LE LUXEMBOURG
Qui sert de piédestal aux nouveaux Galilée;^
Alors le char funèbre entrouvrit sa prison ,
Un homme étincelant parut sur l'horizon ;
Les gardes, les bourreaux et la Foule timide.
Tous tremblaient près de lui dans l'atmosphère humide ;
Lui seul ne tremblait pas de ce frisson de mort
Qui contracte la chair sur le cœur du plus fort;
Il avait salué dans sa course lointaine
Tous les boulets fondus du Tage au Boristhène;
Même son corps de fer ne put être assailli
De ce froid qui glaça l'échafaud de Ballly ; ^
Car au lit des soldats quand il prenait sa place ,
Comme sur l'édredon il dormait sur la glace.*
Les apprêts furent courts, l'assassinat fut prompt: On lui troua cinq fois la poitrine et le front.
M. de Ségur, que je n'ai pas en ce moment sous les yeux, dit à peu près, je crois : «Qu'au passage de la Bérésina, Ney s'enve- «loppa de son manteau et dormit sur la terre glacée ; » car , ajoute l'historien, «il avait une de ces puissantes constitutions sans.les- « quelles il n'y a point de héros. «
Quel est-il ? — C'est celui que tout bulletin nomme ;
C'est l'homme qui fut grand, même près du grand homme ;
C'est le glorieux Ney ; c'est celui qui trouva
Un baptême nouveau devant la Moskowa ;
Celui qui , revenu des confins de la terre ,
Réchauffait, sous les plis de son manteau de guerre,
Nos soldats égarés sous des bois inconnus.
Et rougissait la neige au sang de leurs pieds nus;
Celui qui , des canons éteignant la fournaise ,
Suivit, plus de dix ans, l'Iliade française
Sans qu'un boulet vomi des cent mille volcans
Osât frapper de mort l'Achille de nos camps !
Eh bien! il est tombé comme un vil réfractaire
Qu'on livre, pour l'exemple, au prévôt militaire,
Comme un lâche conscrit qu'un plomb vulgaire abat
Pour avoir déserté la veille du combat!
Oh ! comment tant de gloire est-elle disparue ?
Un assassin posté dans l'angle d'une rue
Sur le cœur du héros appuya le canon,
Et le voilà gisant sur un terrain sans nom.
LK LlXKMBOriU;. 99
Les soldats des Bourbons, ignoble valetaille.
Ont pris un carrefour pour leur champ de bataille;
Ils s'éloignent honteux, et le cadavre est seul :
Alors la charité lui prête son linceul ,
On l'emporte, et devant le brancard de misère
Lne femme à genoux récite son rosaire. **
Et dans le Luxembourg aux lugubres arceaux Que faisaient cependant ces Pairs, ces grands vassaux Qui, pour plaire à leur Cour sanguinaire et dévote, A défaut de poignard égorgeaient par le vote? Croyez-vous qu'oublieux de leur crime récent Ils dormirent la nuit comme dort l'innocent ? Non, l'épineux remords tourna dans leurs entrailles ; La nuit donna des voix aux fentes des murailles: Des squelettes humains pétris de sang et d'os Traînèrent leurs reflets sur le blanc des rideaux ; L'homme dort, mais le cœur veille dans l'insomnie. Avez-vous oublié cette horrible agonie Où le pâle Bellarl, levé sur son séani .
Revit le fusillé qu'il croyait au néant?
En voyant sur son lit la grande mort vivante,
L'accusateur se tut, il râla d'épouvante.
Et de rouges sueurs froidement inondé
Il rendit tout le sang qu'il avait demandé. *
Car la tombe des morts est pleine de mystères ;
La mort a beau tarir le canal des artères.
Le sang de l'homme juste élève une vapeur
Qui fume dans la nuit et qui glace de peur.
On dit que depuis lors, depuis cette journée,
Seize fois à nos pleurs par le temps ramenée,
Le Sept Décembre, jour qu'on nous l'assassina,
Tous les spectres glacés de la Bérésina,
Du Luxembourg désert ouvrant la grande salle.
