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ellule > bien
bois pour
le défunt. Quelquefois on y grave son portrait et d'autres figures qui représentent les plus belles actions de sa vie. Le mari cache les larmes que lui arrache la mort d'une femme aimée, car les larmes ne conviennent pas aux hommes ; mais les femmes
| pleurent leur mari peñndant une année entière, l'ap- | pelant sans cesse, remplissant le’ village de cris,
surtout au lever et au coucher du soleil, lorsqu'elles vont au travail ou qu'elles en reviennent. Les mères portent aussi, pendant un an, le deuil de leurs enfants.
La fête des morts, que par une interpellation touchante ils désignent sous le nom de festin des
âmes, constitue l’une des cérémonies les plus remar-
quables de la religion des Indiens et la solennité avec laquelle ils la célèbrent dénote le profond respect qu'ils ont pour les morts et l'espèce de culte avec lequel ils les vénèrent. On commence par fixer le lieu de l'assemblée. Un chef choisi parmi les vieillards les plus religieux, est chargé de régler toutes les cérémonies et de faire les Invitations aux villages voisins.
Au jour désigné, les Indiens qui ont nie à
| l'appel s'assemblent deux à deux et se rendent en procession au cimetière du village. Les derniers
restes de ceux qui jadis remplirent la localité de leur vie, de leurs vertus ou de leurs fautes sont décou-
verts au milieu d'un grand silence et, à cet aspect,
cette foule recueillie demeure immobile, absorbée: :
dans la contemplation de ce lugubre spectacle. Les-
femmes seules interrompent ce recueillement pieux en poussant des cris lamentables.
Cependant des membres de chaque famille descendant dans les fosses ramassent les ossements des ancêtres, les renferment dans des peaux de castor, et, chargés de ce précieux fardeau, se mettent en marche vers la bourgade. Toute la procession les suit en se rangeant dans l'ordre qu'elle avait à son arrivée. Pendant la marche, les femmes continuent leurs gémissements, versent des larmes et poussent des cris aigus et plaintifs. A l'entrée de chaque cabane, les parents reçoivent des porteurs les restes vénérés de leurs ancêtres et invitent les membres de leur famille et les étrangers à un festin en l'honneur des morts aimés. Après le repas, tous se réunissent sous les grands arbres où se tiennent les assemblées des vieillards et qui forment la place publique et le forum de ces populations primitives. Sous les regards des anciens et des matrones, les jeunes guerriers se livrent à des danses mortuaires avec les jeunes filles, puis commencent les grands jeux de la course, du tir et des combats singuliers, pour chacun desquels des prix sont décernés par des juges désignés.
Pour rappeler à la jeunesse oublieuse et légère la gravité qui sied au milieu de pareilles fêtes, des personnes sont chargées de pousser d'intervalle. en intervalle, des cris perçants que lon appelle les : cris des âmes. Aussi tout se passe-t-il, dans ces jours solennels, avec beaucoup d'ordre, et jusqu'aux danses
ements
laires rands liers, S par
écère , des le.en > les ‘ ours nses
des jeunes gens tout semble respirer quelque chose de triste et de douloureux. Les jours suivants, le repos particulier est remplacé par des festins publics: accompagnés des mêmes jeux et des mêmes : combats que le premier jour. C’est durant ces jours, qu'en plusieurs endroits, les morts, sont promenés d'une bourgade à l'autre et partout sont reçus avec de grandes démonstrations de douleurs et de tendresse. Toutes ces marches et processions se font en. cadence, au son des instruments, accompagnés des chants des voix les plus belles et les plus fraiches. Ces imposantes cérémonies se terminent par la visite à la salle. du conseil. Cette salle immense où se sont débattus les grands intérêts de la patrie, qui a retenti des accents des 1orateurs qui ont cessé de vivre, est ornée avec un soin tout particulier. On y arrive en procession avec une gravité plus imposante encore que dans les précédentes. Les ossements des morts sont suspendus aux murs dans leurs peaux de castors, et au-dessus, chacun place les présents qui sont destinés à les rejoindre dans le tombeau où bientôt ils seront de nouveau déposés jusqu'à l'année suivante. 4 Lorsque tout le monde s’est rangé à la place assigne à chacun, le chef de la tribu se levant, chante la chanson de son prédécesseur, retrace sa vie, ses hauts faits, ses vertus, dans un discours imagé, souvent plein d'élévation, toujours parfumé de cette poésie qui caractérise les paroles des héros de l'Iliade. Ce chef donne ensuite un repas en
