TOTAL
BeporU 12,910 hommes.
8,380 hommes.
Total.. 28,728 hommes.
7,438 hommes.
L'embarquement se fit du 16 au 17 octobre .Le 26» au isoir, après une traversée difficile, les deux divisions parurent en vue de Livourne et y jetèrent l'ancre le 27 au, matin. Le comte de Charny, commandant des troupes d'occupation, se rendit aussitôt à Florence et y signa, avec le marquis Renuccini, secrétaire des guerres et conseiller d'État, le P. Salvador Ascanio, chaîné des afiaires d'Espagne à la cour de Toscane, M. Francis Colman, résident pour le roi d'Angleterre dans la m^me eour, une convention en six articles qui stipulait :
c Que les troupes espagnoles roiiâes en garnison dans « les places de Toscane seraient payées et entrete-
< nties par Sa Majesté Catholique, sans que le Grand- « Duc ou ses sujets fussent tenus d*y contribuer en « aucune manière. {Art. l^^.)
« Qu'il y aurait deux bataillons de ces troupes à
< Pise, atec trois cents dragT)ns ; deux autres batail- « Ions dans Porto-Ferrajo, et, à Livourne, soixante ou 4 soixante-dix dragons, avec autant d'infanterie qu'on « en pourrait loger dans les magasins de la Porte- « Murée. En attendant que le comte de Charny fût « convenu avec le gouverneur de la place des quar- « tiers pour, les autres troupes qu'on devait loger c dans cette place, oh les ferait camper dans les en* « virons. {Art 2.)
u Oue S. E. le comte de Chârny aurait le comman- « dément supérieur des forces militaires dans Lic vourne, et que les troupes du Roi d'^Esp^gne et du « Grand-Duc feraient le service conjointement en c observant le rang des officiers; les deux tiers de la « garnison seraient de troupes espagnoles et l'autre c tiers de troupes toscanes. S. E. le comte de Cbarny « distribuerait les postes aux uns et aux autres, mais i( ne pourrait se mêler des affaires du gouvernement a civil, économique^ politique et commercial , non « plus que du département de la sûreté, qui dépen- « drait uniquement du gouverneur de la place, auquel c ledit comte semit tenu de donner les troupes dont « il aurait besoin, avec des officiers qui prendraient t les ordres du gouvernement. {Art. 3.)
« Que les galères de Tosçaue domeui eraieut tou- « jours sous le commandement immédiat de S. A. le « Grand-Duc, de môme que ses troupes qu'il pourrait « réduire h sa volonté. {Art. 4.)
i< Que le salut serait rendu suivant Tusage ordinaire « de la place, auquel on ne pouvait faire de change- « ment que du consentement du comte de Charny et « du GrandrDuc , qui continuerait d'avoir la garde '< accoutumée, (idr^ 5 )
€ Que ce qui était réglé pour Livourne serait observé « de même à Porto-Ferrajo , et l'autorité paitagée « entre le commandant espagnol et le gouverneur de « la place. On ferait un inventaire de Tartillerie s^p-
< partenant au Grand-Duc, et il en serait donné un « double aux commandants espagnols. Le Gi*and-Duc
< pourrait toujours tirer des provisions et des muni- «i tiens de guerre des magasins qu'il avait daiis Tune tf et l'autre place, lesquels magasins demeureraient à i( la disposition de ses officiers ; et si les Espagnols
< venaient à manquer de provisions et de munitions, c on leur eu fournirait à un prix raisonnable. > « {Article 6.)
Ce traité fut signé le 51 octobre, et le lundi d'après M. de Charny prêta le serment suivant :
Je soussigné, Emmanuel d'Orléans, comte de Charny, chevalier de Tordre de Saint-Jacques, gentilhomme de S. M. le Roi C.,- etc., en exécution des ordres précis de S. M., signés de sa main royale, et contresignés par Don Joseph Patigno, conseiller d'État de S. M., desquels ordres j'ai délivré une copie, promets et jure entre les mains du marquis Julien Capponi,
Gouverneur de Livourne... au nom de Dieu, sur le salul mon âme et sur les Saints Évangiles, tant pour moi que p les officiers et soldais de Sa dite M. qui seront introduit! demeureront dans les États et places du Grand-Duché Toscane, selon la teneur des Traités et conformément au s ordinaire des serments que j'ai faits en pareille occasion rapport aux gonvernemenlfique je possède dans le Royaumi S. M. G. : je promet, jure, m'engage, et dis que j'obseiT toujours invariablement la {Hus religieuse fidélité et obéissa aux ordres du sérénissime Jean-Gaston Prince et Grand-] de Toscane en qualité de légitime et unique souverain de États, et que chacun de nous s'emploiei-a entièrement; en trant au Service de S. A, R., à en défendre la personne souveraineté, l'autorité, les États, les biens et les sujets de dite A. R., et tout ce qui peut lui appartenir, comme a l'hooneuf de S. A. R. et de ses Etats, pourvu qii'il n'y ait i de contraire à la succession immédiate du sérënissime Pri et Infant Don Carlos, que nous 'devons défendre et sout conjointement avec les forces de Toscane ; que nous ne fet rien quipuisseempflcher ou retarder l'exécution des ordres ministres et gouverneurs de S. A. R., conformément règlements faits à ce sujet, mais qu'au contraire nous ser toujours prêts à leur donner assistance à la premiferesomi tion et à leur fournir tous les secours nécessaires, etc. EMMA.NUEI , comte de GnARNV'.
Nous venons d'étudier rapidement, dans. ses phs principales, l'histoire un peu aride de la succesG des duchés. Des grandes transactions qui rempliss ces treize anuéeSj la plus importante , à tous égan eelle qui mérite le plus l'attention de l'historien , c' le traité de Séville, non-seulement parce qu'il servil
base au second traité de Vienne, mais encore et surtout parce quMl accusait une nouvelle révolution dans la politique de la France et de l'Espagne. L'alliance des deux couronnes était encore bien indécise, bien incertaine : témoin la déclaration du marquis de Castellar et le traité de Vienne, où la France ne figurait pas parmi les parties contractantes; mais cette alliance était dans là nature des choses ; le premier pas une fois fait vers une union si désirable, on pouvait prévoir qu'elle se resserrerait tous les jours par des liens plus étroits. Le traité de Séville faisait pressentir le Pacte de Famille.
CHAPITftl V.
Voyage de Tlnfant-Dac en Italie — Son entrevue avec le grand duc de Toscane ' — fêtes et cérémonies h Florence — Bon Carlos arrive à Parme — Hégodations avec ^Autriche — Affaire de la Saint-Jean-Baptiste — Médiation de la Grande Bretagne — Cette puissance propose nn accommodement — Nouvelles complications — Second projet d'accommodement — Note du catinet de Vienne.
Nous venons de voir qu'aux termes d'un des articles de la convention de Florence, Jean-Gj^ston consentait à ce que de son vivant Don Carlos vînt fixer sa résidence dans les Etats de Toscane. D'un autre côté, par la mort du dernier Farnèse et l'évanouissement des symptômes de la grossesse de sa veuve , le jeune prince se trouvait de droit duc de Parme et de Plaisance. On s'occupa donc des préparatifs de son voyage, dont le cérémonial avait été réglé d'avance avec une minutieuse exactitude. Nous en donnerons un exemple, en citant la pièce suivante , assess curieuse pour être reproduite dans son entier :
ArruBSemenls pris iM^r le« mlnlslres plénlpolenilalres d*B«yagiiie et de Teseaiie pour la réception et résMenee dn SérénlMiliiie Inlknt von Carlos , sneeessenr launédlnt dn SérénlMilnie Grand-Dne dans «ea Étate.
