés de LL^ HU*

PP. Voici ce document, dout nous abrégeons seulement la première partie, exclusivement relative aux affaires de Pologne.

Pr«Jet de paelllealloni pr«p«0é par 0. M^ le Bel de le Clrende- Kretacne e( Iil<. HH. PP. les dépaCée des Eiete-CtéBéreiix

dee Prevlneee - Unies , eux pulssenees eiii^egées dans le

Les événements de la guerre dont la France a dès le

commencement porté le poids principal en Italie , ayant fait tomber enire les mains de la France et de ses alliés les principaux États que l'Empereur possédait dans ce pays avant la guerre, conformément aux derniers traités de paix, l'Empereur, animé d'un désir sincère de proposer à l'Europe une paix stable et solide , cédera à l'Infant Don Carlos les royaumes de Naples et de Sicile; comme aussi il cédera au Roi de Sardaigne Tortone et le Tortonais , Novarre et le Novarrais , et le Vigevanesque, pour être détachés du duché de Milan et faire h l'avenir corps avec le Piémont , avec pouvoir au Roi de Sardaigne de fortifier lesdites places, aussi bien que toutes les autres frontières qu'il jugera nécessaires pour la défense de ses Eltats; bien entendu, et à la condition expresse que la France et ses alliés restitueront de bonne foi tout ce qu'ils ont pris d'ailleurs à l'Empereur et à l'Empire pendant la présente guerre , et que l'Infant Don Carlos de son côté cédera à l'Empereur tous ses droits sur la Toscane et les duchés de Parme et de Plaisance , pour être possédés par l'Empereur en pleine propriété, à l'exception notamment de la ville de Livourne, laquelle, pour la liberté du commerce, sera déclarée ville et port libres et indépendant de tout autre souverain que de ses propres magistrats. Et par-dessus cela , l'Infant Don Carlos s'engagera en qualité àa Roi de Naples et de Sicile, que le commerce des sujets de

S. M. et de LL. HH. PP. y sera ineessamment rétabli et maintenu à tous égards sur le pied cpi'il était du vivant de Charles U, Roi d'Espagne, de glorieuse mémoire, fit d'autant que l'Empereur ne pourra pas prendre possession de la Toscane ni en tirer des revenus du vivant du Grand Duc , et qu'en atteo4anl rinfant Don Carlos jouira des royaumes de Naples etdeSicile> on conviendra dans la négociation d'un dédommagement en argent en faveur de l'Empereur, durant la vie du Grand Duc.

Cœnme la conservation de l'équilibre des puissances dont dépend le repos de toute l'Europe , demdnde absolument l'indivisibilité de tous les Etats de la maison d'Autricbe , la France, aninàée du même désir que l'Empereur de procurer à l'Europe une paix stable et solide , garantira la Pragmatique sanction de l'année 4713^ de la même manière que d'autres puissances Tont déjà garantie, et par conséquent cette garantie ne regardera que les Etats que l'Empereur possède actuellement et qu'il possédera conformément à ce plan d'accommodement , sans y comprendre ceux sur lesquels lui ou ses successeurs pourraient avoir des prétentions, ou qu'ils pourraient acquérir par succession , mariage ou autrement. Puisque l'Espagne a déjà garanti ladite Pragmatique-sanction , elle ne fera point de difficulté de renouveler à cette occasion sa garantie , et l'on doit s'attendre que le Roi de Sardaigne n'en fera pas non plus de suivre l'exemple de ses alliés.

Ce serait faire tort à la pénétration des puissances engagées dans la guerre , si S, M. Britannique etLL. HH. PP. pensaient être obligées à détailler les raisons qui doivent , à leur avis « porter lesdites puissances à accepter ledit plan , ou du moins à le regarder comme la base sur laquelle on peut d'abord entra* en négociation touchant un accommodement.

C'est aux puissances auxquelles le susdit plan sera présenté qu'il appartient d'en juger, sans que S. M. Britannique et LL.

HH. PP. prétendent les prévemr en sa faveur autrement qu*eo les priant d'en combiner les divers membres et de <H)aq[Murer le tout avec YéUi présent des <;bases ; bien persuadées que. quiconque voudra se donner cette peine, n'en aura point d'avouer qu'il n'y a qu'un désir sincère de concilier les (tifférends et de precurer par là une paix durable à l'Europe , conduit par une impartiitlité parfaite^ qui l'ait djclé.

S. M. Britannique et LL. HH. PP. ne peuvent nullement douter que ce plan ne rencontre partout un accueil favorable et que la réponse dés puissances auxquelles il sera présenté de leur part ne soit aussi prompte , aussi claire et positive que la circonstance du temps le demande , et qu'elle n'autorise S. M. Britannique et LL. HH. PP. à faire une nouvelle dèmardie vert une pacification générale, en proposant la métboda la plus courte de travailler à un traité forpael dans loque) tous les àlU férends soient aplanis et finalement ajustés.

Hais quoi qu'il arrive, S. M. Britannique et LL. HH. PP* auront du moins la consolation que ce plan servira pour le temps à venir de monument de leur sincère désir de procurer la paix à l'Europe, et que ceu^^ qui refuseront d'y donner les niains seront seifls responsables de tous les malbeurs qui pourraient arriver par suite de la continuation de la guerre. Rien, au reste, n'^t plus capable, de Faveu de tout le monde, de recider la pacification, qu*en faisant naître de nouveaux obstacles^ et par conséquent rien n'est plus opposé au but de S. M. Britannique et de LL. HH. PP., en proposant ce projet d'accommodement aux parties belligérantes, que la continuation des hostilités; et e*est aussi parces considérations cpi'elles se jugent indispensablemept obligées à proposer avant toute cbose aux parties belligérants m arinistice pour tQut le tan^s de la négociation, et de* leur recommander, avec tout l'empressement dont elles sont capables, d'y consentir chacune de son côté sans perte de temps,

le printemps, et par conséquent la saison de mettre les armées en campagne, s*approcbant à grands pas.

(Hist. de la dem. guerre^ ^ //, p. 438 et suiv.)

La réponse de la cour de Vienne fut à peu près conforme aux vœux exprimés dans le projet des puissances maritimes. MM. d'Uehlfeld et de Kinski leur notifièrent, en substance, que bien que S. M. Impériale ne pût dissimuler son étonnement au sujet des grands avantages stipulés en faveur de ses ennemis, cependant, pour témoigner de son entier désintéressement aussi bien que de sa déférence aux intentions conciliatrices de S. M. Britannique de LL. HH. PP. des Etats-Généraux, elle était disposée à accepter le projet comme base d^un accommodement; S. M. Impériale ne refuserait pas de souscrire à l'armistice quand elle saurait le sentiment de la cour d'Espagne et dès que la France voudrait consentir à retirer ses troupes des terres de l'Empire ; au reste, et si le plan des médiateurs n^était pas agréé des trois cours alliées, l'Empereur espérait que les puissances maritimes, satisfaites de son excessive modération, ne différeraient plus à lui donner les secours qu'il ne cessait de réclamer en vertu dçs traités.