son nom, après lequel les ossements des défunts sont reconduits à leur sépulture. Avant de les y déposer, . on tapisse la fosse commune des pelleteries les plus belles et les plus rares, et chaque famille y dépose ce qu'elle a de plus précieux, Les présents sont placés à part. Pendant que les ossements sont rangés dans leur niche, les parents se tiennent sur des échafauds dressés autour de la fosse et les femmes recommencent leurs gémissements et leurs sanglots. Tous les assistants descendent ensuite dans la fosse, où chacun prend un »eu de terre, pour la conserver précieusement. Sur les pauvres planches qui recouvrent les morts, on entasse des écorces sèches, puis on étend d'épaisses couches de charmille qui sont, à leur tour, recouvertes de terre et de pierres. Ce pieux devoir rempli, l'assemblée se retire silencieuse et pensive, pour retourner à ses occupations
ordinaires. | plu Pendant ces fêtes, Alléwémi n'avait cessé de leu
‘ renouveler ses importunités auprès de Nélida qui, les toujours, l'avait repoussé avec dédain. Cette obsti- po nation, en augmentant encore la haine d’Alléwémi, ler le remplit d'une sombre fureur. Il résolut d'en finir: pe et dit à la jeune fille : | 6 — Tu ne veux pas devenir volontairement ma ar femme, eh bien! ton frère va mourir, tu n'en seras pè pas moins mon épouse, mais alors je te traiterai fe comme la plus vile des esclaves. et
— Le fils d'Oskouï brave tes vaines mengces, s'écria Ulémas. il acun cœur d'aigle, toi tu n'as qué v
Jations
sé de a qui, obstiwémi, à finir It ma
seras iterai
aces, s qué
l'âme vile d'un loup! Il saura mourir et tu n'épouseras pas sa sœur. :
Alléwémi fit parcourir le village par un crieur qui annonça la mort prochaine d'Ulémas. Toute la peuplade fut bientôt sur la clairière : hommes, femmes, enfants, tous ceux qui venaient de se signaler par des usages si touchants, se réjouissaient maintenant de voir mourir un jeune homme, beau comme un blanc, plein de vie et fait pour le bonheur. Les uns faisaient retentir l'air de clameurs désordonnées, d'autres joignaient les mains avec frénésie, tous exprimaient la joie féroce que leur causait, cet événement. Bientôt on vit déboucher sur la clairière une troupe de guerriers dont le chef portait une perche àlaquelle ét aient suspendues plusieurs chevelures humaines. |
Aussitôt tous les spectateurs furent en proie à la plus tumultueuse agitation. Les guerriers tirèrent leurs couteaux et se rangèrent sur deux lignes entre lesquelles devaient passer les victimes. Les femmes, pour prendre part au cruel divertissement qu'on leur offrait, saisirent des massues, des haches, des perches et autres instruments de supplice qui leur tombaient sous la main. Les enfañts eux-mêmes arrachaient des tomahawks de la ceinture de leurs pères- et se glissaient dans les rangs. Une vieille femme hideuse et repoussante, abrutie par le vice et les passions, alluma des monceaux de broussailles épars autour de la clairière, et les clartés qui s'éle-
vèrent des brasiers continuèrent à rendre plus
hideux et plus saisissant ce tableau encadré d'une
“Simple bordure de pins gigantesques. Ulémas
s'avançait le premier, droit, impassible, contemplant d'un œil ferme les préparatifs du supplice. Nélida le suivait les yeux baissés, le visage pâle, brisée, et plus morte que vive. Quand elle passa près d'Alléwémi, celui-ci lui dit encore :
— D'un mot, tu peux le sauver!
