‹ NémésisChapitre 30 sur 78 · XL— AU ROL · texte numérisé non relu

XL— AU ROL

' Là, règne un proconsul

M. Thomas, ex-avocat , préfet des Bouches-du-Rhône.

- Il sait que de Franchet la meute reparue.

M. Franchet fut long-temps directeur de la police générale sous

la Restauration. C'était un des plus fervens apôtres du jésuitisme en robe courte.

^ Sur des seins avilis éclabousse l'honneur.

Allusion aux croix d'honneur , dont on a fait une si large curée depuis quatre ans.

^ Si les cris fraternels d'un peuple agonisant Nous somment de payer une dette de sang.

Allusion aux Polonais, nos anciens et braves alliés, qui réclamaient à grands cris l'intervention protectrice de la France.

■'' Ces généreux Lorrains

Lors du voyage de Louis-Philippe en Lorraine, la garde nationale de Metz adressa au roi d'énergiques observations. Le roi prit fort mal la démarche de ces braves citoyens , et leur dit qu'il était venu pour recevoir des hommages et non pas des leçons.

^ Entre le peuple et toi trouve des hallebardes.

Allusion au mot de Charles X, qui, lors de son avènement au trône, dit aux gardes qui empêchaient le peuple d'approcher de sa personne : u Laissez, laissez; entre mon peuple et moi, plus de hallebardes^!

' Demande des respects et non pas des leçons. Voir plus haut, la note •'i.

NOTES. :jo;

** Retourne de Varenne

Allusion à Louis XVI, et A son retour de Varenne.

' J'ai lu cette chronique

Noire-Dame de Paris , cet admirable ouvrage de Victor Hugo.

- Et dans les Souvenirs qu'avec grâce il récite. Les Souvenirs de la Révolution, livre d'un puissant intérêt.

^ L'effroyable Satan

Que l'enfer de Poissy révélait à Fontan.

Lorsque la révolution de 1830 éclata, M. Fontan était à Poissy où il subissait l'emprisonnement de cinq ans auquel il avait été condamné pour un article inséré dans VJlbum sous le titre du Mouton enragé. M. Fontan adoucissait les horreurs de son cachot par des travaux littéraires, et il est possible que ce soit \\ qu'il ait commencé son drame du Moine , emprunté au célèbre roman de Lewis.

^ Je n'ai pu diriger le vol de mon griffon.

Allusion au griffon qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut, servait de vignette à la 3'«?^é5^y hebdomadaire.

■' Où Langlois, chaque nuil, meurt auprès d'une 7ï/or^^.

M. Langlois, directeur du théâtre des Nouveautés, théâtre abandonné du public , venait de faire jouer un drame de M. Ancelot , intitulé la Morte.

*^ Jamais l'hôtel Lubbert ne m'abrita le soir.

M. Lubbert , alors directeur de l'Opéra-Comique à la salle Ventadour.

' Applaudir la gaîté d'Arnal et de Duvert

M. Duvert est auteur d'un grand nombre de vaudevilles dans lesquels Arnal joue le principal rôle.

^ Sur le trottoir futur par Bondy projeté.

M. de Bondy , alors préfet de la Seine , avait le projet de faire des trottoirs dans toutes les rues assez larges pour permettre cet embellissement.

'* Vivien déchaîne ses Cerbères.

M. Vivien était alors préfet de police.

"^ Les centaures luisans au casque échevelé.

La garde municipale à cheval, qui porte le même casque et le même uniforme que les dragons de l'impératrice.

NOTES. :îfi7

' Que son sang répondait au sang de Moskow a.

M. Laffittea marié sa fille au prince de la Moskowa, fils aîné de l'illustre et infortuné maréchal Ney.

- Il n'en reste qu'un nom sur l'angle d'une rue ! ! !

La rue d'Artois, où demeurait le généreux banquier, a pris le nom de rue Laffitte. On sait qu'il y a peu de temps , M. Laffitt(' s'est trouvé dans la nécessité de mettre en vente l'hôtel qu'il y possède. C-'était tout ce qui lui restait de son ancienne opulence. Par un sentiment de délicatesse, bien rare de nos jours, il ne se trouva personne qui voulût pousser l'hôtel jusqu'à sa mise à prix, et M. Laffitte dut le garder. Mais il n'est plus assez riche pour en l'aire sa demeure , et il eu a loué une partie à M. Masson de Puits- Neuf, qui vient d'y transporter , pour l'hiver,, son orchestremonstre des Champs-Elysées.

Demain il part pour la Toscane.

M. de Lamartine était alors secrétaire de l'ambassade de Toscane.

'' L'amitié de Vitrolles.

M. le baron de Vitrolles, ministre d'État sous la Restauration.

"• Et sur l'autel Rémois ton vol de séj'aphin.

M. de Lamartine est allé à Reims à l'époque du sacre de Charles X , et a publié un chant sur cette solennité.

* En voyant aujourd'hui ce qu'il a fait pour nous.

Pendant les trois grandes journées , le soleil n'a pas cessé un instant de nous éclairer de ses rayons ; et peut-être l'influence vivifiante de cet astre a-t-elle un peu contribué à l'enthousiasme populaire et à la rapidité de la victoire : ce qui faisait dire à un homme d'esprit que le soleil aurait dû avoir la première décoralion de l'ordre de juillet.

^ C'est alors qu'apparaît le géant inconnu. Le peuple.

^ De la Bastille encor savez-vous le chemin ?

La révolution de 1789 et celle de 18.30 ont ensemble plus d'un rapport : toutes deux se sont faites au mois de juillet , toutes deux ont eu le soleil pour complice, et se sont terminées en moins de temps qu'il en faudrait pour en écrire l'histoire.