Nous avons déjà cité quelques-unes des notes de la Chancellerie de Vienne ; on peut remarquer qu'elles sont toutes rédigées sur le même modèle, et, il faut le dire, avec la môme habileté. En 1755, comme enl732, lors des conférences de Londres, le but de l'Empereur était d'obtenir Tinter venlion de la Grande-Bretagne:

non qu'il ne désirât là paix, mais parce qu'il savait très-bien que les alliés n'y souscriraient pas. Et comment l'espérer quand l'arrivée do M, de Montemar dans la Toscane allait augmenter leurs forces de près d'un tiers? Gomment espérer en particulier que l'Espagne et la Sardaigne consentiraient, l'une à évacuer la plus grande partie du Milanais, l'objet constant de son ambition ; l'autre, à céder ces duchés qui lui avaient coûté tant de peines et die négociations ? Or, si les alliés refusaient de se soumettre au projet des médiateurs, il en résultait deux choses, également favorables aux intérêts de la cour de Vienne : la première, qu'après avoir été la cause réelle de la guerre, elle renversait les rôles, en rejetant sur ses ennemis la responsabilité des événements; la seconde, que, la question ainsi posée et sa modération bien établie, elle avait toutes chances d'obtenir enfin l'intervention des puissances maritimes.

Les alliés répondirent effectivement que, toujours disposés à concourir h une paix prompte , durable et solide, ils regrettaient de ne pas trouver dans le plan qui leur avait été communiqué des propositions plus propres à y parvenir ; ce plan ne stipulait aucune satisfaction pour la France, relativement aux affaires de Pologne, ni rien qui limitât l'excessif pouvoir de la maison d'Autriche. Au cas où la guerre viendrait h se prolonger contre les vœux très-sincères des trois couronnes, l'Europe connaissait assez l'histoire des dernières années pour rejeter sur qui de droit la responsabilité des malheurs qui pourraient survenir. Les alliés

— acte —

Youlaîeût se persuader, d'ailleurs , qu^ls n'auraient qu'à se louer de leur confiance dans les auteurs du projet^ et que ces derniers s'enqirei^raient de travafllw à un bot l dé^rable par des moyens pratieables^ eon* formes à l'honneur et aox intérêts des puissances bel« ligérMtes aussi bien qu'mi Téritable éqmlibre de l'Europe. On ne pouvait s'empêcher d'avouer quë^ pour y parvenir, rieu ne serait plus convenaUe que de faire usage d^une supension d^amies, k laquelle les pitiés étaient d'autant plus disposés que leur dessein n'était pas d'abuser des suecè» qu'ils arvaient obtenus et de ceux qu'ils pourraient obtenir encore. Si cette mesore était jugée capable d'accélérer la paix , les alliés ne seraient pas éloignés de doo^ ner à l'Europe cette nouvelle preuve de leur bon* ne volonté , dès que Ton aurait déterminé d'un commun accord les conditions de l'amûstiee.

En d'autres termes, on rejetait le projet d'acoom*» modeiuent^ La campagne de 1755 commença sur ces entre&ites. Nous en avons esquissé les phases principales , les rapides succès ^ bientôt arrétéa par la mésintelligence des cours d'Eqmgne et de Sardaigne, ou plutôt par la politique (héréditaire de la maison de Savoie , qui ne voulait à aucun prix chasser complètement les Impériaux de Tltalie. Politiqiie fort habile, qu'ette suivit constamment avec une invariaUe fidélité, mais dont die allait être ht première yie** time.

Dans les premiers jours du mois d'août, après les conférences de Marmir(do, où le Roi de Sarda^ne

avait formellement refusé Tartilierie nécessaire au siège de Mantoue, l'Empereur y découragé par les re* vers de la campagne^^fit sond^ la cour de Versailles* offrant de se prêter aux ouvertures qu'on pourrait faire pour arriver à une conciliation. Ses offres ftirent acceptées d'autant plus volontiers par le cardinal de Fleury qu'une rupture entre les alliés paraissait à peu près inévitable, et que les puissances maritimes, sans se dessiner encore bien nettement , continuaient cependant à loi inspirer quelques inquiétudes. Ainsi, eu Hollande, on parlait d'une augmentation de troupes et d'une promotion d'officiers généraux , ce qui pouvait obliger la France à affaiblir ses armées d'Allemagne et de Lombardie , pour former un corps d'observation sur la frontière des Pays-Bas. Le Cardinal dépêcha donc à Vienne, dans le plus grand secret , un homme de confiance, M. de La Baume, arec mission de sonder le terrain. Cet agent n'avait pas de pouvoirs pour traiter ; il ne les reçut que le 20 septen^re, après avoir informé son gouvernement que , d'après ce qu'il avait vu, l'Empereur désirait sincèrement la paix , et qu'il ne s'éloignait pas de ce qu^on pouvait raisonnablement demander.

Les premières conférences n'amenèrent d'abord aucun résultat. M. de La Baume allait même quitter Vienne, et ses chevaux étaient, déjà attelé» dans la cour de son hôtel, quand les ministres impériaux se décidèrent à transiger sur différents points essentiels. En conséquence, le 2 octobre^ on signa de part et d'autre un traité de préliminaires $ub sperati^ à titre

de projet seulement, et qui n'engageait personne. La France crut devoir le ratifier , bien que la Sardaigne et FEspagne y fussent foil; maltraitées ; mais les circonstances ne laissaient pas te choix. En voici les principaux articles, tels que M. d'Angervilliers les expédiait au maréchal de Noailles , dans sa dépêche du 9 novembre 1735.

Articles prélimliiAtres de 1* p«tx.

Le Roi, beau-père de S. M. t,-C., qui abdiquera, sera reconnu et conservera les lilres de Roi de Pologne et de grandduc de Lithuanie, les provinces et villes de la Pologne seront maintenues et garanlies dans leurs droits, libertés, honneurs et privilèges des constitutions des Polonais, et particulièrement de la plus libre élection de leurs Rois .