— Laisse-moi, monstre, lui répondit-elle, je veux mourir. |
Comme elle achevait ces mots, un cri terrible s'éleva ‘du milieu de toute cette foule surexcitée. Elle releva la tête et vit un spectacle qui la fit palpiter de joie. Au moment de passer entre les lignes des guerriers qui devaient commencer son supplice par la torture des verges, Ulémas, bondissant comme un daim, tourna court, sauta par-dessus la tête de quelques enfants, brisa par un effort surhumain les
liens d'écorce qui l’enchainaient, et s'enfuit avant
qu'on eût le temps de lui porter un seul coup. La multitude furieuse se répandit en imprécations et
se mit à courir dans tous les sens. La clairière,
illuminée de flammes rougeâtres, semblait le rendez-vous d'une horde de démons. Les clartés faisaient ressortir la fureur peinte sur le visage des uns ; l'obscurité qui enveloppait les plus éloignés donnait un aspect fantastique à leurs gestes désordonnés.
Ulémas, bondissant comme un cerf, cherchait une issue par laquelle il pût s'échapper. Arrivé à
ble
ontempplice.
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Je veux
errible xcitée.
palpilignes ipplice °omme .
ête de in les avant p. La ns et rière, renfai- !
> des gnés sor-
hait | Vé à
é d'une Ulémas
june des extrémités de la clairière, il y aperçut .
tout à coup un groupe d'ennemis qui l'attendaient au passage. Se rejetant en arrière, il traversa un des feux et s'élança vers l'extrémité opposée ; mais les plus vieux des Iroquois levaient déjà leurs tomahawks pour le frapper. Il se rejeta dans la mêlée dont le désordre lui présentait plus de chances de salut. Armes, massues, couteaux sont de toutes parts dirigés contre lui par la multitude furieuse que la rage égarait. Les cris perçants des femmes, les féroces hurlements des guerriers retentissaient autour du fuyard; mais toujours celui-ci échappait à ses ennemis par des bonds qui dépassaient la force et l'activité humaines.
Cerné dans tous les sens, il sembla faire un effort désespéré pour atteindre le bois, fendit l'air comme
un trait, renversa sa sœur dans son élan, en lui
disant : « Fais la morte, et, à la faveur du désordre,
glisse-toi vers la forêt! - Puis il continua sa course
furieuse, renversant tout dans son impétuosité et finit par atteindre le poteau peint qui était placé
devant la porte de la cabane principale et dont le
simple contact le rendait désormais sacré et inviolable jusqu'au moment où le conseil entier” de la tribu convoqué pour prononcer sur son sort, aurait rendu une décision de mort. Hors d'haleine, respirant péniblement, Ulémas entourait d'un bras le poteau protecteur, sans laisser échapper le moindre signe de terreur ou de faiblesse, bien que la sentence qui
l'attendait ne fût pas difficile à prévoir, s’il fallait en
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juger par les sentiments de la multitude. Il semblait, au contraire, rayonner d'une joie sereine, promenait une regard ardent sur la foule, souriait d'un air triomphant, quoique personne ne püût se rendre compte d'un pareil changement dans un jeune homme qui paraissait n'avoir eu d'autre but que celui d'éviter la mort. C'est qu'Ulémas, parmi cette foule, n'apercevait plus sa sœur ; elle avait disparu.
Cependant les femmes désappointées de voir leur victime leur échapper, épuisaient sur lui tous les termes les plus injurieux de leur langue. Elles le raillaient de ses tentatives d'évasion ; elles lui disaient que ses pieds valaient mieux que ses mains, qu'il était digne d'avoir des ailes, mais qu'il ne savait se servir ni d'un arc, ni d'un couteau.
