A HENRI -CINO
Où les Césars de Rome oubliaient leurs ennuis : Là, dans son beau palais que le soleil colore. Ton oncle te réserve un pavillon de Flore, Que n'environne pas un Carrousel fangeux Comme la sombre tour qui vit les premiers jeux ; Palais de marbre blanc; pour le bâtir si rare Les rois napolitains ont épuisé Carare; Il semble s'adosser, dans un mol abandon , Au Pausilippe vert, bien plus beau que Meudon ; Là tu verras courir jusqu'au cap de Misène, Le fleuve d'Iscbia plus large que la Seine; Tu verras tout vivant l'embaumé Portici Qu'un décor d'opéra te donnait mort ici , '' Et pour feu d'artifice, aux veilles de ta fête. Ton sujet le Vésuve allumera sa tète.
Vas, prends l'indemnité que t'offre le destin; Jeune encor, prends racine au sol napolitain; Renonce à la cité qui voulut cire libre, Où ton nom dans les conurs n'émeut pas une fibre;
Car ne t'abuse pas sur ces faux cris d'amour Que de menteurs amis t'adressent chaque jour; Ah! nous comprenons bien leurs plaintes assidues, Ils gémissent en chœur sur leurs places perdues , Et ton nom invoqué, dans ces piteux refrains, Ne sert qu'à mieux couvrir d'égoïstes chagrins. Quelle gloire , d'ailleurs , de ton berceau surgie Arrondit sur ton front un cercle de magie ? Tu ne peux emprunter dans les fastes récens Aucun nom protecteur aux rois dont tu descends. Les peuples aujourd'hui, dans leur vague caprice, N'aiment pas un enfant d'un amour de nourrice, Ils n'idolâtrent plus un fétiche au berceau, Qu'il s'appelle Bourbon ou Bragance ou Nassau, Qu'à l'urne baptismale il ait eu pour marraine La maison de Brunswick ou celle de Lorraine.
11 n'est qu'un fils de roi dont le nom soit puissant. Un seul, que notre amour accueillit en naissant; Ici, même avant moi, toute bouche le nomme-