Le Roi, beau-père de S. M. sera en possession du duché de Bar^ après la mort du grand-duc ; il sera encore mis en possession du duché de Lorraine pour jouir des deux duchés sa vie durant, lesquels, après sa mort, seront réunis en pleine souveraineté et à toujours à la couronne de France.

Le roi Auguste sera reconnu roi de Pologne et grand-duc de Lithuanie.

Le grand duché de Toscane, après la mort des présents possesseurs, appartiendra à la râaison de Lorraine.

Les royaumes de Naples et de Sicile , avec les places de Toscane , appartiendront au prince qui en est actuellement en possession.

Le Roi de Sardaigne possédera , à son choix , ou le Novar^ rais et le Yigevanesque, ou le Novarrais ^t le Torlonais , ou

le Tartonais et le Vigev(mesque. 11 aura de plus la supériorité territoriale des terres de Laogbes(jic), conformément à la liste produite par Je commandeur de Solar en f732, avec les quatre terres de S. Fedele, Tqrre di Forte, Gravedo et Campo- Haggiore ; il lui sera libre de fortifier telles places qu'il jugera à propos dans les pays acquis ou cédés.

On rendra à S. M. I. les autres Etats qu'elle possédait en Italie avant la présente guerre ; en outre lui seront cédés les duchés de Parme et de Plaisance, comme aussi seront restituées à S. M. I. et à TEmpire toutes les conquêtes faites sur l'un ou sur l'autre.

S. M. T. C. garantira la Pragmatique-sanction.

(Archives du dépôt de la guerre, 281 8, 34 bis.) . •- ^

Ainsi, non* seulement la France traitait à Vienne

sans le concours de ses alliés, mais encore elle enlevait à la Sardaigne la plus grande partie du Milanais, et à FEspagne le Mantouan, Parme, Plaisance et le grand duché de Toscane, destiné à dédommager la maison de Lorraine. Si impérieuses que fussent les conjonctures qui Ty avaient fatalement condamnée , sa position Yis-à-vis des alliés n*en était pas moins extrêmement délicate, et il est facile de comprendre Fembarras du cardinal de Fleury , obligé de leur apprendre presqu'en môme temps Texisteuce d'une négociation particulière entre la France et P Autriche, la signature dos préliminaires de Vienne , et les conditions du traité , toutes choses qu'ils pouvaient considérer comme manifestement contraires aux stipulations de Tlirîn et derEscurial; On ne lira donc pas sans ^elque intérêt les trois lettres suivantei?, adressées par le prè-

mier ministre au roi de Sardaîgne, trois chefs-d^œuvre de tact, de finesse et de diplomatie.

La première est datée du 27 octobre , vingt-cinq jours après la signature du traité.

m. E. le CArdUial de Flenry li 0. M. le Bol dç Sardalsne*

87 octobre 1733.

Sire,

Les affaires générales se trouvent dans un moment de crise qui demande que j'ouvre mon cœur sans réserve à Votre Majesté, au nom du Roi son neveu, sur la situation présente où nous nous trouvons , et dont il y a longtemps que les circonstances nous occupent.

Si les dispositions générales de l'Europe et une parfaite union entre les trois couronnes eussent répondu au succès doiit Dieu a (avorisé nos armes jusqu'à présent , nous aurions tout lieu d'en espérer les fruits que nous nous en étions promis , et dé fixer les conditions de la paix aux mêmes born^ et à la même étendue que nos conquêtes.

La Providence a permis que depuis la déclaration de la guerre, l'Empereur n'a pu trouver dés alliés nouveaux qui crussent devoir partager l'injustice dé sa cause. Mais nous ne voyons que trop que les principales puissances qui sont demeurées neutres jusqu'à cette beure, ont conçûmes le commencement de nos succès de grandes alarmes des pertes qu'a souffertes l'Empereur , aussi bien que des vastes projets qu'elles supposaient ou faisaient semblant de nous attribuer en commun.

L'espérance de procurer la paix a seule suspendu les effets de cette jalousie déclarée , et nous avons vu même qu'elle s'est fortifiée à mesure que notre juste refus d'accepter le plan de paix

qu*OD nous avait présenté a paru augmenter leur inquiétude. Kous n'en avons p^^ été moins fermes dans nos principes, et nous avons continué nos efforts de concert pour tâcber de rendre impuissantes , si nous ne 'pouvions les guérir , des alarmes dont nous apercevions de plus en plus Faccroisse* ment

La campagne s'est ouverte, et Votre Majesté s'y est trouvée en personne avec une valeur et une capacité qui la rendent aussi recommandable dans les siècles à venir qu'elle Pest déjà aux yeux de ceux qui en ont été les témoins et de toute l'Europe.

Hais la prudence oblige à prévoir tes obstacles que l'on peut avoir à combattre , et doit conduire à des résolutions sages et solides , et par là plus glorieuses souvent que celles qui offrent un éclat plus apparent.

Nous ne pouvons nous .tromper, Sire , sur la situation

présente des affaires. Nos succès en Italie ne peuvent guère £tre portés plus loin ; et cependant, tant que la guerre durera , ils demandent, pour être sotitenus et conservés, les efforts et les mêmes dépenses qui ont été nécessaires pour y parvenir, et nous taisons aujourd'hui l'expérience que l'Empereur, avec des forces médiocres , dans les gorges du Tyrol et du Trentin , nous oblige à tenir vis-à-vis de lui des forces infiniment supérieures.

Nous ne devons pas nous flatter , Sire , que l'Angleterre et la Hollande veuillent et puissent continuer d'être spectatrices deâ événements présents. Nous voyons leur tranquiMité s'ébranler tous les jours davantage et céder à des inquiétudes qui nous en feraient sans doute des ennemis très-dangereux en nous obligeant de partager des forces déjà à peine suffisantes pour tous les pays oii elles sont employées. Ces puissances ne s'expliquent déjà que trop clairement sur l'intérêt qu'elles ont de ne pas voir TEmpereur chassé absolument de l'Italie , et sans examiner si

c*Gstun intérêt bien entendu ou non. Il est très vrai et très réel tfuon parle en Hollande , quoique assez bien disposée par elle-même, comme d'une chose assurée, d'une promotion d*officiers*généraux et d'une augmentation de troupes , et il n'est que trop vraisemblable que ces motifs ou vrais ou supposés porteront cette république et l'Angleterre à des résolutions favoi^bles à l'Empereur.

La cour de Vienne est trop connue pour ne pas savoir combien les moindres avantages augmenteraient sa hauteur et son inflexibilité pour la paix , et bientôt il ne se trouverait plus aucune proportion entre ce qu'elle accorderai^t aujourd'hui et ce qu'eHe croirait pouvoir refuser , si elle se voyait soutenue de ces deux puissances, qui en entraîneraient peut-être d'autres aussi.

