‹ NémésisChapitre 13 sur 78 · A M. VICTOR COUSIN · texte numérisé non relu

A M. VICTOR COUSIN

En quels consevimui agros .' Voilà pour quelles gens nous payons le builgcl ! ( Virgile , traduction de DelilU.)

Une seule pensée obsède notre vie !

Que nous font aujourd'hui Lisbonne et Varsovie,

Et la peste lointaine, ou le Belge voisin ?

De ses rêves de gloire oubliant la chimère,

* M. Victor Cousin est ce philosophe qui se faisait louer si souvent par la Gazette, sous Charles X, et qui recevait de ce roi des places et la décoration de la Léf^ion-d'Honneur. Depuis le gouvernement de Juillet , peu de semaines se passent sans que le Moniteur nous annonce une nouvelle dignité accordée à M. Cousin, par conséquent soUicitée par lui. Avec sa modestie de philosophe et son intrigue psychologique, il est aujourd'hui académicien, ins-

La France des trois-jours, comme une jeune mère^ A soif du bonheur de Cousin.

Aussi le Moniteur, son fidèle interprète, A toujours pour son fils une colonne prête, Répertoire de croix et de bons du trésor ; Pour nous consoler tous de la publique gêne, U construit le tonneau du pâle Diogène, Et le garnit de cercles d'or.

Dans notre siècle athée, heureux qui se confie Au modeste repos de la philosophie !

Heureux qui lit Platon mieux qu'un Grec de Péra , Danse aux joyeux salons où le monde l'invite,

pecteur de l'éducation en Prusse, membre du conseil d'instruction publique, conunis-voyageur de l'Université, officier delà Légiond'Honneur et conseiller d'État. M. Cousin est un de ces obscurs rêveurs, fléaux des libraires, dont personne ne parlerait, s'ils n'avaient eu soin de se faire cent articles dans leur Journal des Délais. IN'i'st-il pas temps qu'un ministère national airèle loutes ces jongle lies, toutes ces intrigues de fausse bonhomie pliilosophique, toutes ces ruineuses déprédations?

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