Entraînent au jardin une ombre colossale ;
* C'est bien à regret que j'invoque ici le souvenir de l'agonie de Bellart ; mais de hautes considérations doivent l'emporter sur de simples convenances; d'ailleurs les journaux du temps, le lendemain même de la mort de Bellart, donnèrent des détails sur cette agonie, qui fut troublée par un délire do remords et par d'épouvantal)l('s visions.
LE lAXEMBOl l\(;. 101
Sous le drap qui le couvre, un tambour fjronde et bat i^e nocturne rappel de l'borrible sabbat; De leur propre désastre effroyables copies, Ils collenl sur leurs os de sanglantes charpies : Avec des doigts osseux, roidis par des frissons, De leurs cheveux pendans ils peignent les glaçons; Les uns sur le bassin où l'eau s'est épaissie Glissent, en souvenir du désert de Russie; D'autres , se nivelant aux fossés du chemin , Implorent des amis en leur tendant la main; Ou, sur la neige assis, de leurs mains de squelettes , Ils soignent en riant de hideuses toilettes; Puis, comme sur un pont du fleuve désastreux, Tous marchent, en convoi , vers l'enclos des CRartreux. Aux bornes du jardin la fantastique armée Glisse par les barreaux de la grille fermée; Sur les lieux où le meurti'C à tel jour s'acheva Chaque spectre en passant murmure : IVIOSKOWA ! Au sommet de la tour un lumineux fantôme Porte les os de INey, débris qui furent homme.
Et les bras étendus devant ces restes saints , Il nomme lentement tous les Pairs assassins. Après, troublant la nuit de sanglots et de râles. Tous ces-spectres guerriers s'élèvent en spirales; Ils rasent dans leur vol le sombre Luxembourg, Et de là se ruant sur l'orgueilleux faubourg. Ils fouillent les hôtels ; et partout où réside Un homme qui trempa dans ce grand homicide Ils entrent; sous l'alcôve ils plongent un regard Et soufflent sur le lit les songes de Bellart/ Tant que dans ce palais de mémoire fatale Un assassin de Ney restera sur la stalle; Tant que d'impures mains, par un tardif remord. N'auront pas effacé ce jugement de mort,
* Voici une anecdole remarquable qu'on lit dans l'excellent ouvrage de M. l'avocat Claveau sur la police de Paris :
«M. Bellart, mélancolique et triste de son dévoûment fatal aux " Bourbons, cherchait à se distraire et recevait chez lui beaucoup " de monde , afin sans doute de s'étourdir. Son vaste salon ne dé- « scmplissailpas de gens de toutes les professions qui venaient saluer " riiommc puissant. Un soir, ilil-on , la réunion était foi-t nombreuse « et très calme ; tout à coup la porte s'ouvre, ci la voix d'un dômes
LE LUXEMBOl R(.. 10.']
Et qu'un arrêt nouveau, devant l'Observatoire, Ne décernera pas un marbre expiatoire.
Le Pair qui siégera près du banc du héros Servira de complice aux quarante bourreaux ; * Ce siège est teint de sang, malheur à qui l'envie! Honte à qui prend sa part de ce remords à vie ! Plaignons ceux qui déjà sont venus dans ces lieux Echanger contre un titre un serment oublieux ! D'autres, pour s'installer dans cette haute Chambre, Se donnant un sursis , viendront le sept décembre ; Qu'on ouvre devant eux la porte à deux battans. C'est le jour du grand deuil... Fils de Ney, je t'attends ! ! !