Je n'ai pas besoin de remettre sous les yeux de Votre Msgesté l'état actuel des affaires de Pologne, pour lesquelles nous avons pris les armes ; mais je ne craindrai pas de lui avouer que malgré nos succès il est presque impossible que le Roi ne se trou/oe forcé à sacrifier les justes droits du Roi son père sur cette couronne, et , en ce cas , de préférer le désir de procurer des conditions plus avantageuses pour nos alliés, à la gloire de mettre le Roi son beau-père sur le trône.

Sa Majesté est persuadée qu'elle perpétuerait la guerre, si elle insistait surcetarticle, quoique inGniment cher; et connaissant la fidélité de Votre Majesté, elle se flatte qu'elle rC abandonnerait pas le Roi son neveu dans une affaire si intéressante pour lui; mais elle se ferait enméme temps un juste scrih pule d'exiger de Votre Majesté un parti qui lui deviendrait trop onéreux par sa durée et trop dangereux par le moindre revers de fortune ; et, après avoir mis son honneur à couvert dans cette fâcheuse affaire, elle tourne toutes ses vues vers ce qui pourra procurer une paix satisfaisante à Votre Majesté. Le Roi ne peut lui donner une marque plus grande de sa confiance

que de lui avouer que c'est le seul plan propre à lui éviter les embarras que pourraient occasionner des vues trop étendues, et que Votre Majesté elle-même a toujours paru craindre. Elles ne doivent pas faire un des moindres objets de nos réflexions communes, surtout dans un moment où nous voyons FEspagne, sans aucun concert, prendre des partis dont nous ne pouvons envisager que de tristes et funestes suites, si nous ne nous hâtons pas de les prévenir.

Non*seulement ces partis exposent nos troupes respectives « mais ils doivent encore nous faire envisager que tout est à crain»dre 'de la part d'une puissance qui se gouverne par de sembia^bles principes. C'est pour en prévenir les inconvénients que nous avons souventdemandéàVotre Majesté des complaisances pour la cour de Madrid., dont la demande a paru nous faire soupçonner de partialité pour cette couronne.

Votre Majesté était en droit d'exiger son accession en faveur de la reconnaissance qu'elle faisait du Roi des Deux-Siciles et de toute l'utilité dont elle lui avait été pour la conquête de ces deux royaumes; mais elle voit combien peu nous devons comp* ter sur une puissance que ses propres intérêts ne peuvent ni ramener, ni contenir dans des bornes raisonnables. Ce sont toutes ces considérations qui ont engagé le Roi à entrer enfin dans les différentes ouvertures de paix qui lui ont été faites de la part de l'Empereur, et d'écouter tout nouvellement ses propositions. Le Roi a cru devoir rendre Votre Majesté la [Mremière dépositaire de cet important secret, que son amitié

et sa fidélité exigent de lui confier

Quand nous rejetâmes le partage que le plan du mois de février dernier offrait à Votre Majesté, nous sentîmes qu'il ne pouvait pas lui convenir, même dans le cas où elle consentirait à mettre des bornes à ce que nos engagements et le succès de nos armes devaient naturellement lui faire espérer, et pour Texécu-

trouvât forcé à sacrifier les justes droits du Roi son beau-père. Sa Majesté pouvait insister, sur ce points et elle connaissait assez ia fidélité du Roi de Sardaigne pour être persuadée qu^il ne l^ abandonnerait point dans une conjoncture si importante ; cependant , elle voulait bien ne pas exiger de son auguste allié un parti qui lui deviendrait trop onéreux^ son but étant d'éviter les embarras que pourraient occasionner des vues trop étendues, e/ ^c S. M. elle-même avait toujours paru craindre. Quant à TËspagne, on rej^ tait sur elle tous les malheurs de la campagne. Après tout i il fallait bien les rejeter sur quelqu'un, et d'ailleurs, par un jeu de bascule assez ordinaire en pa* reille circonstance, la Sardaigne n'était pas beaucoup plus ménagée dans la correspondance du cardinal avec là cour d'Espagne.

Les deux autres lettres, datées des 5 et 8 novembre 1755, contenaient le précis des négociations.

s. E. !• cardinal de Flenry h B. M. le Bel de 0«rdalsiie.

Fontainebleau, 5 novembre 1735.

Dans la lettre que j'ai eu Thonneur d'écrire à Votre Majesté le 27 du mois dernier, je n'ai touché que les raisons générales qui avaient obli^ le Roi à entrer dans tes ouvertures de paix que l'Empereur lui avait fait faire. Mais comme noi^s attendions un courrier de Vienne , je voulais différer jusqu'à son retour avant d'exposer à Votre Majesté tout ce qui s'est passé sur cette affaire.... Je vais avoir l'honneur de le lui faire en abrégé» en lui exposantl'état de toutes chosesavectoutela sincérité possibte....

Dès le mois d'août dernier, TËmpereur fit sonder le Roi par trois endroits différents i s'il serait disposé à se prêter aux ouvertures qu*on pourrait lui faire pour, parvenir à une conciliation i et les deux premières personnes qui s'en mêlèrent ne donnant pas des sûretés suffisantes pour compter sur leur solidité, une troisiènae fit connaître par des mémoires venant de la cour devienne qu'elle pensait sérieusement à moyenner une sincère union avec le Roi.

Les assurances en étaient si positives que S. M. ne crut pas devoir s'y refuser; et après avoir examiné les différentes voies qu'on lui proposait pour en conférer, elle crut que la plus courte était d'envoyer secrètement un homme de confiance à Vienne, simplement pour écouter les propositions qu'on aurait à lui faire et sans lui donner des pouvoirs pour traiter. Cette personne y arriva vers la fin du mois d'août et me manda qu'elle ne doutait en aucune façon du monde du véritable désir que l'Empereur avait de la paix , et qu'on lui en avait assez dit pour assurer que ce prince ne s'éloignerait pas de ce que nous pouvions raisonnablement demander.

S. U. consentit donc à envoyer au sieur de La Raume des pouvoirs qu'il reçut vers le 20 septembre, et le reste du mois se passa en conférences assez vives de part et d'autre, mais infructueuses , en sorte que le sieur de La Raume demanda ses passeports pour revenir en France , suivant l'ordre que je lui avais donné de partir en cas qu'il n'eût pas obtenu les conditions que le Roi exigeait pour les pouvoir signer.

