IL— MA DISGRACE OFFICIELLE
' L'annuel traitement
M. Barthélémy avait 1,500 fr. de pension sur les fonds inscrits au budget au profit des gens de lettres. M. d'Argout , ministre du commerce, les lui supprima dès le premier numéro de Némésis.
^ En dépit de Cuvier
M. le baron Cuvier , directeur du Jardin-des-Plantes , enlevé aux sciences dans le mois de mai 1832.
" L'algébrique Dupin.
M. le baron Charles Dupin, frère cadet de M. Dupin, président de la Chambre des Députés.
* Le nommé Villemain, si maltraité dans l'Eure, Ne fera plus de cours à trois cents francs par heure.
M. Villemain est professeur d'éloquence française à la faculté des lettres; il touche six mille francs par an pour faire faire son cours par un suppléant.
-* Au milieu de son île , où manque un Hudson-Love.
Sir Hudson-Love, gouverneur de l'île Sainte-Hélène lorsque Napoléon habitait cette île , sera éternellement en exécration par les rigueurs qu'il exerça envers son illustre prisonnier.
^ Les Pampelune et les Bellart.
Deux grands pourvoyeurs de cachots sous la restauration : les Persil de l'époque. M. Bellart, procureur général, a attaché à son nom une fatale célébrité en portant la parole devant la Cour des Pairs contre le maréchal Ney.
^ Aux martyrs de Saumur, à ceux de la Rochelle.
La conspiration de Saumur , dont le général Berton était le chef, et celle de la Rochelle , si connue sous le nom de conspiration des quatre sergens.
^ Vendredi 15 avril. — Quatre heures.
Le L5 avril 1831 , après dix jours de débats, le jury a acquitté
à l'unanimité les dix-huit accu8<5s du complot tendant à renverser le gouvernement ; etc., etc.
L'Hôpital et Sully.
Le péristyle de la Chambre des Députes, qui fait face au pont de la Révolution , est orné de statues ciselées par Houdon. Les statues de L'Hôpital et de Sully s'y font principalement remarquer.
- S'alignent encaissés les greffiers de la presse. La tribune des journalistes.
"^ Là , du sénat français siègent les tricoteuses.
Allusion à ces femmes qui ne manquaient pas une séance de la Convention , et qui , pour ne pas perdre leur temps , y apportaient toutes leurs aiguilles à tricoter.
^ Les Thil, les Duvergier
M. Duvergier de Hauranne , député de la Seine-Inférieure , mort le 19 août 1831. Celui qui siège maintenant à la Chambre , aux bancs ministériels, est son fils, député du Cher, jeune adepte de la doctrine , petit faiseur très remuant et très nul.
^ Le vieux Rouget de l'îsle, au sein de l'Athénée, Th«aéfia sa joue à jamais profanée.
M. Rouget de l'îsle , auteur de la Marseillaise, fit pendant long-
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temps un cours h l'Athénée. C'est là qu'il se porta envers Casimir Périer ù des voies de fait dont le célèbre banquier ne demanda pas raison. On voit que, dès cette époque , Casimir Périer était partisan de la paix à tout prix.
** Cherche de tous côtés l'obligeant Mali tourne.
M. Malitourne, ancien rédacteur en chef du Messager des Chambres , employé depuis dans le cabinet des divers ministres qui se sont succédé à l'intérieur, passe pour être fort utile à ses patrons , dans l'élucubration des discours qui , à défaut de raisonnemcns , veulent de l'esprit et du style.
' Les voraces captifs qu'alimente Cuvier. M. le baron Cuvier, alors directeur du Jardin-des-Plantes.
^ A défaut de l'horloge absente des murailles.
Il n'y a pas d'horloge dans la salle des séances de la Chambre des députés. On a craint , sans doute, l'influence de l'heure du dîner.
^ Le bronze impérial de la place octogone. La colonne de la place Vendôme.
^ Lorsque trois lis honteux, sauvés par ordonnance. Osèrent refleurir au champ d'une maison, L'ordonnance du peuple effaça leur blason.
Quelque temps encore après la Révolution, les panneaux de \;\
voiture du roi supportaient les trois fleurs de lis qu'on avait cru devoir y laisser comme faisant partie des armes du monarque. Le peuple , furieux de voir que le roi qu'il s'était choisi conservait l'emblème d'une royauté qu'il avait renversée, se précipita sur la voiture et en effaça l'odieuse image. Depuis cette époque , les trois fleurs de lis ont disparu de toutes les voitures royales.
^ Prévenez dans cinq jours l'édit qui l'inaugure.
Ce n'est que le 5 mai 1833 , douzième anniversaire de la mort de Napoléon , que sa statue fut replacée sur l'immortelle colonne.
^ Au temple de Dagon disparût enfermée.
C'est dans le temple de Dagon , le premier de leurs dieux , que les Philistins déposèrent l'arche sainte , après l'avoir conquise sur Israël.
' Allez, Bizien, et vous, Noailles,
Réveiller chez les Pairs Fitz-Jame et Sesmaisons.
