‹ Nélida ou Les guerres canadiennes, 1812-1814 [microforme]Chapitre 1 sur 22 · Nélida ou Les guerres canadiennes, 1812-1814 [microforme] · texte numérisé non relu

Nélida ou Les guerres canadiennes, 1812-1814 [microforme]

Vers la fin de mai de l'année 1812, le capitaine Robert pénétrait dans le fleuve Saint-Laurent sur un léger brick, qui virait avec la plus gracieuse

coquetterie dans ce lar et profond bassin, soumis au flux et au reflux à plus de 130 lieues de profondeur dans les terres. Ce capitaine était ui vieux marin d'une énergie et d'une bravoure à tot épreuve. Ayant parcouru la plupart des mers du globe dans ses voyages, son intelligence s'était

ornée de connaissances variées et d'une grande . expérience des choses humaines. Ses talents mari: times lui avaient depuis longtemps acquis l'estime de ses chefs. Ils aimaïent à le consulter, car ses conseils étaient ordinairement marqués au coin 4 d'une prudence consommée. En ce moment, il reves À

nait de France, ia yatrie de ses ancûtres, et rapportait un surcroît d'amour pour cette belle contrée due, dans sa pensée, nul autre pays du monde n'égalait en urbanité, en gloire et en générosité.

Il possédait à son bord un jeune Français qu'il avait pris en singulière estime, durant la traversée. - G'était un petit-neveu de Monseigneur & Plessis, v -

T'âlors évèque de Québec. Nature aventureuse et chevaleresque, mais antipathique à toute espèce de contrainte, il se rendait au Canada dans l'espoir d'y acquérir un peu de gloire et un peu de fortune.

Lors de la grande émigration qui eut lieu parmi les Français du Canada, après la cession de celuici à l'Angleterre, son père avait abandonné des biens immenses pour regagner sa patrie. La révolution ayant achevé de le ruiner, il était mort de

* chagrin, laissant -sa veuve avec un enfant encore en bas-âge. C'était cet enfant, qui, devenu homme. venait aujourd'hui tenter de récupérer une partie de cette fortune que son père avait perdue. Tel était du moins son but avoué; mais il en avait un

plus relevé, quil avait la ferme volonté de réaliser,

dût-il lui en coûter la vie. A l’époque de cette même

émigration, um parti d'Indiens s'étant jeté sur les

environs de Québec, avait enlevé une jeune sœur

et un frère de l'émigrant, sans que celui-ci pût découvrir ce qu'ils étaient devenus.

Depuis lors, Monseigneur Bx Plessis avait fait

faire les recherches les plus minutieuses, sans être

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