En conséquence, le \^^ octobre , il prit congé des ministres qu'on lui avait donnés pour conférer, et un d'eux l#voyant résolu à partir, les chevaux de poste étant déjà à la porte, lui témoigna les regrets qu'il en avait, et lui proposa d'entrer de nouveau en conférences; il ne crut pas devoir le refuser, et, après bien des débats de part et d'autre, les ministres impériaux se rap-

prochèrent, mais non pourtant au point que le Roi demandait.

On demanda une seconde conférence pour le lendemain , et notre député se laissa enfin persuader de signer sub sperati, et avec Faveu des ministres impériaux que le Roi n'était engagé à rien de son côté. Il nous envoya un courrier pour nous envoyer ces conditions préliminaires , différant en deux articles de ceux qu'on lui avait prescrits.

Quand S. M. les reçut, elle en fut d'abord mécontente et crut devoir les refuser ; elle m'ordonna même d'écrire à l'Empereur les raisons qui l'empêchaient de les ratifier, ce que j'exécutai î mais dans cet intervalle M.deYaulgrenant nous apprit l'étrange résolution du Roi Catholique de séparer totalement ses troupes des ïiôtres, de les envoyer dans les Etats du Roi son fils (4), et de refuser absolument l'accession qu'on lui demandait depuis si longtemps. Tout cela était accompagné de circonstances si extraordinaires qu'il est presque impossible qu'il n'en résulte une dissolution entière de notre alliance et qu'elle n'éclate bientôt dans toute l'Europe.

Les ministres impériaux en touchèrent déjà quelque chose à M. de La Raume et lui parlèrent comme ne doutant point que, connaissant comme ils font le caractère de l'Espagne, cette mésintelligence ne finisse par une rupture; et il s'aperçut que cette idée avait déjà fait impression sur leur esprit ; il les trouva plus difficiles, et ils se dédirent d'un article que le sieur de La Raume prétend qu'ils avaient passé.

..... Nous nous voyons donc à la veille d'une division déclarée entre le Roi catholique et Votre Majesté, et toutes ces consi-

(4) Le cardinal insiste particulièrement sur ce fait et y revient à diverses reprises. Il est très possible que TEspagne eût effectivement donné ordre de ramener ses troupes dans le royaume de Naples. Nous devons ajouter cependant que nous n*en avons pas trouvé trace dans la correspondance du maréchal de Noailles.

dérations jointes au parti que prend l'Empereur d'envoyer dans les Pays-Bas un coi*ps considérable de troupes , qui nous obKgéra, si la guerre dure , à envoyer aussi une armée de notre côté et à faire même une augmentation de nos forces , tout cela, dis-je , a fait sentir au Roi qu'il était temps de fixer la cour de Vienne par des enpgements qu'elle ne pût plus rompre, de peur qu'étant instruite comme die le sera sans doute de la mésintelligence entre les alliés, elle n'en devint plus hautaine dans f espérance de profiter de cette division et d'obtenir des conditions plus avantageuses.

Ces réflexions sont si solides et si réelles , que je suis persuadé que Votre Majesté elle-même eût été la première à conseiller au Roi son neveu d'entrer dans un accommodement quj ne pourrait dans les suites que devenir plus difficile. C'est en conséquence que Sa Majesté fit partir un homme de confiance le S7 du mois dernier pour Vienne, afin de moyenner, s'il était possible, des articles plus favorables pour Votre Majesté, et s'il ne pouvait y réussir d'accepter ceux qui avaient été proposés et réglés entre M. de La Baume et les ministres impériaux. Dès que nous en aurons des nouvelles , Votre Majesté en sera la première instruite, et j'ai cru en attendant ne devoir point lui dissimuler tout ce qui se passe.

Le Roi m'ordonne d'assurer Votre Majesté que ses intérêts ne lui sont pas moins chers que les siens proprés, et il connaît parfaitement que son honneui*, sa gloire et plus encore sa tendre amitié pour Votre Majesté l'engagent à soutenir et k augmenter même par tous les moyens qui seront possibles le lustre et la splendeur de votre couronne.

Qu'il me soit permis , Sire, après des assurances si respectables , d'y joindre les miennes particulières du dévouement sans bornes et du profond respect avec lequel je suis , etc.

p. S. La justice de Votre Majesté et celle qu'elle rend aux sen-

timents du ^Roi son neveu m'est trop connue pour craindre qu'elle pense que nous ayons songé à lui faire la loi en traitant sans son aveu son accommodement particulier. Si elle pouvait avoir sur cela le plus léger soupçon, je serais inconsolablei puisque rien n'est plus éloigné des sentiments du Roi ; mais ^ nous voyant contraints par des circonstances malheureuses à entrer en négociation , c'eût été sacrifier Votre Majesté si nous n'eussions pas en même temps stipulé^ sous son bon plaisir, les conditions les plus avantageuses que la circonstance du

temps permettait de lui procurer.

, Le cardinal de Fleury.

A Issy, le 8L novembre 1735.

Je ne fais qu'exécuter les ordres duRoi mon maître en faisant part àVotre Majesté de tout ce qui a rapport à notre négociation avec la cour de Vienne, et qui par conséquent l'intéresse particulièrement. L'Empereur m'avait fait dire qu'avant de consommer le traité dont il était question entre nous , on pourrait, pour empêcher l'effusion du sang chrétien et écarter les événements heureux ou malheureux qui influeraient sans doute sur le succès de notre négociation , écrire de part et d*autre aux généraux des armées respectives de faire cesser les hostilités jusqu'à ce qu'on sût positivement à quoi s'en tenir sur une pacification , et qu'il allait par avance notifier aux siens d'exécuter cet ordre, dès le moment que ceux du Roi l'auraient exécuté de leur côté.

C'est en conséquence de cet avis que M. le maréchal de Coigny écrivit il y a dix ou douze jours à M. le comte de Seckendorff dans cet esprit , lequel répondit qu'il était soumis à M. le duc de Wurtemberg , et que ce serait à lui apparemment à qui les ordres auraient été adressés. Cela s est trouvé véritable, et

M. de Wurtemberg Ta fait savoir en même temps à M. de Quadt , lieutenantrgéDéral qui commande à Spire.

Je ne m'étends point , Sire , dans un plus long détail , pour ne point fatiguer Votre Majesté, et M. le marquis de Senecterre aura l'honneur de s'expliquer avec elle plus au long. J'écris la même chose à H. le maréchal de Noailles, et je lui mande de concerter avec Votre Majesté ce qu'il écrira au général impérial qui est dans le Trentin dès que Votre Majesté l'aura approuvé.