- tique annont-ant une nouvelle visite se fait entendre : IM. le maré- « chai ]Nev ! s'écria-t-elle tout haut et au milieu du silence {général. » A ces mots, les spectateurs hésitent, le mailre se trouble et pâlit. " On fait place, et l'on voit entrer un ami de la maison , M. Maréchal ■aîné, dont le valet de chambre, qui ne servait que depuis peu '^ de temps, avait estropié le nom d'une façon si singulière. »
Il ne reste plus que quarante Pairs, de ceux qui ont voté in uiorl du maréchal IS'ev.
ilaUsuada /ann:s Vis. M
Mon volcan tant prédit a déchaîné ses laves ; La voilà devant nous la guerre des esclaves î De nouveaux Spartacus sortent des ateliers. Les conscrits de la faim s'enrôlent par milliers;
En guise de drapeaux, de guidons, de cornettes, Ils arborent un pain au bout des baïonnettes, Et par le sort injuste écartés du festin, Ils vont asseoir leur camp sur leur Mont-Aventin. Qui les fera descendre, et quel ami du trône Viendra mettre une écluse à la vague du Rhône ? Hommes d'Etat, on lit dans un livre ancien L'art de remettre un peuple au joug patricien. De calmer ses fureurs sous la branche d'olive: Eh bien! qu'un doctrinaire armé de Tite-Live, Qu'un Agrippa moderne élu par Villemain , Passe le nouveau Tibre en costume romain ; Qu'au nom de V estomac , en style pédagogue, A ces membres mutins il conte l'apologue. Mais hélas ! l'apologue a perdu son pouvoir ; Le peuple s'est fait vieux, rien ne peut l'émouvoir; L'Agrippa déclamant sur le mont de Fourvières Irait finir sa fable entre les deux rivières. Que faire?.... pour finir un drame commencé, L'arorbc République eut son Dubois-Crancé; '
L'échafaud voyageait vers Commune-AFfranchie : *
Quand le Midi royal flamboyait d'anarchie,
Elle terrorisait, par la voix du canon.
Le Port-de-la-Montagne et la ville sans nom;
Mais les temps ne sont plus où, devant deux abîmes,
La France punissait les crimes par des crimes;
Où la loi, pour saigner la patrie aux abois,
De riiorrible lancette armait Collot-d'Herbois;-
Sombre histoire , qui laisse aux nations à naître
Un problème de sang qu'un jour fera connaître !....
Non , ces temps ne sont plus ; et puis cette cité
Est vénérable encor dans son adversité;
C'est la sœur de Paris : sublime prisonnière,
Elle veille avec nous sous la grande bannière ;
Quand sa faim a poussé de légitimes cris ,
L'a-t-on vue, arborant les emblèmes proscrits,
Tendre, pour obtenir l'obole demandée.
On sait que Commune- Affranchie fui le nom donné à Lyon [lar la république ; Toulon se nommait aussi Pnrt-dc-la-Montagnc , el Marseille la rilit; sans nom.
Une main royaliste à l'infâme Vendée?
Oli ! si nos artilleurs arrivent sur ces monts
Qui couronnent les murs de ceux que nous aimons ;
Si, prenant pour redoute un point qui les domine,
Ils veulent bombarder ce camp de la famine,
Pour charger les canons et les mortiers d'airain,
Qu'en forme de boulets ils pétrissent le pain :
Quand ces boulets sauveurs descendront sur la ville,
Le peuple soufflera sur la torche civile.
Et sans peine abdiquant un règne passager,
11 n'en conservera que le droit de manger.
Triste sort du Pouvoir ! la doctrine qu'il aime A jeté son vaisseau sur l'écueil du dilemme; Ou dans le sang du peuple éteignez ce brandon. Ou flétrissez la loi par un humble pardon. Qui vous l'eût dit ! avant cette triste semaine , Paris était pour aous un bienheureux domaine ; Le sopha nonchalant vous avait assoupis; Le salon , sous vos pieds , déroulaft ses tapis ;
Comme l'avait dit Thiers, proplièle de la chambre, Les fleurs naissaient pour vous dans le mois de novembre ; Noyés dans vos fauteuils, le visage vermeil, Vos yeux ternes encor d'un lubrique sommeil . Sans souci pour le Rhin, ou la Loire, ou l'Ardèche, Vous lisiez en riant la bénigne dépèche; Puis au Conseil, le soir, devant le Carrousel, Votre orgueil se targuait du calme universel : Plus de ces tristes nuits où Paris sans lanternes Entendait le tambour, ce tocsin des casernes ; Le riant télégraphe, à Montmartre endormi. N'avait , à son réveil , que des gestes d'ami ; Pour défendre le seuil de chaque ministère. C'était assez pour vous qu'un garde sédentaire. Mariant la giberne à l'innocent briquet. Balançât sur l'épauîe un frauduleux Gisquet. * Quel réveil ! ils dormaient sur le roc de Sisyphe ! Soudain le télégraphe , effrayant logogriphe , Automate de l'air par novembre engourdi , Tend ses bras torturés vers l'orageux midi :
110 nRmksis.