Le sérénis.nme Grand-Duc et la sérénissime Électrice Palatine voulant donner les plus grandes et les plus affectueuses preuves de leur estime au sérénissime Prince Infant Don Carlos, il est réglé et arrêliê que lorsque le sérénissime Prince abordera et débarquera à Livourne, il sera reçu et respecté par le Gouverneur avec tous les honneurs dus à la dignité de son rang et à celle de successeur immédiat du sérénissime Grand- Duc, de la même mpière qu'il s'est toujours pratiqué à l'égard du sérénissime Grand-Prince Ferdinand de glorieuse mémoire.
Un ou plusieurs gentilshommes envoyés expressément par LL. AA., se trouveront à Livourne pour y recevoir et servir le sérénissime Prince-Infant, qui prendra son logement dans l'appartement qu'occupait le sérénissime Grand-Prince Ferdinand ; et LL. AA., sachant bien que le sérénissime Prince ne pourrait avoir à son arrivée ses propres équipages tout prêts, auront soin qu'il s'en trouve à Livourne, avec un détadiement des gardes du Corps, des chevaux de l'écurie de S. A. R. et quelques officiers de leur cuisine et de leur maison pour servir le sérénissime Prince pendant tout le séjour qu'il fera dans Cette ville et à son arrivée à Florence, où le sérénissime prince commencera à se traiter à ses propres dépens ainsi qu'on en est convenu.
Le sérénissime Infant, en arrivant à Florence, se rendra directement au Palais, où il trouvera préparé pour son logement un des appartements le mieux meublé et le plus proche de celui de S. A. Ë. Palatine, afin que S. A. Ë..soit d'autant plus près
du sérénissime Infant et qu'elle puisse avoir pour sa précieuse conservation et pour toutes les autres choses qui concernent le service de sa personne, comme le choix des gentilshommes et autres domestiques qu'il trouvera à propos de prendre en Toscane, le même soin que S. A. E. avait pour son propre fils.
Dans toutes les autres occasions, le sérénissime Prince Infant Don Carlos sera traité par LL.-AA, avec les mêmes marques d'honneur et d'estime qui ont été en usage en cette cour envers le séjrénissime Grand-Prince Ferdinand. S. A. R. permettra au sérénissime Infant Don Carlos de former et entretenir une garde particulière composée de nobles Toscans, s'il juge à propos de former un corps.
En foi de quoi, le présent arrangement a été arrêté par les soussignés ministres plénipotentiaires d'Espagne et de Toscane, en vertu de leurs pleins pouvoirs, et ils y ont failjapposer le sceau de leurs armes.
Fait à Florence, le 25 juillet 1731 .
(RoussET, Becueil, VI, 245.)
La cour était alors à Séville. C'est là que Don Carlos prit congé de son père en présence de tous les hauts dignitaires de la couronne . Il partit le 20 octobre pour se rendre par terre en Italie. Le comte de San Estevan, chevalier du Saint-Esprit et grand d'Espagne de première classe, raccompagnait en qualité de gouverneur, de grand-maltre de sa maison et de capitaine général des troupes de S. M. Catholique en Italie. Ses autres principaux officiers étaient le duc de Tursis Doria, son grand chambellan ; le prince Corsipi, neveu du pape, son grand écuyer; le duc d'Arion, son premier gentil* homme de la chambi*c ; le marquis de Villaverde , le
marquis Giustiniani et D. José Gastellar, ses majordomes de semaine; D. Joacbim de Moutallegre, son secrétaire d*Ëtat, et D. Leiio Carafîa, capitaine de la compagnie de ses gardes du corps.
Sur les confins du royaume de Valence , il fut reçu par le capitaine général de la province qui, en passant h Âlmanza , Ivfl montra la place où*.rarmée des deux couronnes, commandée par le maréchal de Berwick, avait remporté sur les alliés, en 1707, la grande et sanglante bataille de ce nom. Le 11 novembre il entrait à Valence et le 20 à Barcelonne, avec une pompe vraiment royale. Le 26 , llufant passa la froniière de France. Il y trouva le marquis de Caylus, commandant en Roussillon, et M. de Jallais, intendant de la province. Ces deux gentilshommes l'accompagnèrent dans toute l'étendue de leur gouvernement. S. A. R. continua sa route par Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes, Tarascon,.Aix et Cannes avec tant de rapidité que le grand prieur de France, qui devait la complimenter dans cette dernière ville, n'arriva de Paris qu'au moment où le prince allait partir, n lui remit, au nom du Roi Louis XV, une magnifique épée enrichie de diamants, et le suivit à Antibes, où Don Carlos s'embarqua le 23 décembre sur une flottille de galères espagnoles qui l'attendait depuis quinze jours.
LÀ, mer était mauvaise et la travei'sée ne se fit qu'avec beaucoup de difficultés. Des six galères qui devaient transporter le pnnce et sa suite, quatre durent relâcher a San-Fiorenzo , dans l'Ile de Corse ; les deux autres, dont la galère capitane que montait
rinfant en personne, arrivèrent seules à Livourne, et fort avariées. Don Carlos descendit à terre dans la chaloupe du Grand Duc , au bruit des salves d'artillerie. Le 28, il fit son entrée publique, assista à un Te Deum chanté dans l'église du Dôme, et de là se rendit au palais, où il fut complimenté au nom du Grand Duc par la noblesse et les officiers de la ville. Le lendemain et les jours suivants , des fêtes splendides , données par le commerce de Livourne , célébrèrent Farrivée du futur souverain des Etats de Toscane. Les Juifs surpassèrent tout le monde en magnificence. < Cette nation s'était distinguée dès le soir du débarc quement par une illumination magnifique, qui fut c continuée les deux nuits d'après ; elle consistait en c plus de huit cents lanternes distribuées avec syméc trie dans toutes les rues du quartier ; la face de la « maison publique était ornée de quatre cartouches c contenant des inscriptions en hébreu , en syriaque € et en langue chaldéenne ^ qu'on pouvait lire comme c en plein joui* à la faveur des flambeaux. > On parla longtemps à Livourne du pillage du pays de Cocagne dont ces opulents sectaires offrirent le spectacle au fils du Roi Catholique et au cousin du Roi Très-Chrétien.