Je sens avec la plus vive douleur que Votre Majesté aura

quelque raison de se plaindre que nous lui ayons fait mystère de tout ce qui s'est passé à Vienne!; mais je la supplie de vouloir bien considérer la situation où nous nous trouvons. L'Empereur demandait à finir au plus tôt, et si nous eussions voulu différer pour communiquer tout à Votre Majesté, nous voyons le scandale prêt à éclater d'une division déclarée entre elle et la cour d'Espagne. Je ne lui dissimulerai même pas que les quartiers d'hiver et la subsistance de nos troupes étaient encore si éloignés d'être réglés entre nos deux armées , que nous étions infiniment inquiets sur la façon dont oh pourrait les faire subsister. V. M.

est remplie d'équité et de lumières et je suis persuadé

qu'elle reconnaîtra elle-même la nécessité indispensable où nous étions de finir. Nous attendons avec impatience des nouvelles de Vienne, et Votre Majesté en sera d'abord instruite. ,, Je suis avec un profond respect , etc.

Le cardinal de Fleury.

Si nous reproduisons ici ces quelques fragments de la correspondance du Cardinal, c'est qu'ils sont d'abord entièrement inédits , et que , d'autre part , ils donnent une très-juste idée et de l'état des négociations, et de la position de la France vis-à-vis des alliés.

A part les artifices oratoires nécessaires pour préparer la cour de Turin au sacrifice d'une paii;ie de ses eq[)érances, on ne saurait refuser au langage du cabinet de Versailles beaucoup de logique^ de force et de raisonnement. Avec la rivalité qui divisait alors les alliés» il était aussi impossible de continuer la guerre qu'or* gent de profiter des bonnes dispositions de rEmpereur. Nous ne craignons pas de le dire , la France eût fait une grande faute, en s'en tenant strictement à la lettre des traités de Turin et et de l'Escurial ; elle agit très-sagement en n'en tenant pas compte. En politique, il est toujours très-louable de remplir ses engage* ments; mais il est souvent telles circonstances qui imposent aux gouvernements les plus scrupuleux la pénible nécessité d'y manquer dans une certaine mesure. Or, au point où en étaient venues les choses , une négociation générale était impossible ; une négociation particulière pouvait seule prévenir de grands malheurs. C'est ce que la France avait conoh pris ; ce Ait moins une défection , qu'une médiation improvisée ; elle s'entremettait franchement à Vienne en faveur des intérêts des deux cours, non sans quelque succès, en définitive , puisqu'elle venait d'obtenir pour le Roi de Sardaigne une partie du MUanais et pour l'Espagne la conservation des Deux Siciles.

Il est vrai que l'Espagne perdait d'autre part le grand duché de Toscane, le Parmesan, le Plaisantin et le Mantouan ; nous disons l'Espagne, parce que le nouveau Roi des Deux Siciles n'avait pas encore de politique à lui ; toutes leà affaires diplomatiques se traitaient à

Madrid; et d'ailleurs, ainsi qu'on l'a dit, les duchés ne devaient pas être réunis à la couronne de Naples, mais former un établissement séparé pour l'Infant D. Philippe, frère puîné de D. Carlos. Cet établissement, objet de Tambition maternelle delà Reine Elisabeth^il iaUait y renoncer , et cela après des succès qui semblaient promettre les plus féconds résultats. La cour de Madrid se montra fière dans sa colère ; pendant douze jours, H. de Yaulgrenant, l'ambassadeur de France, ne put avoir audience du Roi Catholique , ni de la Reine son épouse. Ce fut avec beaucoup de peine qu'il obtint une conférence du ministre des affaires étrangères.

En même temps, à Londres, l'ambassadeur d'Espagne protestait hautement contre tout ce qui avait été réglé à Vienne , surtout contre les articles qui enlevaient au Roi des Deux Siciles les duchés de Toscane , de Parme et de Plaisance , garantis par la Grande-Bretagne, aux termes des traités de la Quadruple Alliance et de Se ville, t Qu'était-ce que la c convention de Vienne? Une spoliation manifeste, « par laquelle on disposait des biens d'une famille € royale comme d'un bien propre, en les cédant en « échange d'autres possessions qu'on acquérait. Ne tf prétendait- on pas dédommager Tlnfaut Don Carlos « par la cession des Deux-Siciles ? Mais il n'y avait c plus à les céder, puisque ce prince en était maître ;

< il avait sur ses Ëtats le même droit que son prédécesc seuF, le droit de conquête. » Le ministre s'indignait

< contre la violence qu'on semblait vouloir faire à Sa

« Majesté Catholique, en lui proposant des prélimi- € naires déjà signés et tout ratifiés sans qu'elle eût la c liberté de les modifier ; conduite bien différente de « celle des puissances maritimes, lorsqu'elles avaient € proposé le projet d'acconmiodement, cônune unsim- < pie objet de négociations, qu'on pourrait rejeter, apc prouver, ou réformer au gré des puissances intéres- 4 sées* » L'Espagne avait raison et elle avait tort, parce qu'en thèse générale , il faut toujours avoir l'air d'accorder volontairement ce qu'il n'est pas possible de refuser, et que , dans le cas paiticulier, il n'y avait pas à se méprendre sur l'attitude que prendrait la Grande-Bretagne.

Le Roi d'Angleterre fit répondre à Sa Majesté Ca-^ tholique c que , s'il était garant du grand-dudié de Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance, en faveur de l'Infant Don Carlos, il était aussi garant du royaume des Deux-Siciles en faveur de l'Empereur; que ce dernier, dépouillé de ces Royaumes par les armes de l'Espagne, avait le même droit de réclamer l'exécution de cette garantie ; ce qui mettait S. M. B. dans un juste équilibre entre les deux parties intéressées, et l'obligeait à ne faire d'autre dfoiarchë que celle d'interposer ses bons offices pour mettre la dernière main à l'ouvrage salutaire de la paix. > Le courrier qui transmit cette réponse était porteur de dépêches très* pressantes à l'adresse de M. Keene, ministre d'Angleterre à Madrid. On lui enjoignait de mettre tout en œuvre pour déterminer le roi Philippe Y à se rendre aux instances du cabinet de Versailles. M. Walpole

fut aussi chargé d'agir auprès des Etats-Généraux pour les déterminer à intervenir dans le même sens.