Ce n'est plus cette fois une émeute de femmes ; C'est Lyon tout entier qui roule dans les flammes C'est un peuple affamé qui, des toits descendu. Pour la Charte promise à son travail ardu , Attaque l'industrie aux calculs économes ; C'est le rugissement de soixante mille hommes; C'est un grand désespoir par la faim suscité, Un suicide immense où court une cité.
Voilà, voilà le fruit de vos œuvres iniques. Journaliers du Pouvoir, Hercules pulmoniqucs , Qui voulez soutenir sur votre dos étroit Un accablant fardeau que chaque jour accroît ! Venez, courtiers-marrons de la diplomatie. Hommes à fibre molle, à cervelle endurcie. Entre les bras sanglans de ses fleuves jumeaux. Venez voir la cité que crispent tant de maux. Vous aviez posé là, pour double sentinelle. Le préfet Dumolard et le maire Prunelle; L'un, faisant à sa ville un éternel adieu.
LYO\. m
S'encroûtait au sénat dans le juste-milieu ; I/autre, depuis trois mois, n'avait pas su connaître Le complot d'une ville ourdi sous sa fenêtre ; La veille où de la loi fut rompu le lien , Ce Pangloss des préfets écrivit : Tout est bien. Partout vous étalez vos étranges bévues ; Le brave et vieux Gazan, qui s'endort aux revues. Est chargé d'ouvrir l'œil sur nos ardens climats;' A ses côtés se meut un opaque Thomas ; •' Aujourd'hui, pour surcroit, le ministre colère Leur expédie en poste un homme impopulaire, Molitor, maréchal nommé par Charles-Dix • Pour avoir escorté le Dauphin à Cadix. C'est qu'on ne vit jamais dans nos tristes annales Plus de marchés honteux, plu^ d'intrigues vénales; Les députés , élus pour nous faire des lois , Ouvrent effrontément leurs boutiques d'emplois ;
* Le général comte Gazan , une de nos plus belles illustrations militaires; il commande la plus importante division du raidi; son {Trand âge et ses glorieuses blessures devaient Téloigner d'un poste si important . où il n'a pour appui que le plus absurtie dos préfets.
L'impur solliciteur, que rien ne rassasie. Relire son brevet des jupons d'Aspasie; Le virus doctrinaire , inondant les chevets , De stigmates honteux macule les brevets. Ainsi , des flancs impurs de tous nos ministères Tombent sur notre sol des fœtus adultères, Avortons souffreteux, automates mouvans, Mannequins que Périer empaille tout vivans. Et puis , étonnez- vous si ces nains rachitiques Sentent craquer leurs dos sous les chocs politiques; Si , devant les périls qu'ils n'ont pas su prévoir, Poui*s'échapper plus vite ils jettent le pouvoir! Ah ! quand de tant de deuils l'argument énergique D'un ministère absurde accuse la logique ; Quand tout s'échappç et fuit sous vos doigts oppresseurs ; Quand une ville, grsinde entre toutes ses sœurs, Celle que le Midi nomme sa capitale.
Sur le trône des lois met la force brutale; Quand la haine ou la faim que ligue le malheur. Aux torches de Lyon vont allumer la leuî' ;
LYOiX. 113
Que dans cliaque cité gronde l'écho du Rhône, Il faut résilier son bail avec le trône. S'abîmer au néant de toute sa hauteui'. Et signer son exil au front du Moniteur.
