CONCLUSION
Quoiqu’il en soit, dès l’année 1736, et aux tennes des actés de cession dont nous venons de donner la teneur, Philippe V sortait victorieux d’une lutte qu’il soutenait depuis le conunenccment du siècle.
Dépossédé des Deux-Siciles par les désastres de 1707, et, plus tard, par les stipulations d’Utrecht; ac> câblé par la quadruple Alliance ; allié de l’Autriche par le premier traité de Vienne, de la France et de l’Angleterre par le traité de Séville; maître des duchés par le second traité de Vienne; combattant et négociant tour à tour, avec cette persévérance qui est l’âme de toute politique, le petit-fils de Louis XFV n’avait jamais perdu de vue ses beaux royaumes de Naples et de Sicile ; ses armes venaient de les conquérir, et la paix les conservait à son fils , un de ces hommes
privilégiés qui réunissent toutes les vertus royales ù toutes les vertus privées.
Une nouvelle dynastie entrait ainsi dans la grande famille des Souverains de l’Europe.
Esquissons rapidement son histoire depuis son avènement jusqu’à nos jours.
Don Carlos régna vingt-cinq ans sur les Deux-Siciles, sous le nom de Charles VII ; appelé, en 1739, suile trône d’Espagne par la mort de Ferdinand VI, son frère consanguin, ilyporta, sous le nom dcCharlesIII, les mômes vertus et la même grandeur. Monarque législateur, il put, dans le coui-s d’une môme vie, créer un Royaume et eu réorganiser un autre ; et quand la volonté du Ciel vint mettre un terme à sa longue carrière , les regrets de deux peuples l’accompagnèrent au tombeau.
 Naples, comme à Madrid, sa mémoire est encore en vénération.
Nommer Ferdinand IV (l), son fils et son succes- LUîur dans les Deux-Siciles , c’est rappeler toutes les infortunes qui peuvent accabler une famille royale. Nous aurons prochainement occasion d’étudier ce règne si dramatique et si plein d’événements.
François F’' lui succéda en 1825, et laissa la couronne, en 1830, au Roi Ferdinand II , dont l’attitude a été si remarquable lors des derniers boulevci'scments de l’Europe.
(I) Il prit If titre de Ferdinand I", après le congrès de Vienne , comme Roi du royaume des DeuJC-Siciles.
Seul, pendant que les trônes s’écroulaient autour de lui, sans les étrangers , malgré même les étrangers , il sût tenir tête à l’insurrection , la réduire par la force et la désarmer par la clémence.
Naples doit à Charles III sa naissance politique et son existence comme nation ; elle doit à Ferdinand II son existence comme société civilisée. Charles III l’enleva à la domination étrangère , Ferdinand II à la révolution. Le premier fut le fondateur des Deux- Siciles, le second en fut le libérateur. Deux rôles également grands , deux missions également providentielles.