Le prisonnier ne répondait à ces injures que par son attitude pleine de hauteur et de mépris. Plus croissait l’outrage, plus il semblait s'élever en fierté, en héroïque contenance. Exaspérés par ce maintien dédaigneux, les sauvages firent succéder des cris perçants à leurs murmures confus et inintelligibles. La vieille femme qui avait allumé les feux, s’avançant alors jusqu'en face du vaincu, se campa devant lui, sale, ridée, couverte à peine de haillons et faisant claquer ses doigts en étendant vers lui son bras décharné, elle s'écria : « Fils d'Oskouï, tu proviens d'une nation de femmes; nos filles te feront des jupons; nous te trouverons un mari. » Cette saillie fut accueillie par un éclat de-rire sruvage, dans lequel la voix douce et musicale des jeunes
femmes se mélait étrangement aux glapissements des plus vieilles. Mais l'étranger bravait toutes les insultes comme s’il ne les eût pas entendues ; il avait J'air de se croire seul, défiait tous les outrages par la noblesse de son maintien plein d'une fierté majestueuse, et lançait des regards de superbe défi aux guerriers qui restaient à l'écart, muets et sombres spectateurs de cette scène. La vieille, que cette conduite exaspérait, se mit les mains sur les hanches et vomit de nouvelles insultes avec tant d'emportement que l'écume lui en venait à la bouche; mais le prisonnier demeura inébranlable. Un jeune guerrier vint alors à l'aide de la noire et hideuse virago, agita son tomahawk au-dessus de la tête d'Ulémas avec des gestes furieux, mais celui-ci se contenta d'abaisser sur l'adolescent un regard de pitié qui le couvrit de confusion.
Un cri subit vint mettre fin à toutes ces provocations : « La prisonnière! la prisonnière! qu'on l'attache près de lui au poteau et qu'ils meurent ensemble! » La foule exaspérée répète aussitôt : « La prisonnière! la prisonnière! » On cherche autour de soi, on fouille la foule pressée autour du poteau, mais on ne découvre rien. Alléwémi, obligé de présider le conseil qui venait de se réunir, entend répéter ces mots : « Elle a disparu. + Il accourt sur les lieux, examine tout, ne découvre rien. Une agitation nouvelle fait aussitôt fluctuer cette masse impressionnable. On se répand dans tous les sens ; on interroge les moindres plis du terrain; toutes
NÂLIDA, 18*
les recherches sont vaines : Nélida a disparu. L'œil en feu, la bouche écumante, le corps frémissant, Alléwémi revient vers le prisonnier et le voit sourire d'un air de triomphe insultant.
— Où est ta sœur? hurle-t-il avec emportement.
— N'ai-je pas dit au puissant chef Iroquois au le fils d'Oskouï saurait mourir, mais que lui n'épouserait jamais sa sœur ?
— Meurs donc! s'écria Alléwémi exasperé, car tu n'es qu'un chien et tu ne vaux pas le bûcher!
En disant ces mots, le chef Iroquois grinça des dents dé fureur et brandissant son tomahawxk, il le lança violemment sur Ulémas en le visant au front. Le jeune homme impassible se baïssa et la hache homicide alla s’enfoncer dans le poteau où elle resta suspendue. Se redressant alors, le mépris aux lèvres, Ulémas lui dit en souriant :
— Je savais qu'Alléwémi, le meurtrier d'Oskouï, ne pouvait avoir tué le plus vaillant des guerriers que par l'assassinat.
— Tu mens! s'écria l'Iroquois ivre de fureur.
— Le lâche seul peut mentir; Alléwémi vient de prouver qu'il n'était qu'un läcc>
Alléwémi, arrivé au der. 1 deuré de la fureur, tira son couteau et courut vers Ulémas pour l'en frapper au cœur; mais d'un bond le jeune homme se jeta sur son ennemi, lui saisit le poing, le força à jâcher l'arme qu'il tenait à la main et saisissant le sauvage à bras le corps, comm une lutte acharnée. La foule des Iroquois accourut aussitôt,
mais à interve teurs fait a riant, de to par s( rugissi ser 80 ser in comme rage.