Une indisposition assez grave suspendit le voyage de rin&nt pendant tout le mois de janvier 1752 et une partie du mois suivant. Ce n'est que le 22 février qu'il quitta Livourne, pour se rendre à Pise. M. de Charny le précédait à la tête de ses dragons, laissant pendalut son absence le commandement de la place au marquis
de Castelfuerte. c En sortant de la ville, Tlnfant Duc fut salué. de trois salves générales de Tartillerie des remparts et -de celle des vaisseaux .qui étaient dans le port. S. Â. R. arriva vers les six heures du soir à Pise , et s'étant rendue à l'église métropolitaine » elle y Ait reçue par l'archevêque à la tête des chanoines. Toute Féglise était illuminée, et Ton y chanta le Te Deum h plusieurs chœurs de musique: L'Infant Duc. s'étant promené quelque temps dans la ville pour en voir Ips illuminations, assista à la représentation d'un opéra ; il alla le lendemain à la chasse, et, à son retour, le du(i Sa/t;taftV grand veneur du Grand Duc, lui fil [H*ésent de deux daims Uancs de la part de ce prince; « L'In&nt-Duc s'arrêta quelques jours à Pise, où entre autres divertisseœens on lui donna celui d'un combat qu'on appelle dans cette ville le combat du Pont, et dont en ne pent guère donner une idée juste. En. étant parti le 3 mars au matin, il dîna au château de Pont-Ada*e, et de là se rendit à l'Ambrogiana , maison de plaisanee du Grand-Duc ; le 9, il partit de l'Âmbrogiana pour aller dîner à Çastel- Pucci, autre château appartenant au marquis Ricardi*y. il trouva le chemin bordé d'une foule de peuple accouru de tous côtés pour le voir, et à Siga^ U vit la compagnie des cuirassiers de Pistoie rangés en bon ordre avec leurs trompetteSt et leur Standard. En approchant de Castel-Pucqi il fut salué d'une sdve àe soixante^dix^ bottés. L'avenue du château était remplie de peu}>lè, et tant dans^la
< cour que suf l'escalier et daus les appartements il y € avait près de deux cents gentilshommes superbe-^ A ment vêtus qui s'y étaient rendus pour lui faire leur «cour; les plus distingués» au nombre de soixante, <i accompagnaient un pareil nombre de dames. L'In- € fantDucs'étant rendu dans l'appartement qu'on lui « avait préparé » reçut les compliments que les con- « seillers* d'Etat du Grand Duc étaient venqs lui faire c cte la part de ce prince et admit toute la noblesse à c lui baiser la main. Il dîna ensuite en public, et s'étant « retiré après le repas , on servit dans les salles « basses tous les seigneurs et les gentilshommes de la « cour de même que toute cette noblesse dont je viens <( de parler. A son départ de Castel-Pucci on fit une « nouvelle décharge de soixante-dix bottes , et vers € les six heures du soir ^ il arriva, à Florence en cet « ordre. Quarante trabans de la garde à pied du Grand- « Duc commençaient Is^ marche; ils étaient suivk de c trois carrosses à six chevaux , occupés par les gentils- « hommes de la cour de l'Infant Duc : les vaiets de n pied de ce prince marchaient immédiatement devant « son carrosse , qui était précédé de qmtre de ses € gardes à cheval , et suivi du reste de k compagnie « ayant leur étendard , timbales et trompettes. Les € carrosses des dames et des gentilshommes qui s'é- « tàient rendus. à Castel-Pucci, ou sur sa route, forte mèrent à la suite une file de deux mi'les de long.
<( Au premier jsignal de l'approche de l'Infant Duc, « on le salua d^ une salve générale de Tartillerié du « «héteau de Saint^Jean-Baptiste ; il trouva à la porte « de San-FrrdKttHD, par où il entra, la compagnie des
grenadiers et celle des cuirassiers allendaods de là garde à cheval du Grand Duc ; celle des cuirassiei's de Pistoye qu'il avoit vue le matin étoit rangée en un autre endroit dans la ville. S. Â. R. se rendit aux acclamations du peuple à Téglise métropolitaine, à rentrée de laquelle elle trouva les sénateurs en habit de cérémonie, suivis de tous les magistrats de la ville; et ayant été reçue dedans la même église qui avait été illuminée avec une magnificence extraordinaire , par l'archevêque à la tête de son chapitre, elle assista au T« Deum qui fut chanté à huit chœurs de musique, au bruit d'une seconde décharge de l'artillerie du château de Saint- Jean*Baptiste . c li'Infant-Duc se rendit ensuite dans le même ordre au pf^ais ducal ; et il fut reçu à la descente de son carJTOSse psuç le grai^d prieur Thomas del Bene en qualité de majordome major du Grand-Duc, qui le conduisit à l'appartement qu'on lui avait destiné et; à l'entrée duquel ,il trouva madame l'Ëlectrice Palatme , douairière , gouvernante de Sienne (1), qui se retira après l'avoir embrassé et complimenté. L'in&nt don Carlos lui présenta alors la comtesse de Sant'Estevan et la duchesse d*Àrion, que S. A. E. reçut avec beaucoup de marques d'estime. Un moment après, l'Infant-Duc se rendit à l'appartement de madame TËlectrice, avec qui il s'entretint f^ quelque temps, et qui lui proposa d'aller faire une
f4) Nfarie-'ADDe-Louise, sœur du Grand Duc, Y«uve d& l'électeur palatin Jean-Guillaume.
surprise au Grand-Duc , qui se trouvait dans son lit par rapport à ses infirmités; il accepta ce parti , et, la prenant par la main , ils passèrent par une porte secrète dans la chambre de ce Prince, qui le reçut et Tembrassa avec des marques de tendresse et de cordialité au-delà de tout ce qu'on peut imaginer^ et lui demanda même à voir Tépée dont le Roi lui avait fait présent. Madame rËIeCtrice, dans cette visite, n'était suivie que du marquis Gùadagni et du comte Bardi , et le comte de San-Estevan était seul avec don Lelio Caraffa à la* suite de Tinfant don Carlos^ qui ne trouva dans la chambre du Grand-Duc que le grand prieur del Bene avec le baron Ricasoli; mais, un moment après, les seigneurs des trois Cours fiirent admis darà la chambre, et le comte de SanuEstevan présenta au Grand-Duc tous ceux de la suite de Finfànt don Carlos. Ce prince reconduisit ensuite madame TËlectrice dans son appartement, où il trouva un cercle de dames , en habits magnifiques , ënrec lesquelles il resta quelque temps ; de retour à son appartement , il donna audience à Tarchevêque de Florence. Le lendemain, Tarchevéque de Florence célébra une messe solennelle du Saint-Esprit dans Téglise métropolitaine, à laquelle les sénateurs et tous les magistrats assistèrent : le même jour, Tlnfant reçut les compliments des sénateurs et donna sa main à baiser aux gentilshommes de la chambre du Grand-Duc , ayant à leur tête le comte Pierre Biringuicci. . .
» La venue de ce prince avait été annoncée le 9, « dès la pointe du jour, par le son de toutes les cloches € de la ville, ou toutes les boutiques furent fermées «pendant trois jours; les illuminations, les feux de
< joie, les artifices que Ton fit partir du haut de la tour « de la Hajson-de-YiUe, les décharges d'artillerie des c deux châteaux occupèrent le peuj^e pendant tout ce « temps, k regard de la noblesse, elle s'empressa d*au- « tant plus de se rendre à la cour de Tlnfant-Duc, » qu'on y observa les mêmes usages qu'à la cour de
< Toscane (1). »
De Florence don Carlos devait se diriger sur Parme, mais les chemins étaient si mauvais, qu'il fallut beaucoup de temps pour les rendre praticables. Le prince passa six mois dans les Ëtats de Toscane, tantôt à Florence môme, tantôt à la villa d'Ântimoro, avec tous les honneurs et toutes les prérogatives du souverain. Le jour de la Saint*Jean-Baptiste(24 juin), que l'on célébrait à Florence avec une solennité particulière, le €rrand-Duc ne se montra pas au peuple. Ce fut son successeur désigné qui remplit en son nom toutes les fonctions de cette fête, et reçut sur la Grande^ Place les hommages des députés des villes de Toscane. Un peintre de Nuremberg fut même chargé de reproduire sur la toile le principal épisode de la cérémonie . Le tableau terminé^ Jean-Gaston en fitprésentau jeune duc de Parme comme souvenir de son premier acte de souveraineté. On ne pouvait s'exécuter de meilleure grâce.
(«) Clef du cabimt. 1732. Mai.
Malheureusement pour le Grand-Duc, il n'en fut pas de même de la cour de Vienne, beaucoup plus jalouse de ses droits que son feudataire^ et qui lui adressa à ce sujet des représentations fort énergiques.
