IVRESSE
Bien que chaque matin un avis funéraire
Du clioléra-morbus trace l'itinéraire ,
Et que, pour lui ravir son horrible tribut,
La peur ait épuisé l'huile de Cajeput,
Dans le chaos brillant où tout malheur s'oublie ,
Paris a conservé sa stoïque folie.
Insoucieux Paris ! rien ne peut l'émouvoir :
Au milieu du fracas il vit sans le savoir,
il court d'un pied léger sur un chemin d'épines,
Comme le jeune enfant du tableau des Sabines;
Le Paris de Juillet, enfant de quinze mois,
Sourit aux glaives nus et joue avec ses doigts.
Eh ! que sert de subir une terreur panique .*
Chaque jour n'a-t-il pas sa nouvelle chronique?