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AUX PAIRS FUTURS

//eu .' fuge veslibulum geriitoris cœde cruentum.

J'aime du Luxembourg la pose solennelle : Aux quatre points du ciel il élargit une aile; Sous une Médicis, le ciseau florentin* Voulut donner ce Louvre au vieux quartier latin.

Le temps qui ronge tout, de ses dents incisives

N'a pas encor mordu sur ses pierres massives;

Vierge d'impur ciment, fort de son unité,

Ce compacte château vit pour l'éternité.

Il étale au dehors de ses murs granitiques

La colonne toscane aux bracelets antiques.

Et semble dédaigner, dans son style grossier,

Ces frêles monumens que cartonne Percier, *

Ces colonnes d'un jour qui, pour être immortelles,

Coiffent leurs chapiteaux de bonnets de dentelles.

Ces feuillets de sculpture où, par quatrains égaux ,

L'architecte galant écrit ses madrigaux.

J'aime surtout ses bois, terrestres Elysées;

Ses pelouses de fleurs par des talus brisées;

I^ mousse en relief sur les murs décrépits ;

L'allée où le gramen déroule son tapis;

Ses autels où la fable a sculpté ses idoles;

Les cignes du bassin, gracieuses gondoles;

Célèbre architpolc <'oi)iprnpf)rain , coliahorateur de ^I. Vau laine.

LE LUXEMBOURG. î):>

Et les lacs de jjazon qu'un balustre épineux Borde en faisant courir ses losanjjes de nœudn. Là, toujours indocile au goût systématique, Quelque plan imprévu rompt les lip,nes d'optique; Là, rien p'attriste l'œil, car un heureux dédain Au compas de Lenôtre enleva ce jardin. -

Oui , que ce lieu , voisin du triste Observatoire , Plaise aux vieux citadins oublieux de l'histoire; Qu'il charme ces cœurs secs où les regrets cuisan •. Ne trouvent plus de germe au-delà de quinze ans. C'est un jardin maudit où, la nuit, se dessine L'ombre de Médicis , sa patrone assassine : Sur la porte qui s'ouvre au double corridor On lit : Palais des Pairs, écrit en lettres d'or; Eh bien ! moi , sur le front de cette haute Chambre , Je lis, en traits de sang, ces deux mots : Sept DéCE MBRE ! ' C'est un anniversaire; il approche, il est là... Ce jour, quand sur Paris l'aube se déroula , Elle étendit sur nous une brume épaissie

Qui semblait empriintée au ciel de la Russie;

Le palais florentin si morne dans l'hiver,

isolant ses terreurs sous la grille de fer.

De l'opaque brouillard implorait le mystère

Comme pour s'aguerrir au meurtre solitaire,.

Le soleil ne vint pas : comme au réveil des camps

Le froid courait dans l'air en aiguillons piquans;

Une neige récente et l'humide gelée

Pétrissaient en limon le sable de l'allée.

Alors , on vit sortant du palais Médicis

Quelques hommes hideux qui, d'un pas indécis.

Marchaient le long du bois, le fusil sur l'épaule;

Pareils aux égorgeurs de notre vieille Gaule ,

On eût dit qu'ils cherchaient la pierre du Dolmin

Pour consommer dans l'ombre un sacrifice humain. ^

Le convoi s'arrêta sous la tour isolée

J'ai lu dans un livre écrit par un témoin quo, non loin dos vétérans chargés de l'exécution , marchait tin peloton de faux grenadiers. C'étaient sans doute des agens de police déguisés sous cet uniforme et destinés à agir en cas de refus des vétérans.

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