Les premiers jours d'octobre furent employés aux préparatifs du départ de Tlnfant, ce qui n'était pas peu de chose, quand on songe qu'il eut à recevoir les visites officielles du Grand-Duc, de ses ministres , les compliments des ambassadeurs étrangers, des généraux espagnols et toscans , et à accorder les faveurs du baise-main à toute la noblesse florentine. Cette dernière cérémonie prit à elle seule beaucoup de temps. Enfin, le 6 octobre , Son Altesse Royale se mit en route, dans le plus bel équipage, et arriva leiendemain soir à Bologne c où elle descendit chez les PP. béné- (( dictins de la congrégation du Mont des Olives. Avant « le souper^ il prit le diveilissement d'une chasse de
< faisans, de perdrix et d'autres oiseaux , que le comte
< Paul Zambeccari avait fait préparer dans le préau
< du monastère, i Cette passion pour la chasse lui était a commune avec tous les Ëourbons. Ce fut jusqu'à la a fin de ses joUrs son passe-temps fkvori.
c Le 8, rinfant-Duc partit à six heures et demie de « Bologne. En entrant dans TEtat de Modène, il fut « complimenté par le marquis Louis Rangoni, qui lui « présenta de la part du Duc, son maître, trois car- « rosses qu'il n'accepta pas. Comme il n'avait pas plu « depuis quelque temps, le Duc avait ordonné qu'on a arrosât le chemin par où l'Infant devait passer ; ce « qui lui épargna l'incommodité de la poussièi*e.
n Dès que l'Infant fut à un mille de Modèue, on le « salua d*ùne déchaîne de cent pièces de canon. 4 Le Duc, accompagné dans son carrosse de son maître c de chambre, du capitaine de ses gardes , de son « ^nd-écuyer, de son grand- veneur et de son tréso- « rier, et suivi de trente gentilshommes de sa chambre
< dans cinq carrosses à six chevaux, avec vitigt-quatre
< gardes, attendait Son Altesse Royale à quelque •' distance de la porte Saint- Augustin, qui conduit ri « Reggio. Dès qu'on Tout averti que Tlnfant appro- « chàit, il mit pied à terre, et, ayant marché au-devant <K de la chaise de poste de Son Altesse Royale, il se « présenta à la portière. L'Infant se leva et voulut « descendre , ce qu'il ne fit cependant qu'après que c le comte de Sant-Estevan, D. Lelio Caraffa, le prince c Corsini et le gentilhomme de semaine furent arrivés % auprès de lui. Les deux princes s^embrassèrent, et, « pendant leur entretien, le comte de Sant-Estevan et € D. Lelio Caraffa se couvrirent, comme grands d'Es- « pagne. Le duc de Modèue pria Flnfant d'agréer le « repas qu'on hii avait préparé à quatre ou cinq milles « de la ville, chez M. Gaspar Carandini, gentilhomme « modénois^ avec une chasse de bétes fauves qu'on « avait rassemblées dans le voisinage; mais Son Altesse « Royale l'en remercia. L'Infant pria ensuite par deux
< fois le Duc de remonter dans son carrosse, et lui f dit<][u'il ne voulait partir qu'après qu'il lui aurait vu € reprendre le chemin de la ville : le Duc l'ayant f refusé, après des embrassements réitérés, l'Infant « monta dans sa chaise, où il se tint debout jusqu'à
< ce que S. A. S. fut hoi*s de sa vue. Le Duc 5 de K son côté, tenant le comte de Sant-Estevan par la « main, le pressa, lui et les seigneui*s de la cour de
< rinfant, de remonter dans leurs chaises et de partir. « Mais, attendu Tâge avancé de S. A. S., ils le recon- € duisirent à son carrosse , dans lequel elle se tint <( debout jusqu'à leur départ.
c L'Infant-Duc fut salué de décharges d'artillerie à <( son passage par Reggio et par Rubiera, et le mar- ^ quis Rangoni le suivit avec ses trois carrosses dans c tout son passage par le Modénois, où il était défendu € aux maîtres de postes de recevoir aucun payement, c Enfin, S. Â. R. arriva le soir à Pantaro, chez la c comtesse Borri, où elle trouva une nombreuse noc blesse de Parme et de Plaisance à qui elle donna sa € main à baiser.
«Madame la duchesse douairière Dorothée, qui était € à une maison de plaisance peu éloignée de là en
< attendant l'arrivée de rin&nt , se rendit aussitôt à « Pantaro avec sa cour, et fut reçue à la descente du
< carrosse par le prince Corsiui, par le duc de Tursis « qui était venu de Gênes, par les gentilshommes de u la chambre et par les majordomes de semaine, qui « avaient avec eux deux gardes-du-corps de S. A. « R. , et qui l'accompagnèrent sur l'escalier. A peine « fut-elle entrée dans la salle, qu'elle vit venir au- « devant d'elle l'Infant 3 qui la reçut à la porte de la c première chambre , où ils s'embrassèrent. L'Infant « la prit par le bras et la conduisit dans la dernière « chambre , où ils s'assirent sur deux sièges placés
vis-à-vis Tun deFautre, la porte entre deux; le comte SantrEstevan et D. Lelio Caraffa se tenant auprès de D. Carlos, et la Duchesse ayant de son cdté sa dame d^onneur. Leur conversation duria plus d'une heure, et la Duchesse y parut touchée jusqu'aux larmes ; elle présenta à l'Infant ses dames d'honneur, à qui il donna sa main à baiser. D. Carlos la conduisit par la main jusqu'à la porte de la première chambre, et alla ensuite à une fenêtre la voir monter dans son carrosse, où elle fut accompagnée comme à son arrivée
c Le 9, l'Infant'Duc se rendit à la maison de plaisance de la Steccata, pour &ire son entrée dans Parme. Il monta à cheval en cet endroit-là. En arrivant à une chapelle faite en bois de charpente, hors la porte Royale, il mit pied à terre, ce que firent aussi les seigneurs de sa cour ; il fut reçu par lès représentants de rÉtat) et le gouverneur de la ville lui en apporta les clés, que S. Â. R. lui remit aussitôt. On fit en ce moment une décharge de quarante pièces de canon rangées sur les remparts, et l'on commença à sonner toutes les cloches de la ville. « L'Infant-Duc, entrant dans la chapelle, fut reçu à la « porte par un chanoine qui lui présenta le crucifix « à baiser; il s^avança jusqu'au pied de l'autel, où on <c lui avait préparé, du côté de rËvàngile, un prie- « Dieu garni d'un tapis et de coussins de velours « cramoisi galonnés d'or, et, après qu'on eut chanté c quelques prières , il remonta à cheval pour son € entrée.
— uo —
c Sa marche commença par une compagnie de cent maîtres irlandais, tous beaux hommes, en habits neu& de drap rouge avec des parements de bleu a turc : ils étaient suivis de cinquafite-quatre gentilshommes de Parme et de Pteisance, habillés magnifiquement et superbement montés. Les religieux mendiants, les communautés régulières et le clei^é, qui était terminé par le chapitre de la cathédrale, marchaient ensuite. L'Infant éfaiit à cheval sous un dais de toile d'argent, porté par les douze représentants, dans leurs habits de ville, enrichis de dentelles d'or. S. À. R. était suivie du comte, de Sant- Estevan, du prince Corsini, de D. LeMo CarafiPa et d^ la compagnie de ses gardes , et la marche était fermée par une troupe d'environ quatre cents maîtres, tous bien vêtus et bien montés.
« Les rues par où l'Infant passa étaient^ bordées d'une double baie d'infanterie ; il vil parlput une foule de spectateurs aux fenêtres et aux hfilcons, qui étaient ornés de riches tapisseries, et ayant aperçu à un de ces balcons Madame la Ducliesse douairière son aïeule , il la salua d'une manière très respectueuse. En arrivant à l'église cathédrale, de-> vaqt laquelle il trouva un portique de charpente ^ d'un bon goût, il fut salué d'une seconde déciharge de l'artillerie. Il fut reçu par les premien^ magistrats à la porte de cette église, et l'abbé de Castromonte, son grand chapelain, lui ayant présenté l'eau bénite, il alla se placer sur un prie-Dieu à côté de l'évam-r gile. On chanta le Te Deum h plusieurs chœurs de
musique , et Ton fit les prières accoutumées pour l'arrivée du souverain.