Dans la séance de la Chambre des Députés, du 15 mars 1831, M. Baude , ex-préfet de police , fit une proposition tendante à ce que Charles X , ses descendans et alliés de ses descendans fussent bannis ;\ perpétuité du territoire français; qu'ils ne pussent y acquérir, à titre onéreux ou gratuit, aucun bien, y jouir d'aucune rente ou pension ; qu'ils fussent tenus de vendre, dans les six mois qui suivraient la promulgation delà loi , tous les biens, sans exception , qu'ils posséderaient en France, et que, faute par eux d'ef-
fecluer cette vente, il y fût procédé par l'administration des Domaines. MM. Bizien et Alexis de Noailles votèrent contre cette proposition.
- Ingrats, vous attendiez jusqu'aux ides d'avril...
C'est au mois d'avril que la loi sur l'exil des Bourbons, adoptée par la Chambre des Députés , fut soumise à la délibération de la Chambre des Pairs. MM. Fitz-James, Sesmaisons, Dreux-Brézé et quelques autres se prononcèrent énergiquement contre cette mesure.
^ Peuplés dévotement par Latil et Damas.
M. le cardinal de Latil , archevêque de Reims , et M. le duc de Damas, gouverneur du duc de Bordeaux, ont accompagné la famille royale dans son exil.
* Et lui montre la croix qu'un ministre français...
Walter Scott fut décoré par M. de Corbière. On ne dit pas si les considérans de l'ordonnance font mention de VHistoire de Napoléon.
' Dans le sein d'une veuve incarné par mystère.
C)uelques personnes ont prétendu que la duchesse de Berri n'avait jamais été enceinte; d'autres ont dit qu'elle était accouchée d'une fille, à laquelle on avait substitué un garçon.
'' Ce jeune Eliacin que, d'un infâme sceau, Tharin et Frayssinous flétrirent au berceau.
M. l'abbé Tharin , précepteur du duc de Bordeaux, et M. l'abbé
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Frayssinous, évoque d'Hermopolis , grand directeur des consciences royales.
' . Tigellins blasonnés.
Tigellin était le ministre et le favori de Néron.
' Marcliangy la cueillit sous l'herbe de Clamart.
M. de Marchangy, avocat général sous la Restauration , poi ta la parole dans un grand nombre de procès politiques, et toujours avec une véhémence qui sied mal à un magistrat. L'affaire des quatre sergens de la Rochelle surtout ne fera jamais prononcer son nom qu'avec un sentiment pénible.
- Sur le dôme de plomb.
Le dôme des Tuileries.
^ Tombant du haut commerce au plus humble métier,
M. d'Argout , ministre du commerce à cette époque , fit , dans ses jours de puissance, un abus scandaleux de la croix d'honneur.
' 11 fait baiser la croix aux Juifs du tabernacle, Et, pour leur rembourser d'illicites profits- Dans les larges distributions des croix d'honneur , Casimir Perler n'eut garde d'oublier les meneurs de la Bourse , avec lesquels
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sa dignité de président du conseil , ayant le télégraphe, le mettait incessamment eu rapport.
* Dans l'hôtel Mont-Thabor
Le ministère des finances.
^ IXans sa froide boutique asphyxia Canel. M. Urbain Canel, libraire très fécond.
' Le frère de Guizot et le fils de Collard.
M. J.-J. Guizot, maître des requêtes , et M. Hippolyte Royer- CoUard, chef de la division du cabinet au ministère de l'Instruction publique.
Le sauveur de Dupin.
M. Dupin dénonça devant la Chambre un prétendu guet-apens dont il aurait été victime de la part de quelques hommes qui seraient venus chez lui pour l'assassiner. Un sergent de la garde nationale, accouru au bruit, fut décoré quelque temps après cet événement.
^ Pradier qui des rasoirs vend la poudre mordante. Célèbre coutelier, au Palais-Royal.
**^ L'ami du dey d'Alger, l'exotique Busnack.
Fondé de pouvoir du dey d'Alger à Paris.
" Et le profond Beuchot qui fait un almanach. "
Nous avons inutilement cherché un almanach de la composition de M. Beuchot. L'auteur a sans doute voulu parler du Journal de la Librairie , dont M. Beuchot est rédacteur-propriétaire, et qui , littérairement parlant, peut être assimilé à un almanach.
Que le duc de Tarente.
Le maréchal Macdonald , alors grand chancelier de la Légiond'Honneur.
' Il est doux d'habiter l'hôtel des Capucines !
Le ministère des affaires étrangères est situé à l'angle du beulevart de la Madeleine et de la rue Neuve-des-Gapucines.
^ Lui qui , sur le Bosphore , étudia long-temps La liberté française au palais des Sultans.
M. le général Sébastiani a été long-temps ambassadeur à Constantinople.
^ Les trois frères hébreux.
MM. Rostchild.
' Seigneurs, dit Appony
M. le comte d'Appony, ambassadeur d'Autriche.
' Refuse d'enterrer un évêque encor vif.