La cour d'Kspagne finit par céder. L'Empereur lui avait déjà notifié par une déclaration datée de Vienne, le 30 janvier 1756, et signée du comte de Sinzendorff, qu'il regardait la paix comme faitie avec elle, à condition qu'elle accepterait les préliminaires. Philippe V y répondit par une contre-déclarajion, datée d'Âranjuez, le 15 avril, où il déclarait de sou côté c que € S. M. l. observant comme elle offrait d'observer

< fidèlement les articles mentionnés, il tenait comme

< faite la paix avec S. M. L, offrant d'observer et

< d'exécuter littéralement de sa part les articles sus- € dits en tous leurs points (1).» Cette contre-déclaration était signée de D. José Patino, secrétaire d'Etat des affaires étrangères. Un acte analogue fut expédié parla cour de Naples, le i^^ mai, et M. de Montemar reçut ordre de procéder aux évacuations.

L'échange des actes de cession et de garantie souffrît encore quelques difficultés, qui nécessitèrent de longues conférences entre M. de Montemar et M. de Khevenhuller, car ce furent les généraux qu'on chargea de la négociation. Ils se communiquèrent divers

projets, dont aucun des deux ne parut satisfait. M« de Montemar se plaignit de ce que l'Empereur ne faisait point mention delà garantie des Ëtats cédés à l'Espagne. De son côté , M. de KhevenhuUer prétendit d'abord exiger la garantie de tous les Ëtats de l'Empereur en

^4) Wenck, Corp.jur, gent. rec, 1. 1, no 3.

SI

Italie , puis seulement la garantie des duehés de Parme et Plaisance. Plusieurs mois s'écoulèrent avant qu'on dût tomber d'accord. Enfin, le 14 décembre, M. de Montemarreçut un courrier d'Espagne qui lui apportait les actes de cession des duchés de Parme et de Plaisance , avec garantie de la succession éventuelle au grand duché de Toscane en faveur de la maison de Lorraine. Peu de jours après il eut avis que M. de KhevenhuUer avait reçu de l'Empereur l'acte de cession des royaumes de Naples et de Sicile, rédigé dans les termes qu'il avait désiré et conformément aux préliminaires. L'échange se fit à Pontremoli, entre les commissaires respectifs, le 5 janvier 1757. . Voici le texte de ces diplômes, moins celui de la cour de Naples, que nous ne reproduisons pas, parce qu'à l'exception du protocole et de la signature, il est en tout exactement pareil à l'acte émané de la chan* cbllerie de Madrid.

•Ipl4ne de S. M • €. le nef d'Espasne pour la eemilMi des dvchés do Parme e( Plaisanee H l'i2m|Mre«r, et la iraraatle de la saeeemlen éYentuelle du ^raad dadié de Teseane h la maison de I<orralne.

Don Philippe , par la grâce de Dieu, roi de CastiUe, de Léon, d'Aragon , etc., par la teneur des présentes, savoir faisons et témoignons que, pour mettre fin à la guerre d'Italie , le sérénissime et très-puissanl prince Charles VI, Empereur des Romains^ et le sérénissime et très-puissant prince Louis XV, Roi très-

chrétien de France , étant convenus de certains articles préliminaires qui nous ont été présentés par simple copie , datés, ainsi qu'on le dit, du 3« jour d'octobre 1735 , et qui contiennent des conditions de paix desquelles les deux parties témoignent de demeurer contentes ; et nous ayant été de même fait rapport que le très-puissant prince Charles VI, Empereur des Romains, par un acte donné en son nom et par son ordre, et signé le 30 de janvier de la présente année, déclare qu'il tien, drait la paix pour conclue avec nous, moyennant les condition9 établies dans lesdits articles préliminaires, et que lesdites conditions qui regardent nous et le sérénissime et très-puissant prince Don Carlos, Roi des Deux-Siciles , notre fils, auraient leur entier accomplissement, nous avons aussi adhéré à ces articles préliminaires, en considération de la sûreté que le Roi Très-Chrétien nous a promise, et avons fait expédier la déclaration de la teneur suivante :

« D'autant que M. le comte de Sinzendorff, au nom et avec pouvoir» suffisants de l'Empereur, a signé la déclaration de la teneur suivante, etc., aussi S. M. le Roi Catholique déclare que S. M. I., observant comme elle offre d'observer fidèlement les articles mentionnés, il tient pour faite la paix avec S. M. I., offrant d'observer et d'exécuter de sa part littéralement les susdits articles en tous leurs points.

« En foi de quoi, nous , ministre plénipotentiaire de S. M . Catholique , muni de pouvoirs nécessaires à cet effet , avons signé la présente déclaration et l'avons scellée du cachet de nos armes.

« Fait à Aranjuez , le 15 avril 1736.

« Signé José Patino. »

Et se trouvent dans les susdits articles préliminaires les dis* positions suivantes :

tt Le grand duché de Toscane , après la mort du présent pos-

scsseur, appartiendra à la maison de Lorraine, pour rindemrniser des duchés qu*elle possède aujourd'hui.

« Toutes les puissances qui prendront part à la pacification, lui en garantiront la succession éventuelle ; les troupes espagnoles seront retirées des places fortes de ce Grand-Duché » et en leur place introduit un certain nombre de troupes impériales, uniquement pour la sûreté de la possession éventuelle d*icelle, et de la même manière qu'il a été stipulé à l'égard des garnisons neutres par la quadruple alliance.

« Livourne demeurera port franc , comme il est.

« Seront rendus à S. M. Impériale tous les autres Etats, sans exception , qu'elle possédait en Italie avant la présente guerre ; en outre lui seront cédés en pleine propriété Parme et Plaisance. »

De là vient que pour satisfaire à Tobligation que nous avons contractée en vertu de Tacceptation des susdits articles et de notre déclaration mentionnée ci-dessus, nous confiant en Tempérance certaine qu'en bonne correspondance la teneur des susdits articles préliminaires sera entièrement accomplie avec la même bonne foi par l'Empereur des Romains, et que pareillement il remettra en la meilleure et due forme, pour soi et ses héritiers et successeurs , l'acte de cession de tous les droits , actions et prétentions qui peuvent lui compéter, à quelque titre ou cause que ce puisse être , tant sur les royaumes des Deux- Siciles que sur les places de la côte de Toscane qu'il possédait ci-devant; nous cédons pour nous et pour nos héritiers et successeurs, et spécialement au nom des sérénissimes Infants d'Espagne D. Philippe et D. Louis , et des autres fils que nous pourrions avoir de la sérénissime et très-puissante princesse la présente Reine des Espagnes , notre très-chère épouse y et par conséquent au nom de tous et chacun de ceux qui , nés ou à naitre, auraient ou pourraient avoir des droits à la succession du grand