€ L'Infaiit-Duc monta ensuite dans son carrosse, et, avec une suite de cinq autres carrosses à six chevaux, il se rendit à son palais, où il entra au bruit d'une décharge générale de l'artillerie du château, n trouva dans la cour toute la noblesse, qui l'accompagna sur l'escalier, au haut duquel ayant aperçu Madame la Duchesse douairière, son aïeule, suivie d^une foule de dames, il se pressa d'aller l'embrasser; il lui donna le bi*as et la conduisit dans son appartement, où ils s'assirent. Madame la Duchesse douairière lui ayant présenté les dames, il les reçut avec beaucoup d'accueil et leur donna sa main à baiser. Après une demi-heure de convei'sation, madame la Duchesse se leva, et l'Infant, lui ayant donné le bras, la reconduisit dans son appartement : le comte de Saint -Ëstevan, D. Lélio CarafTa et la dame d'honneur de la Duchesse furent toujoui*» présents (1). »
Nous avons insisté sur ces détails, peut-être trop minutieux, parce que nous les croyons fort peu connus et qu'ils donnent une très juste idée du cérémonial alors en usage dans les petites cours d'Italie, cérémonial qui contrastait d'ailleurs avec leur état de dépendance et de sujétion. N'est-ce pas un curieux spectacle que ce grand-duc de Toscane, vassal de l'Empire, auquel on ne permettait ni d'exercer une souveraineté
(4) Ces particularités sont extraites de la relation d*un courrier de cabinet du grand-duc de Toscane, reproduite par le journal que nous avons déjà cité.
iuellepar le Roi de la Grande- Bretagne et par le Bot de France; les lettres reversales du roi d* Espagne ; Y affranchissement de Don Carlos de la puissance patemelle , Tart. 5 de la Quadruple Alliance ne permettant pas au Roi d'Espagne d'exercer la tutelle ; enfin la résolution impériale relative à la nomination des tuteurs. Nous avons vu que TEmpereur avait délégué la duchesse douairière Dorothée de Parme et le grand duc Jean^Gaston. I^ résolution tmpéno/e se terminait ainsi : < D'ailleurs S. M. I. espère que les princes- < tuteurs ne laisseront rien manquer de leur côté par « la présentation des pleins pouvoirs reqiiis pour recec voir l'iiivestiture des duchés de Parme et de Plai- ^ sance et par la prestation de tous les autres devoirs c accoutumés au conseil et à la chancellerie àulique, c afin qu'il n'y ait rien qui les empêche d'obtenir, en c la qualité de tuteurs, l'investiture actuelle desdits ichés du trône Impérial, et cela tout au plus dans ^pace d'un an à compter du temps de la posses* c sion prise. > Or, c'est précisément ce que la cour de Séville voulait éviter à tout prix.
Cependant le délai n'était pas encore expiré, quand une nouvelle complication, étrangère à la question de Parme, vint hâter le refroidissement des deux cabmets. Il s'agissait de la fête de saint Jean-Baptiste et de la cérémonie de l'hommage. L'Empereur y vit un acte attentatoire à sa suzeraineté et fit remettre à la cour de Londres le mémoire suivant :
Mémoire raU^BBé Mir ee qui «'est p««ié à Ploreiice l« J^ur
de to Salnt-Jean-BartUitoy ifSt. .
On ne. doute pas que S. M. B. ne soit informée par son ministre résident à Florence de ce qui s'est passé au mois de juin dernier, le jour de la Saint- Jean-Baptiste, où les villes de Toscane, les feudataîres et sujets du Grand^Duc ont coutume de lui renouveler tous les ans leurs hommages.
.. Dans le temps que Ton ne discontinuait de donner à la cour impériale assurance sur assurance des bonnes intentions de Leurs Majestés Catholiques, on reçut la nouvelle qne la festivite annuelle qui s'y célèbre le jour de la Saint-Jean-Waptiste. s'était passée d'une manière différente de ce qui se pratiquait d'ail eurs en pareille rencontre el tout opposée aux engagements rapportés jusqu'ici.
Le comte de Gaymo (1) en eut quelque pressentiment, et pour cette raison il voulut s^éclaircir auprès de l'abbé Tornaquinci en quelle qualité le sérénissime Infant Don Carlos comr paraîtrait pour recevoir l'hommage. On 1 assura qu'il n'en fa^ les fonctions que comme substitut et député pour cet effet pflV un wotepropno signe du Grand-Duc. Mais peu de jours après, on fut informé que, suivant une secrète intelligence entre le ministère espagnol et florentin, on avait inséré dans la préface de rÉdit qui est lu avant la prestation de IHiommage annuel : eper S.A. iï., Giov, Gastone Primo, il Real Infante Don CarlOy Gran Principe e per se stesso^ corne legitimo immediato successore di questi deputato a ricevere Vinfrascritlo hommagio. Dès que le comte de Caymo en eut avis, il écrivit à l'abbé Tornaquinci le billet coté A, et n'ayant reçu pour réponse que ce qui est dit dans la note cotée B, il fit de
(h\ Chargé des affaires de TAutriche à Florence.
plus fortes instances pour avoir une copie de TÉdit dont il est question; sur quoi ledit Éditlui fut envoyé avec le billet marqué D, où il est à noter* que la communication ne s'est faite par ordre du Grand-Duc qu'après en avoir informé le sérénissime Infant Don Carlos par le canal du comte de Saint-Estevan.
Il serait inutile de s'étendre sur l'irrégularité du procédé qu'on vient de rapporter. La simple exposition du fait la fait
assez sentir. Il n'y a que l'Empereur qui puisse autoriser l'Infant Don Carlos à se servir des titres de Grand-Prince de Toscane du vivant du Grand-Duc. Sa qualité de légitime et immédiat successeur ne résulte que des titres énoncés ci-dessus, et c'est contrevenir manifestement aux obligations qu'un nouveau vassal contracte envers son seigneur direct et suprême que de chercher' d'autre voie que celle des auspices et du consentement de ce seigneur direct pour s'assurer de la succession éventuelle qui lui est destinée. La cour impériale croit avoir donné des preuves convaincantes de son attachement à ce qu'elle a une fois promis ; mais elle est résolue en même temps de s'y tenir une bonne fois pour toutes, l'expérience ne lui ayant que trop fait sentir qu'à force de complaisance on ne borne pas toujours les souhaits et les désirs d'autrui. Comme ces principes sont conformes à ce que la cour d'Angleterre a plus d'une fois donné à connaître, on se tient assuré dans l'occasion qui se présente de son concours à les niettre en exécution, et il ne reste que de savoir ses sentiments sur les moyens les plds propres qui pourraient conduire à une fin si juste et si nécessaire.
(Loc. cîï.IX, 42.)
En d'autres termes c'était demander la médiation de la Grande-Bretagne. Elle ne crut pas devoir la refuser et envoya des ordres à son ministre à Madrid. M. Keene fit connaître à la cour d^Espagne les réclamations de
TEmpereur^ et reçut du marquis de la Paï une réponse qui ne satisfit pas l'Autriehe. La Grande-Bretagne fit alors insinuer un premier projet d'accommodement par la note dont la teneur suit :
Mcyen d'aee^miiiodeiiieiii «•ntonu dans le Mémelre de M, Uinmon , ambaMiAdear d'Anf leierre yrès la eeur dé Wleniio, du iS Jaln t«SS.