'' Et cent mille chapeaux ornés de feuilles vertes.

Le 12 juillet 1789, dans raprès-midi, on apprit à Paris que Necker venait d'être congédié. La nouvelle de cet événement produisit la plus grande fermentation. Camille Desmoulins profita habilement de cette disposition des esprits : il sortit d'un café du Palais-Royal , tenant un pistolet d'une main et une épée de l'acitre, monta sur une chaise et annonça la nouvelle; puis arrachant une

feuille d'arbre, il l'attacha à son chapeau en guise de cocarde, cria aux armes, et se mit à la tête des rassembleniens. Le vert devint alors un signe de ralliement , et cette couleur était heureusement choisie puisque c'est celle de l'espérance. On l'abandonna néanmoins peu de temps après, parce que plusieurs citoyens firent remarquer que c'était la couleur du comte d'Artois.

•' Il peint comme un drapeau l'horizon tricolore.

On peut citer à ce propos un fait assez remarquable. Au musée de 1823 , le général Lejeune exposa un tableau représentant des taureaux en pierre au milieu d'un paysage espagnol. Dans le fond un arc-en-ciel tricolore attirait tous les regards; quelques champions de la légitimité jetaient les hauts cris , prétendant que le peintre avait eu une intention hostile. Mais l'autorité les ayant laissés dire, on finit par s'habituer aux trois couleurs de l'arcen-ciel.

* Il brossa de baisers la botte moscovite.

Dans la séance de l'Académie française du 25 août 1814, M. Villemain reçut le prix pour son discours sur les Avantages et les Jncoîwéniens de la Critique. L'empereur de Russie et le roi de Prusse assistaient à la séance. Le lauréat , qui, quoique bien jeune alors (il n'avait que vingt-trois ans), savait déjà ce que l'on gagne à flatter la puissance, trouva le moyen de glisser adroitement l'éloge des deux souverains. Seulement M. Barthélémy se trompe quand il dit que ce discours était le premier de M. Villemain : déjà . I. 24 ^

en 1812, le jeune professeur avait remporté le prix pour V Éloge de Montaigne.

- Le fanal tremblotant du Messager nocturne.

Le Messager des Chambres, journal du soir, était alors tout dévoué au ministère.

^ Pend la liberté sainte à ses douze potences. Allusion aux douze colonnes du Moniteur.

"^ De Malthus et de Say

Deux célèbres économistes. L'Angleterre est fière du premier , et la France s'honore d'avoir vu naître le second.

^ Les soldats de Bertîn.

Les rédacteurs du .Journal des Débats.

*^ La terrible assemblée.

La Convention nationale.

' Si Brunswick tombe encore aux portes de Verdun.

En 1793 , après la prise de Longwy , le duc de Brunswick s'avançait sur Paris par la route de Verdun.

^ Sonne, vers Quiberon, les vêpres vendéennes. Allusion aux fameuses vêpres siciliennes.

NOTES. 37t

' D'un vice-roi de Londre embrassant les genoux. Léopold de Saxe-Cobourg , aujourd'hui roi des Belges.

^ Les sbires de Poudras

M. Poudras , alors chef de la division de la police générale au ministère de l'intérieur.

^ L'an dernier, par Mangin ont fait river leurs fers.

Nous avons déjà dit quelque part que le Journal des Débats n'avait pas fait cause commune avec ceux de ses confrères qui protestèrent énergiquement contre les ordonnances du 25 juillet.

XVn. — REPONSE A M. DE LAMARTINE.

Cet ami, mon complice fervent.

M. Méry,qui est pour moitié dans presque tous les ouvrages de M. Barthélémy.

^ Hugo, Dumas, Fontan, Etienne, Delavigne.

Ces noms sont assez connus pour que nous puissions nous dispenser d'en faire l'éloge.

XVIIL— LES MYSTIFICATIONS.

' Je vais à don Miguel, en ministre économe, Ravir mes flagellés Sauvinet et Bonhomme.

Plusieurs citoyens français, établis à Lisbonne de l'aveu même du gouvernement portugais, se virent, sans aucun motif et contre tous les principes du droit des gens , en butte aux persécutions les plus révoltantes. MM. Sauvinet et Bonhomme furent ceux qui eurent le plus à souffrir. Le dernier , même , subit une condamnation infamante. C'est pour demander réparation de cette insulte faite à la France dans la personne de quelques-uns de ses enfans, qu'une escadre , sous les ordres du contre-amiral baron Roussin , força les passes du Tage le 11 juillet 1831 , et se présenta devant Lisbonne. Le gouvernement portugais se hâta d'accéder aux demandes de la France, et supporta tous les frais de l'expédition.

^ Du triste Waterloo j'ai ramolli les pierres.

fVaterloo.—Au général ^OMrwo/îf, poème de MM. Barthélémy etMéry.

^ Celui que nos Rotschilds gardent comme un otage. Casimir Périer.

^ Cette sombre Hollande où la guerre s'engage Fut par nos cavaliers conquise à l'abordage.

Est-il nécessaire de rappeler le fait, unique dans l'histoire, qui se passa sur le Texel le 3 février 1795? Les eaux du fleuve ayant gelé pendant la nuit , nos hussards s'élancèrent au grand galop sur la glace, et allèrent s'emparer de la flotte hollandaise qui , surprise d'une attaque si imprévue et si extraordinaire, ne songea pas même à se défendre.

^ Sous cet arc triomphal

L'arc de triomphe de la barrière de l'Étoile.

^ Les drapeaux ennemis blasonnés d'aigles noires. Les drapeaux autrichiens.

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