La memb sage € horrib lance plus à disaie pour 1 les au fer, qu le jeu reille terrib tant S à son ses éi comm avec
L'œil mais à l'aspect de ce combat, pas un ne crut devoir sant, intervenir et tous se bornèrent à demeurer spectaurire teurs de cette lutte formidable, Le silence s'était | | fait autour des deux joûteurs. Ulémas, calme, sou-
ment. M riant, impassible, brave comme un héros, profitait S qu #} de toutes les fautes de son ennemi qu'il épuisait Éépou- | par son immobilité. Celui-ci, soufflant, écumant,
rugissant, faisait d'incroyables efforts pour renverar tu ser son adversaire, mais ne réussissait qu'à s'épui-
ser inutilement. La honte de pouvoir être vaincu à des commençait à colorer son front et redoublait sa il le l'age. | ront. La sueur découlait à grosses gouttes de tous ses: ache membres, brouillant les figures peintes sur son vi- | resta sage et sur sa poitrine, et lui donnant un aspect | aux horrible à voir. Les vieillards admiraient la vail- |
lance du jeune chef et les femmes ne songeaient touï, plus à l'outrager. « Le jeune renard nous a jouées, | | riers disaient les unes avec dépit; il ne s’est enfui que L:4
pour nous eulever sa sœur. Qu'il est beau ! disaient les autres; quels muscles d'acier, quel poignet de
it de fer, quel jarret de roc! »Les anciens s'étonnaient que |
le jeune buffle pût si longtemps soutenir une pa- ne eur, reille lutte contre leur chef le plus redouté, le plus |: l'en terrible. Ce fut bien pis encore, lorsqu'Ulémas sen- | | nme tant son adversaire épuisé en vains efforts, s'anima | | Ça à son tour, fit craquer les membres de son rival dans | À sant
comme un r -et tout à coup, l'enlevant de terre avec une force surhumaine, le jeta sur le sol, lui
ses étreintes | mt le plia sur lui-même
plaça un genou sur la poitrine, tordit autour de sa main la touffe de cheveux qui surmontait son crâne, et chercha son couteau pour le scalper; mais le prisonnier n'en portait point à sa ceinture.
— Iroquois! ce lâche m'appartient! s’écria-t-il, l'assassin de mon père doit périr de mes mains.
Tous les vieillards avaient poussé une exciamation de douleur en voyant tomber leur redoutable chef. Ils cachèrent leurs têtes dans leurs mains et ne répondirent point.
"Un jeune guerrier, sur un signe d'Alléwémi,
s'avança alors pour frapper en traître le vaillant - Ulémas. Mais au moment où il levait le fatal coutelas au-dessus de la tète du vainqueur, un sifflement aigu, aussitôt suivi de la détonation d'un rifle, se fit entendre et l'assassin roula foudroyé au côté, d'Ulémas. Celui-ci, étonné de ce coup de feu imprévu, sentit Alléwémi se dérober sous lui et lui échapper. Une confusion impossible à dépeindre se répandit parmi les Iroquois à cette soudaine apparition de la mort au milieu d'eux. Mais Alléwémi ne voyait rien, n’entendait rien que la honte qui rugissait en lui et la soif de vengeance qui le dévorait. Ayant ramassé son coutelas, il revint sur Ulémas avec la fureur d'un taureau et deux fois le frappa traîtreusement en pleine poitrine. Ulémas chancela sur lui-même. et roula sur le sol.
Un cri terrible de jeune fille retentit en ce mo-
ment et vingt coups de feu envoyer de consternation et la mort parini les Iroquois. Afôrs apparurent
de sa crâne, nais le
ia-t-il, ns.
clamautable ins et
Wémi, aillant 1 cousifflea rifle, u côté, prévu, apper.
pandit on de voyait ait en Ayant vec la Îtreua sur
e moerna- ‘urent
deux hommes qui, à la tête d'une petite troupe, se ruèrent avec un irrésistible élan sur les Indiens pris à l'improviste et en firent un épouvantable carnage. C'était le capitaine Robert suivi du chevalier Louis. Le premier ne cessait de crier aux siens : « Exterminez les coquins ! point de quartier aux maudits Iroquois! » Et sa main faisait pleuvoir la mort autour de lui. Alléwémi l'aperçut terrible, formidable, jouant de la crosse de son rifle et fracassant les crânes avec acharnement. Il comprit que tout était perdu, s'il ne parvenait à.rallier les siens en les arrachant à leur terreur panique. Il marcha droit au capitaine, et un combat acharné recommenca entre ces deux hommes. Alléwémi brandissait sa terrible hache d'armes ; le capitaine jouait de la crosse de son rifle. Les deux armes se brisèrent dans la lutte. Ils se saisirent corps à corps et disparurent au milieu du nuage de poussière qui tourbillonnait sur la plate-forme comme un ouragan.
