‹ NémésisChapitre 43 sur 78 · BRISTOL · texte numérisé non relu

BRISTOL

Hurlant au sein des nuits son populaire vœu, La ville se revêt d'une robe de feu ; On dirait que Bristol, embrasant sa ceinture. Pose devant Martin,* Byron de sa peinture. Un immense reflet resplendit sur nos ports : Jamais punch allumé sur la table des lords. Fournaise d'alcohol avec ses flammes vives. Ne s'éleva si haut sur le front des convives; Quelle orgie! admirez!.... la ville de Bristol Transforme son enceinte en gigantesque bol; Elle jette à la rue où le pavé pétille Tout le rum qu'exprima la généreuse Antille; Et la cité bacchante, ivre jusqu'au matin. Prend pour lit de repos sa coupe de festin. Voilà comment ce peuple, ami du ministère. Voulut porter un tost à la vieille Angleterre! Anglais , ce tost suffit : pour purger l'horizon , Malheur à l'insensé qui brûle sa maison !

Peintre anglais dont le nom est populaire à Paris, et qui atiiisle, avec ses Daniel et ses Sardanapale, lagaitéde nosboulevarts.

70 NÉMÉSKS.

Du livre de .liiillel sublimes plaj>ialrcs,

Repoussez comme nous les feux incendiaires;

Le temps viendra sans doute où vos représentans

Vous donneront les biens attendus si long-temps.

Le monde applaudira : de son froid mausolée

L'ombre de Shéridan sortira consolée;

Oui, votre âge de fer est peut-être fini.

Votre sol épuisé doit être rajeuni :

Les grands tiennent encor vos fronts sous leur sandale,

La terre qu'on dit libre est encor féodale;

Cette terre où l'orgueil garde ses arsenaux

Porte comme Cybèle un casque de créneaux;

Attendez : ces créneaux dont l'orgueil se décore

Combleront le fossé qui nous sépare encore;

Un jour, sur les débris des gothiques palais.

Vos matelots à pied marcheront vers Calais.

Allez, pleine justice un jour sera rendue,

La leçon de Bristol ne sera pas perdue;

Westminster a pâli; votre cri solennel

Rst tombé de Saint-Paul sous l'arceau du ruiinel;

HRISTOL. 71

Aux oreilles des lords c'est un bourdon qui tinte; La Hamme de Bristol ne sera pas éteinte. Ce phare dont le feu si long-temps vacilla Sur les rocs aboyans où s'engouffre Scylla, De sa massive tour le temps l'a fait descendre; Aboukir ne voit plus le phare d'Alexandre, Mais celui que Bristol alluma sur l'écueil Doit éternellement épouvanter l'orgueil ! ! !

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