L'expédient proposé dans la réponse de Sa Slajesté Britannique est que l'Espagne ait à consentir que Tlnfant duc de Parme demande de TEmpereur le titre de Grand-Prince de Toscane, puisqu'il est à espérer que cette seule démarche suffirait à. faire cesser toutes les difficultés faites ici sur le plein pouvoir qui a été exhibé de sa part à la cour féodale, et comme Sa Majesté Britannique ne doute pas que l'Empereur ne soit dans la miême disposition qu'elle de conser\'er autant qu'il sera possible la tranquillité publique et prévenir les effets funestes de la guerre, elle a ordonné à son ministre auprès de Sa Majesté Impériale et Catholique de tâcher d'en obtenir une promesse positive, qu*en conséquence elle veuille bien consentir que le Duc de Parme prenne le titre de Grand-Prince de Toscane, laquelle promesse serait d'autant plus à souhaiter que S. M. B., par les soins qu elle a pour le bien public et pour tout ce qui peut regarder les Intérêts particuliers de S. M. I. et C, a déjà instruit son ministre à la cour de Séville d'y représenter de la manière la plus forte la nécessité que Lelirs Majestés Catholiques permettent à l'Infant leur fils de s'adi^sser à l'Empereur pour ce titre. {Loà. cit. IX, 85.)
UEmpereur et le Roi d'Espagne acceptèrent les bMM proposées par le ministère britannique : mais il s'en ftiUd'it que pour cela l^s deux cours fussent d'ac-
eord ; restait à fixer la formule de la demande , point fort important et fort délicat. Le cabinet impérial sou-^ mit à kl cour de Londres un projet de requête qui devait être faite au nom de Tlnfant Don Carlos, plus un projet de requête pour les tuteurs de l'Infant , le tout en opposition avec le projet espagnol que Tagent des tuteurs avait communiqué au Conseil aulique. Les négociations , déjà si enchevêtrées , ne tardèrent pas à se compliquer de nouvelles réclamations de l'Espagne , au sujet de la réunion au Milanais de quelques; droits et territoires situés sur la rive du Pô , et dont jouissait le feu duc François de Parme au temps de la conclusion de la Quadruple-Alliance. De plus, l'ile de Ponza, dans le royaume de Naples, venait d'être dé* clarée incorporée aux domaines de l'Empire , malgré les droits exposés par les tuteurSé Sur ces deux points le comte de Mpntijo, ambassadeur d'Espagne à Londres , réclamait la garantie de la Grande-Bretagne. De son côté , l'Empereur se plaignait énergiquemeni des retards qu'on apportait à remplir les formalité» de l'investiture, dont le délai se trouvait expiré.
Ainsi, plus on avançait et plus il semblait difficile d'arriver à une solution amiable. C'est alors que le duc de Newcastle essaya de proposer un second moyen d'accommodement qui pouvait encore tout con-' cilier. En voici la substance :
Le comte de Montijo devait déclarer par écrite eu nom de sa cour, < que l'InÊmt Don Carlos- et wm nâ" c nistres n'avaient aucunement l'intention de dîfffirer c la prise de Tinvestiture actuelle , et que dans tout
ce qui s'était passé antérieuremeut ou n'avait jamais eu l'intention d'éluder la fbudalité stipulée par les traités. »
D'autre part, et au nom de la cour impériale , le
comte de Kinski devait déclarer, toujours par écrit , que l'Empereur ne refuserait pas d'accorder à l'in- Êint Don Carlos le litre de Grand Prince sans autre demande ultérieure; que l'investiture lui serait donnée conformément aux lois et coutumes de l'Empire envers les princes de son rang; c Que l'Empereur ordonnerait en même temps que les sujets du Milanais , possesseurs de fiefs dans les Ëtats de Parnie et de Plaisance, prétassent sans délai, s'ils ne l'avaient déjà fait, le serment de fidélité dû au sérénissime Infant ; € Qu'on conviendrait d'un terme fixe pour examiner et régler sous la médiation de àa Majesté Britannique les prétentions de l'Empereur et du duc de Parme sur la souveraineté de l'Ile de Pouza , ainsi que sur les territoires et droits dont on alléguait que le feu duc François de Parme était en possession lorsque Tinvestiture éventuelle avait été donnée ; c Et pour régler aussi de quelle manièi^e le sérénissime Infant devait être mis en possession des fiets et biens réels nominaux appartenant à la maison Farnèse dans le royaume de Naples. > « Ce projet d'accommodement fut accompagné d'un
liaémoire de M. Robinson qui expliquait les intentions
du Cabinet de Londres.
Mé^iotre préseiiié pmr Bf. m^blMMi, le « «oilt i«SS.
Comme le comte de Kinski a transmis à sa cour une copie de la lettre écrite par S. E. le Duc de Newcastel à Fambassadeur d'Espagne en date du 10-20 du mois passé, il est moins nécessaire d'en expliquer la teneur que de détailler en peu de mots par quels motifs le Roi de la Grande-Bretagne a cru convenable à la cause commune de proposer l'expédient contenu dans ta lettre susdite. Bien loin de le recommander sans supposer que TEmpereur pouvait y entrer avec honneur, S. M , persuadée comme elle l'est du désir sincère de ce Prince d*accommoder ces disputes, ne peut s'empêcher de se flatter que cet expédient ne soit approuvé, comme propositi^on qui ne vient que purement et uniquement de l'égard que le Roi a pour les parties intéressées, et de l'ardeur avec laquelle S. M. souhaite de voir rétablir entre elles une bonne intelligence; dans cette vue cet expédient est proposé également et en même temps à toutes les deux, des courriers étant envoyés de Londres à Vienne et à Madrid à la fois, de façon que S. M. ne s'étant aucunement engagée d'obtenir de la cour de Vienne qu'elle l'accepte^ ce Prince ne peut que témoigner combien il souhaite^ pour l'amour du b\m public, qu'il soit goûté de S. M. L et C, n'étant pas d'ailleurs impossible qu'il puisse Têtre de TËspagne, l'ambassadeur espagnol s'étant relâché dernièrement de plusieurs points sur lesquels il avait le plus insisté. Ce n'est pas une des moindres preuves des bonnes dispositions présentes de l'Espagne que ce que-la cérémonie de l'hommage prêté à l'Iiifant, le jour de la Saint Jean de l'année passée, n'a point été renouvelée cette année-ci. Il est donc à présent temps de finir avec l'Espagne, puisque si jamais les, disputes devaient être regardées comme d'une si grande importance à l'Empereur, elles ne peuvent pas l'être davantage qu'à l'heure même, que
des troubles survenant de tous les autres côl^s, du naoins l'Italie puisse rester dans une tranquillité parfaite, et cela sur le pied même des traités et de cette féodalité qui en fait le principal objet.
Selon le plus ou le moins d'apparence que Ton trouvera'à la cour.de Vienne de vouloir permettre au Comte de Kinski de répondre par une contre-déclaration à la déclaration que le comte de Montijo aura ordre de sa cour de faire à Londres, on pourra procéder jusqu'à souhaiter que dans les instruments dont il est fait mention dans la lettre de S. £. le duc de Newcastel, comme devant être expédiées à la fois, il- soit trouvé bon d'éviter toute sorte de récapit^lations du passé. Dans le diplôme à donner pour le titre de Grand-Prince, ce serait ôter de la grâce et de la bienveillance avec laquelle il plaira à S. M. I. de le conférer de sa bonne volonté que de reprocher à l'Infant de s'en être servi si longtemps sans la permission deS. M.I.
(Zoc. d/. IX, 107.)
Voici la réponse de la cour de Vienne :
Réponse au Mémoire préeédent^ da tS août t9U.
Il serait inutile dé faire ressouvenir M. de Robinsou de ce qui de temps en temps lui a été donné à connaître au sujet des prétendus différents griefs de la cour d'Espagne. La seule exposition du fait,^ quand elle est combinée avec le contenu de tant de Traités, actes de déclarations, reversales, garanties et autres engagements les plus forts et les plus solennels, suffit pour mettre dans tout son jour, non-seulement la justice, mais même l'indulgence du procédé de TEmpei^eur, comme aussi le tort de la cour d'Espagne et les vues dangereuses qu'elle prétend en vain cacher sous un prétexte si peu spécieux.