Couverts de poussièr- et de sang, les deux corps, dans leurs évolutions rapides, paraissaient ne plus en former qu'un seul. Les yeux d’Alléwémi étincelaient comme ceux d'un basilic. |
Le combat commencé au centre du village se termina à son extrémité. Plus vigoureux, plus jeune, moins épuisé, le capitaine Rokert étant, en un instant, parvenu à se débarrasser des étreintes de son adversaire, saisit un tomahawk à la ceinture d’un indien qui ù à en asséna un coup qui l'étendit raide mort e nt en l'air l'arme fatale, il revint
droit à son adversaire. Celui-ci comprit alors que cen était fait de lui, croisa les bras et demeura immobile en commençant sa chanson de mort.
. — Je fus vaillant entre les plus braves. Les daims ne connurent jamais chasseur plus agile et plus adroit. Les armées tremblaient au seul bruit de mon nom. J'ai scalpé les chevelures par centaines,
« Ma vie fut consacrée à venger un outrage. Un jour les verges touchèrent le dos d'un prisonnier. Il tua son meurtrier après lui avoir porté à tuer son propre fils. Le second de ses enfants tomba frappé de mon couteau. Sa fille seule échappe à ma fureur ; mais Areskouï est maître des destinées. Je vais rejoindre mes pères au pays des âmes. Je souris à la mort; mes vainqueurs ne se vanteront pas de m'avoir vu regretter la vie. »
Pendant qu'il chantait, le capitaine, terrible, l'œil fulgurant, les narines dilatées, lé bras frémissant, tenait la hache terrible suspendue au-dessus du crâne de la victime, mais il n'y put surprendre la moindre contraction. |
Quand il eut achevé son chant funèbre, l'arme s'abaissa comme la foudre, son crâne vola en éclats, des deux côtés retombèrent sur ses épaules deux lambeaux sanglants. Un instant encore Alléwémi resta debout horrible.à voir, puis chancela et tomba sur la terre. Dans le village incendigé, tout avait fui ou tombait frappé de mort. |
Dès le commencement du combat, Nélida s'était
souris pas de
e, l'œil Issant, us du dre la
l'arme clats,
deux wémi omba, ait fui
était |
précipitée du côté où se trouvait son frère. À la vue du jeune homme frappé à mort, elle le saisit dans ses bras et se répandit en pleurs. Ulémas appuya doucement sa tête alanguie sur la poitrine de la jeune fille, lui sourit d'un air ineffable et mourut beureux d’avoir contribué à la sauver. Le chevalier Louis l'arracha évanouie à cette dernière étreinte de la mort.
La guerre canadienne était terminée. La paix fut signée à Gand au mois de décembre de 1814, ratifiée à Washington, le 18 février 1815 et publiée à Québec au mois de mars suivant.
Le jour même de sa publication à Québec, Monseigneur Buplessis unissait dans la cathédrale avec une grande pompe un jeune couple dont on enviait le bonheur. Un vieux capitaine et une femme déjà sur le retour servaient de père et de mère aux deux mariés qui rayonnaient de bonheur. C'était le capitaine Robert; c'était la mère du chevalier Louis qu'on avait remise en possession de tous les biens de son père, en récompense des services qu’il avait rendus pendant la guerre de l'Indépendance.
ee
* Le chevalier Louis. . . Les anges du rocher .
. Premières hostilités. .
. La mère de Nélida.
: Leg revers .
. Les adieux, e triomphe .
.. Les captifs . . . +
Tou ua, typ. H. Casterman,