Comment répondrez-vous ? Que la France elle-même
Semble s'agenouiller devant votre système .'
Que vingt fois accusés, le sénat, chaque fois,
Vous acquitta toujours aux deux tiers de ses voix ".'
Que la majorité vous soutient? oui, sans doule,
Vous l'avez, et l'on sait même ce qu'elle coûte;
L'iiomme qui veut se vendre est toujours acheté;
Tout ministre qui paie a la majorité :
Et combien sont sortis de l'urne électorale.
Candides, le cœur plein d'une austère morale.
Cerbères que le miel ne pouvait endormir.
Hurlant à triple gueule au nom de Casimir,
Qui depuis, dans l'Eden, d'un souris débonnaire.
Ecoutent le serpent de l'arbre doctrinaire.
Et qui, sur leur famille étendant tous leurs vœux,
Placent, en votant bien, leurs iils et leurs neveux!
Et pourtant voilà ceux qui brisent notre force !
t)u chêne de l'Etat ils n'ont vu que l'écorce!
Oui, débiles preneurs d'une paix à tout prix.
Aux besoins dti moment vous n'avez rien compris ;
Mieux que vous dans le ciel nos regards savaient lire :
Ce n'était point l'ardeur d'un belliqueux délire,
Ni l'atroce plaisir d'ensanglanter nos mains
Qui des champs de bataille imploraient les chemin?.;
Ne valait-il pas mieux appeler aux frontières
Nos villages, nos bourgs et nos villes entières,
Recommencer Aréole, ou Modène, ou Lodi,
Que d'inonder de sang le fraternel Midi ?
Avec quels cris de joie, aux brises printanières ,
Le Rhône aurait jeté ses soyeuses bannières,
Et sur les nobles toits, purs de rébellion,
Arboré l'étendart où rugit le lion ! ^
Oui, cette ville seule, accouchant d'une armée,
* On sait que Lyon porte un lion dans ses armes véritablemeiis parlantes.
Elit atteint d'un seul bond les îles Borromée ;
De là, fiévreuse encor de son premier élan,
Elle eut montré la France aux portes de Milan.
Oh! que n'auraient pas fait sur un champ de bataille
Ces deux peuples, tous deux géans de même taille.
Le peuple de Paris et son frère immortel !
Comme deux chevaliers acceptant un cartel ,
Nobles jumeaux des camps qu'un même pacte lie,
Ils eussent en trois jours dominé l'Italie.
Ils ne l'ont pas compris , ces stupides docteurs ,
Ces crétins de comptoirs, bétail d'agioteurs.
Citoyens de la Bourse, esclaves de la rente !
Et la guerre civile est aujourd'hui flagrante !
Et nos braves soldats que le Rhin attendait.
Combattront, sans honneur, le pauvre ou le Verdel !*'
Oh ! gloire à vos calculs, diplomates serviles!
Vantez-nous une paix qui désole nos villes ;
Un second Austerlitz pouvait luire demain,*
* J'écrivais ce vers le l^"" décembre, veille du fflorieux aniiixcr saire de la bataille d'Austerlitz.
Mais vous avez barré tout belliqueux chemin ,
Et nos soldats, exclus du Rhin et de la Sambre.
Dans Lyon tout sanglant fêtent le deux décembre.
Que c'est digne de vous ! oh ! soyez bien contens !....
Ah! feuilletez l'histoire, et dans les premiers temps
Cherchez-y pour vous tous des leçons salutaires :
Quand ces hommes obscurs, qu'on nomme prolétaires.
Viennent à découvrir que, des intimes rangs.
Ils peuvent se hisser à la taille des grands.
Que le pain appartient aux bouches affamées.
Alors j malheur à tous ! môme si les armées
Sous leur artillerie écrasent les mutins.
Leur chute annonce encor des désastres certains :
Spartacus vit tomber sa force colossale;
IMais la guerre du pauvre amenait à Pharsale ,
A Pharsale, à ce jour où périt abattu
Le dernier des Romains en niant la vertu.