duché de Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance ; et renonçons à tous droits, actions ou prétentions qui a{)partiennentànous ou auxdits^descendants, pour quelque cause que ce puisse être, tant pour ce qui regarde les duchés de Parme et de Plaisance, que pour ce qui regarde la succession éventuelle du grand duché de Toscane , et , en tant que ces droits, actions et prétentions concernent les duchés de Parme et de Plaisance, nous les transférons avec le plein droit de propriété au sérénissime et très-puissant prince Charles VI , Empereur des Romains , et à ses héritiers et successeurs des deux sexes ^ selon V ordre de la succession qui a été déclaré dans la pragmatique de Vannée 4713; et nous prenons sur nous, en notre nom et en celui de nos successeurs, en la forme et la manière la plus so^ tennelle que faire se peut^ ta garantie des droits, actions et prétentions, en faveur de la sérénissime maison d'Autriche. Mais pour ce qui regarde la succession éventuelle du grand duché de Toscane , nous transférons les mêmes droits , actions et prétentions au sérénissime duc de Lorraii^e et de Bar, François m, et à ses héritiers et successeurs Enfin, nous, en

notre nom et en celui de nos successeurs, prenons sur nous , en h forme la nieilleure et la plus solennelle que faire se peut , la garantie desdits droits , actions et prétentions, en faveur de

la sérénissime maison de Lorraine ^

En foi de quoi, nous avons fait expédier le présent acte, signé de notre mail), scellé du scel secret de nos armes et contresigné par notre premier secrétaire d'Etat et des dépêches soussigné.

A San-Lorenzo-le-Royal, le %\ novembre 1736.

Moi le Roi.

Sébastien DE LÀ QUÂDRÂ.

(Wenck. Corp. jur, gent. rec. 1. 1, n» 17.)

Dlpldme de S. M. l'Empereur pour la eessien du royamne des Denx-Slelles e( des porto de la cdie de Teseane à m, M. le Rel des Deux-Slelles.

Nous, Charles VI, par la clémence divine , élu Eoipereur des Romains, toujours auguste , roi de Germanie, etc., savoir faisons en vertu des présentes :

Comme pour finir la guerre, très funeste surtout à lltalie , il a été convenu entre nous et le sérénissime et très puissant prince Louis XV, Roi très chrétien de France, de certains articles préliminaires contenant des conditions de paix dont les deux contractants ont déclaré être pleinement contents...... et

comme il nous a été depuis fait rapport que la teneur des susdits préliminaires était pleinement adoptée, tant par le sérénissime et très puissant prince Philippe V, Roi catholique des Espagnes, que par le sérénissime et très puissant prince qui est en possession du royaume des Deux-Siciles ; en conséquence, et eu égard à la sûreté qui nous a été donnée par le Roi trèschrétien de leur très prompte et entière exécution de la part des princes mentionnés ci-dessus, il a été fait en notre nom et par notre ordre, le troisième jour du mois de janvier dernier, une déclaration de la teneur suivante ;

< L'Empereur déclare qu*il regarde la paix comme faite avec le Roi d'Espagne, au moyen des conditions portées par les articles préliminaires; s'engageant d'envoyer ses ordres à ses généraux pour concerter avec ceux de S. M. C. l'entière effectuation de ces articles, que S. M. L déclare vouloir observer et exécuter fidèlement , notamment en ce qui regarde le Roi des Deux-Siciles ; bien entendu que delà part de ce prince aussi bien que de celle de S. M. catholique, la paix sera pareillement regardée comme faite avec l'Empereur, au moyen des condi-

tioDs portées par les articles préliminaires, et qu'ils seront observés et exécutés Gdëlement en tous las points.

c En foi de quoi, nous , ministre plénipotentiaire de rEmpereur, muni du pouvoir nécessaire à cet effet , avons signé la présente déclaration^ et l'avons munie du cachet de nos armes.

« Fait à Vienne, le 30 janvier de Tannée 1736.

» Signé Ph. Louis, comte de Simkendorff.»

Par ces considérations , voulant satisfaire aux choses auxquelles nous sommes obligés, tant en vertu des actes préliminaires que par l'acte en forme de déclaration rapporté ci-dessus, et nous fondant sur l'espérance certaine que, tant de la part du Roi catholique des Espagnes que de la part de tous ceux auxquels aurait appartenu le droit de succéder au grand duché de Toscane et à ceux de Parme et de Plaisance, selon l'ordre rapporté ci-dessus , la teneur desdits articles préliminaires sera,

avec une pareille bonne foi, accomplie parfaitement Nous

faisons , pour nous et nos successeurs, la cession et renonciation à tous droits , actions et prétentions qui nous appartiennent, à quelque titre et pour quelque cause que ce soit, sur les royaumes des Deux-Siciles, et sur les places de la côte de Toscane possédées ci-devant par nous , et nous transférons ces mêmes droits, actions et prétentions au sérénissime et trèspuissant prince Charles, Infant d'Espagne, et à ses descendants, mâles et femelles, nés de légitime mariage , ou, à leur défaut, au second ou autres fils puinés ou à naitre de ta présente Reine d'Espagne^ pareillement avec leurs descendants des deux sexes, nés de légitime mariage, et nous prenons sur nous, en notre nom et en celui de nos successeurs, et en la forme la meilleure et la plus solennelle quMl soit possible , la garantie desdits droits, actions et prétentions en faveur du sérénissime et très-puissant prince Charles , Infant d'Espagne, et de ses descendants rfe5 deux sexes ^ nés de légitime mariage, et

à leur défaut en fayéur du second ou autres fils puînés, ou à « naître de la présente Reine, pareillement avec leurs descendants de l'un et de r autre seoûe, à naître de légitime mariage. Nous 'A tenjdns en conséquence et reconnaissons ledit sérénissime et très-puissant prince Charles, et ses héritiers et successeurs ^ en la manière et dans Tordre susdit, pour vrai et légitime Roi des Deux-Siciles et possesseur des places de la côte de Toscane possédées ci-devant par nous, absolvant tous les habitants des susdits royaumes et places de Tobéissance et serment qu'ils nous ont prêté , lesdits habitants étant tenus de le prêter à

Tavenirà ceux à qui nous avons cédé nos droits

'^ Donné en notre ville de Vienne, le \\ décembre 4736.

Charles.

Ph* Louis , comte de Sinzendorff.

{Wenck.loc, cit.ji. 1.)

La grande, la véritable négociation se poursuivait à Vienne, entre la France et T Autriche, en leur qualité de principales parties contractantes. Ces deux puissances devaient seules signer le traité définitif. Le rôle de l'Espagne, des Peux-Siciles et de la Sardaigne se bornait à le revêtir de leur accession, lorsque les cabinets de Vienne et de Versailles seraient une fois tombés d'accord.

Il fallut encore deux longues années pour arriver à cet important résultat.

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