— ibi —
Quant à la prfse de l'investiture de Parme et de Plaisance, la concession du titre de Grand-Prince de Toscane et ce qui conviendra de faire lorsque le premier Grand-Duc de Toscane viendra à mourir sans enfants mâles, l'Empereur se flattait d'avoir épuisé tout ce qu'on peut nommer condescendance par la dédaration énoncée dans le mémoire du 31 janvier de la présente année... . Cependant, quelque fortes et convaincantes que fussent ces raisons, TEmpepeur, dans l'extrême contianee qu'il met dans les bonnes intentions de S. M. B., veut bien passer outre, non pourtant dans l'espérance de voir atteint le but salutaire que S. M. B. se propose, mais pour mettre la cOur d'Espagne dans tout son tort en cas qu'elle ne votilût pas même se conforaier à un moyen d'accommodement si fort à l'avantage de Tlnfant Don Carlos. Pour cet effet, l'Empereur munit le Comte Philippe Kinski du plein pouvoir coté À, et il l'autorise à donner la contre- déclaration cotée B en cas que le comte de Montijo remette une déclaration tellequ'elleest annoncée dans le préambule de l'actç de contre-déclaration susdit. Mais après que de ce côté on a tant fait, on croit ne pas s'éloigner des propres sentiments de S. M. B. en souhaitant que des, complaisances ultérieures ne soient pas conseillées à FEmpereur.
Elles ne pourraient être envisagées jci que comme copti^aû'es à rintérêt commun, et plu,s propres à troubler le repos de l'Europe qu'à TaBermir. Le vrai moyen de s'assura du but auquel s; M. I. et S. M. B. souhaitent également de conduire les choses est de s'en tenir aux Traités; et après tout ce que l'Empereur a sacrifié à la tranquillité publique, il croit ne rien précipiter ni faire une chose désagréable à S M. B., en réclamant dès à présent l'effet de ses garanties en cas que la oou^ d'Espagno voulût, contre toute attente, ne pas acquiescer à la çontre-dé-^ claration assignée ci-dessus.
La dispute sur les conlius entre le territoire Milanais et Parmesan est d'une nature à ne pouvoir être examinée et jugée que sur les lieux. Gomme S. M. I. fait un cas extrême de Tamitié de S. M. B., il lui sera très-agréable si le Prince veut intervenir par quelqu'un de ses ministres dans la discussion susdite.
Ni le point de Pile de Ponza, ni celui des biens de la maison Farnèse, situés au royaume de Naples, n'ont aucun rapport avec le Traité de la Quadruple-Alliance. Il est notoire que le Pape forme une prétention sur l'île de Ponza, et avant d'avoir remis à S. M. les raisons qui fondent le droit de l'Empereur, il parait impossible d'instruire sur ce sujet M. le Comte de Kinski.
Quant aux biens de la maison Farnèse situés au royaume de Naples, on ne prétend pas en^ frustrer l'Infant, au cas que la reine sa mère lui cédât son droit. Mais c'est par cette cession et non en vertu des Traités qu'il peut aspirer à la possession desdits biens. En effet, ce point n'est sujet à aucun doute , et l'Empereur ne peut en façon quelconque se départir du principe que l'Infant ne saurait les posséder que de la même manière et au même titre qu'ils ont été possédés par les Princes Issus de la maison Farnèse.
CoBtre-déclaratloii à doimer yar M« le eomle Philippe Klnskt.
(Pièce cotée B.)
Comme à Toçcasion du renouvelleçaent de l'hommage célébré à Florence le jour de la Saint-Jean-Baptiste de l'année dernière, il s'est élevé quelques différends, et qu'ensuite il a été déclaré au nom du sçr^nissime et très puissant Boi catholique des Espagnes et des Indes, Philippe V, par son ambassadeur à la cour du sérélifesime et très-puissant Boi de la Grande-Bretagne, que l'acte susdit de renouvellement de l'hommage ne tendait en aucune manière au préjudice du lien féodal, consacré, tant par le Traité de la Quadruple- Alliance que par les Traités sub-
séqueui^, déclarations, reversales et garantie^, et que Sadite Ms\^sté le Roi Catholique, non moins que les tuteurs du séfér Uissime Infant d'Espaguç, duc de Panne et de Plai^nce, li'avaient jamais $ongé et ne songent encore en aucune manière ^ contrevenir à ce lien féodal, mais qu'au contraire lesdits tuteurs satisferont sans délai à toutes les formalités nécessaires pour prendra devant le trône impérial l'investiture réelle des duchés de Parme et de Plaisance, confornyément aux devoirs du vasselage ; et comme aussi Sa Sacrée Majesté Impériale et Catholique, jalouse seulement de la conservation de ses droits et de ceux de FEmpire, est 4'^iil^Hrs prête et disposée^ nonseulement à entretenir une fidèle amitié avec Sa Sacrée Majesté Catholique, mais encore de donner au sérénissime fils de Sa Sacrée Majesté des preuves évidentes de ses sentiments bienveillants ; en conséquence, je soussigné, ministre de Sa Sacrée Majesté Impériale et Catholique à la cour du Roi de la Grande- Bretagne, muni de pleins pouvoirs à cet efl'et, je déclare à mon tour au nom de Sadite Majesté Impériale que le titre de Grand-Prince de Toscane, conformément à la réquisition faite au nom de LL. MM. Catholiques, sera accordé et le diplôme impérial expédié en forme, suivant l'usage, ainsi que la dispense d'âge, aussitôt que l'acte d'investiture sera donné.
Et pour qu'il ne puisse s'élever aucun doute sur la manière dont le sérénissime duc de Parme ei de Plaisance devra être mis en possession du Grand Duché de Toscane, en cas d'ouverture de ia succession, au nom de Sadite Sacrée Majesté Impériale, je déclare que tout se passera de la même manière qui a été observée pour la mise en possession des duchés de Parme et de Plaisance, et convenue en 1728 avec l'ambassadeur du Roi
desEspagnes, résidant alors à la cour impériale En foi de
quoi, etc. (loc. nï., IX, lU.)
Tout en acceptant le fond du projet impérial, ie comte de Montijo ne laissa pas de faire quelques observations sur la forme, et ces observations furent communiquées à la cour de Vienne par M. Robinson, dans une note du 7 septembre 1733. L'Empereur avait autorisé M. de Kinski à déclarer que le titre de Grand- Prince serait accordé conformément à la requête faite au nom de Leurs Majestés Catholiques. Le comte de Montijo insistait pour que ce titre fût accordé purement et simplement sans qu'il fût question d'aucun mémoire et d'aucune requête. On pouvait objecter à cela, disait M« Robinson, qu'en cédant sur ce point ou permettait à la cour d'Espagne de ne pas reconnaître la dignité de Grand-Prince comme une faveur émanée de Sa Majesté Impériale ; mais on y répondait qu'en acceptant le diplôme, l'Infant reconnaîtrait ce titre comme venant de TEmpereur, et cela de la manière la plus authentique ; en sorte qu'il ne s'agissait en réalité que de considérer si l'Empereur ne pourrait accorder une grâce sans alléguer le motif qui l'y dé: terminait.