M. l'abbé Grégoire , ancien évêque de Blois. L'autorité ecclésiastique refusa les prières de la communion catholique à cet ancien prince de l'église.
^ Contre le droit des gens a fracassé mes vitres.
Un nombreux rassemblement se porta vers l'hôtel de l'ambassadeur russe , à l'occasion des événemens de la Pologne , et en brisa toutes les vitres à coups de pierres.
' Soudain le Corse et l'abbé financier.
Le général Sébastiani, ministre des affaires étrangères, et l'abbé Louis, ministre des finances.
^ D'un seul coup j'ai cassé Bernard et Larréguy.
M. Bernard , préfet du Var , et M. Larréguy, préfet de Vaucluse, destitués tous les deux par M. Casimir Périer , le 14 mai. I\L Larréguy eut en échange la préfecture de la Charente.
' Bernard dans le repos est allé s'endormir.
M.Joseph Bernard, ex-préfet du Var, destitué par Casimir Périer.
- Le noble Larréguy, suspect à Casimir, 'Va noyer sa ferveur dans la molle Charente.
M. Larréguy passa de la préfecture de Vaucluse à celle de la Charente.
^ Et la ville sans nom.
Marseille.
Fondras, entrant en lice.
M. Poudras, directeur général de la police au ministère de l'inlirieur.
^ Voici le trente-un mai !
Anniversaire de la chute des Girondins.
'" Ces renégats, héritiers des Trois-Cents.
Les trois cents députés de M. de Villèle à la Chambre de 1827.
' La feuille de Bertin
Le Journal des Débats.
^ Au visa de Mangin elle soumit sa carte.
Le Journal des Débats fut une des feuilles qui ne protestèrent ])nint contre les ordonnances de Charles X , et qui ne parurent pa^i pendant les trois journées de juillet.
Ném(?sis inquiétait trop les hommes du pouvoir pour qu'ils ne cherchassent pas, par tous les moyens possibles, k susciter des embarras à son auteur. L'obligation du timbre fut un des obstacles par lesquels on voulut entraver sa marche; forcé, après une inutile résistance, de se conformer aux exigences du fisc, M. Barthélémy marqua ses livraisons de l'estampille royale, et le public se chargea de l'indemniser des frais extraordinaires qu'il lui fallut dès lors supporter.
- Mathieu le publicain
Receveur du timbre.
■^ 11 a pris, sans consulter Buffon.
Pour un dos de brebis le dos de mon griffon.
En tête de chaque numéro de Némésis hebdomadaire, une gravure sur bois représentait la déesse emportée dans les airs par un griffon.
^ A mes Dominicales.
Aémésis paraissait tous les dimanches.
•'' Chez Laiter se restaure.
Laiter était un fameux restaurateur , A l'angle des rues de Casliglione et de Rivoli. Il paraît que le voisinage du Trésor ne lui a pas porté bonheur , car il a été forcé de fermer boutique.
•M2 PNOTES.
^ Imprime sur mes vers l'ongle de Céléno.
Céléno est une des harpies.
' Où Salvandy se vautre à côté de Bertin.
M. Salvandy est l'un des rédacteurs du Journal des Débats , dont MM. Bertin l'aîné et Bertin-de-Vaux sont les principaux propriétaires.
' Tous compilant l'histoire avec la même main , Depuis le vieux Strabon jusqu'au froid Villemain.
M. Villemain est auteur d'une Histoire de Cromwell, qui faisait dire à un de nos académiciens les plus spirituels que la réputation de M. Villemain avait commencé sous Napoléon et avait fini sous Cromwell.
- Aristide-le-Juste est le Collard antique, Il fut élu sept fois dans les bourgs de l'Attique.
Aux élections de 1831, M. Royer-Collard fut nommé dans sept collèges,
' Oh! si, comme Guizot, faisant un cours d'histoire.
M. Guizot cumule son titre de ministre avec le titre de titulaire de la chaire d'histoire , à la faculté des lettres.
NOTKS. 3G3
^ Prunelle de Lyon a détourné les yeux. M. le docteur Prunelle, député, et maire de la ville de Lyon.
^ Les Périer de Vizille
Ont traîné leur comptoir dans les cryptes d'Anzin.
MM. Périer , originaires de Vizille , dans le département de llsère, sont propriétaires des mines d'Anzin , et c'est, dit-on, ce qui est cause que la Belgique n'a pas été réunie i\ la France. Cette réunion , que les Belges eux-mêmes appelaient de tous leurs vœux lorsqu'ils eurent secoué le joug de Guillaume, comme nous avions secoué celui de Charles X , semblait être une conséquence toute naturelle des événemens.. Mais si elle eût eu lieu, la houille que l'on extrait des mines fécondes de la Belgique , à plus bas prix qu'en France , se fût répandue sans droit d'entrée dans nos départemens , et les produits d'Anzin eussent diminué de moitié. La royauté de Léopold peut donc être considérée comme émanée d'un hectolitre de charbon.