IVRESSE
Aujourd'hui c'est Pasta, Tancrède féminin,^
Qui franchit, pour nous voir, la Manche et l'Apennin ;
Dans son royaume d'or, par un essai timide,
Véron vient d'exhumer la chevrotante Armide ; '"
Puis, c'est Léocadie et son doux fandango;*'
Puis , sur le boulevart ennobli par Hugo ,
De l'arc de Saint-Denis le fraternel portique
S'ouvre , et fait large place au drame romantique ;
C'est Montansier, berceau de la vieille chanson.
Riant de son voisin ébranlé par Samson ; *-
C'est le martyr Ouélen qui fulmine une bulle;
C'est Bouffé du Gymnase , Odry le Funambule ;
La vive parodie à l'excitant grelot ;
La pesante gaîté du tragique Ancelot ;
Monnier, le double artiste, ^^ émule de Gran ville.
Qui se traduit en scène et se fait vaudeville ;
Tous les joyeux acteurs qui, du peuple chéris.
Epuisent, chaque soir, la gaîté de Paris.
Puis bourdonnent dans l'air, comme un essaim d'abeilles.
Ces riens étourdissans . éphémères merveilles.
Modernes aujourd'hui et godiiques demain, Que les oisifs heureux aspirent en chemin , Qu'enluminent si bien dans leur feuille légère. Ou le Sterne espagnol de la cité Bergère, '^ Ou ce Corsaire ami qui, dans son droit sillon. Au vice, en pleine mer, fait baisser pavillon.
Bien! joyeux citadins que Tivresse rassemble, Poursuivez votre bal sur le plancher qui tremble ; A quoi bon vous ronger d'un inutile soin ? Que craignez-vous? la guerre et la peste sont loin Attendez , pour sortir des molles rêveries , Que le canon du Czar résonne aux Tuileries , Ou que devant Noblet, au splendide Opéra, Un de vous, on l'iant, meure du choléra.
VENDREDI SOm. — SEIZE SEPTEMBRE.
DestijNÉE a périr!!! l'oracle avait raison! Faut-11 accuser Dieu, le sort, la trahison?