Si Ton a pris la peine de comparer les deux projets de contre-déclaration , tels qu'ils étaient proposés , l'un par la Grande-Bretagne, l'autre par la cour de Vienne , on a dû s'apercevoir qu'ils différaient essentiellement sur plusieurs points. Ainsi, dans la contredéclaration de M. de Kinski il était bien question de l'investiture , mais sans insinuerle moins dn monde de quelle manière elle serait donnée. Le projet britannique disait expressément : conformément aux cou^
tuni(^s de r Empire envers les princes de son rang» L'ambassadeur d'Espagne , développant la pensée du médiateur, demandait que Tinstrumeut d'investiture fût envoyé au comte de Kinski et que cet instrument fût conforme à celui qui avait été usité de tout temps pour les duchés de Milan et de Savoie. Enfin, comme il n^était question , dans la contre^déclaration impédale, ni du serment des sujets milanais, ni de Taffaire de nie de Ponza , ni des biens de la maison Farnèse, M. Robinson, au nom de l'Espagne, et pour empêcher une rupture imminente, exprimait le vœu, dans le cas où l'Empereur ne pourrait momentanément accorder davantage sur ces trois points, qu'au moins il fixât une époque précise pour les régler d'un commun accord. Ces difficultésdonqèrent naissance à un second projet que M. Robinson reipit à la cour de Vienne avec la note dont nous venons de donner la substance. Contre toute atteinte, l'Einpereur y répondit par ua ^cqidescemeqt complet,
l|ép«ia«e de la Cour Impéirlale au Mémoire de M. de nobUuieii,
du 9 septembre 19SS.
Dans la vr^ie intention où est FEmpereur de vouloir complaire à S. M. B. en ce qu'elle paraît souhaiter de lui , on vî^ s'expliquer sur les différents points énoncés dans le mémoire de M. de Robinson, d'une manière sinfette et précise qu'il ne peut plus rien rester à désirer de la Cour impériale.
On a de la peine à concevoir pour quelle raison LL. MM. ce. souhaitent qu'on ne cite pas la réquisition qu'elles n'ont pas eu difficulté de réitérer plus d'ane fois ci-devant . Cependant comme la Cour impériale a entre les mains les preuves que cctt«
réquisition a été faite de leur parf, on ne prétend pas insister sur les mois: juxtà Catholicarum Majestatum requmlioneni. On croit pleinement satisfaire à la demande de LL. MM. ce. en accordant que la prise de l'investiture de Parme et de Plaisance se fasse delà même manière et avec les mêmes solentiités que s'est faitj le 40 de ce mois, l'acte d'investiture reçue au nom de S. M. le Roi de Sardaigne. On enverra le projet d'instrument d'investiture à M. le comte de Kinski, et on le dressera muialis mutandis, selon le modèle de celui qui set*!i expédié en conséquence de l'acte qu'on viçnt de citer.
Comme dans le papier remis à M. de Robinson le 5 du mois de mai passé, il a été dit que les ordres qu'on supposait avoir été donnés par le gouverneur de Milan, pour défendre aux sujets de l'Empereur qui possèdent des fiefs dans les Etats de Parme et de Plaisance, n'existaient point, il à paru inutile de faire aucune mention ultérieure de cet article.
Selon les relations du même gouverneur de Milan, ce sermetit a été prêté, il y a quelques mois, de tous ceux qui avaient à le faire; et si quelqu'un d'entre eux y avait manqué jusqu'ici, l'Empereur, en étant spécifiquement informé, donnerait les ordres convenables pour qu'on y satisfasse. Bien entendu, néanmoins, que la formule du serment doit être la taême que celle qui a été prêtée ci-devant aux antécesseurs du sérénissime Infant duc de Parme et de Plaisance. Et il est à noter que le serment n'est pas, à proprement parler, un serment de fidélité, mais un serment de vasselage.
On s'est suffisamment expliqué sur la prétendue souveraineté de l'île de Ponza, sur les différends par rapport aux limites du Milanais et du Parmesan, et sur les biens de la maison Farnèse situés au royaume de Naples. La voie des arbitres a paru cidevant à la cour d'Espagne la plus propre pour terminer les différends sur les limites, et il est aisé à concevoir que ces diffé-
rends sont d'une nature à ne pouvoir pas être examinés ni réglés sur les lieux.
Comme on a remis à S. M. Britannique les raisons qui fondent le droit de TEmpereur sur Tîle de Ponza, on ne peut que s'y rapporter dans les instructions à donner à M. le comte de Kinski ; à moins qu'on ne sache ce que la cour d'Espagne pourrait prétendre vouloir y opposer.
Quant aux biens de la maison Farnëse sUués au royaume de Naples, l'Empereur ne peut, en laçon quelconque , se départir du principe que ces biens ne sauraient être possédés par rinfant que de la manière et au même titre qu'ils étaient possédés ci-devant par les princes de la maison Farnèse. Avec cette réserve, pas autrement, l'Empereur consent qu'un terme uussi raisonnable qu'il sera jugé à propos soit déterminé pour déterminer tous les points susdits ; et comme il souhaite dé voir finir une bonne fois pour toutes, et le plus promptement qu'il ferait possible , toutes les disputes , il se prêtera à tou^ terme quelque court qu'il soit, que la nature des choses et la distance des lieux pourront permettre.
En conformité de ce qu'on vient de dire, M. le comte de Kinski se trouve suffisamment autorisé et complètement instruit, de sorte qu'il ne reste plus rien à désirer sur les points du mémoire de M. Roblnson, et que tout ce que Leurs Majestés peuvent souhaiter est entièrement rempli, tant par le nouveau projet, de contre-déclaration que par le contenu de la présente réponse.
L'Empereur espère que S. M. Britannique, convaincue que de ce côté-ci on s'est épuisé en facilités et complaisances, ne voudrait pas en demander davantage, puisque, non-seulement elles ne serviraient pas à assurer une parfaite tranquillité en Italie , mais qu'elles porteraient préjudice au but si louable que S. M. Britannique se propose.
Aussi, ne peut-on pas s>e dispenser de réclamer de la ma^ nière du monde la plus solennelle TeSet des garanties stipulées par tant de traités et autres actes authentiques, en cas que, contre toute attente, les offres rapportées jusqu'ici ne suffiraient pas pour conclure l'accommodement qui se traite sous la médiation de S. M. Britannique ; et comme il y a tant de rai^ sons qui font douter de la sincérité de la cour d'Espagne, les préparatifs de guerre qu'on y continue avec tant d'ardeur ne marquant rien moins qu'un vrai désir de vivre en paix et de s'occuper à ses affaires domestiques , V Empereur ne peut que réitérer , et cela avec autant d'empressement que possible , les instances dont est chargé le comte de Kinski pour l'envoi d'une flotte dans ta Méditerranée y envoi qui, selon la connaissance qu'on a ici des dispositions de la cour d'Espagne, avancera et facilitera beaucoup l'accommodement dont il s'agit, bien loin de le retarder et d'y mettre le moindre obstacle. {Lac. cit. IX.)
Ce passage est d'un grand intérêt en ce sens qu'il explique l'extrême facilité de la cour de Vienne. Sa politique était trop suivie, trop calculée , trop persévérante , pour se résoudre subitement à de pareilles concessions, et des concessions inutiles^ puisqu'à tort ou à raison on regardait l'Espagne comme éloignée de toute idée d'^accommodement. Pourquoi , en 1751, l'Empereur avait-il consenti à l'introduction des garnisons espagnoles, malgré le sens précis du traité de la Quadruple-Alliance ? Pour obtenir la garantie de la Pragmatique sanction. Pourquoi, en 1735, après avoir défendu le terrain pied à pied, après tant de négociations, de déclarations, de contre -déclara-
lioiis , le voyons-nous satisfîiire à la presque totalitt'. des demandes de la cour de Se ville ? Pour mettre TEs- |)agne dans son tort , comme le disait un des mémoires cités plus haut , et pouvoir revendiquer à ce titre la garantie armée de la Grande-Bretagne, au moment où les aiTaires de Pologne allaient peut-être allumer une guerre européenne.