‹ NémésisChapitre 49 sur 78 · A HE>RI-C1N(J · texte numérisé non relu

A HE>RI-C1N(J

Le sang de l'un de nous , serait trop acheté ;

C'est que, si tu touchais la rive qui t'écarte,

Deux pays relégués aux marges de la carte ,

L'Ouest et le Midi, foyers de déraison ,

Partisans routiniers de ta vieille maison ,

De l'autel et du trône exhumant la chimère .

INous feraient rebâtir l'échafaud victimaire,

Et qu'il faudrait encor voter, en gémissant.

Pour guérir leur folie une douche de sang.

Voilà de quels malheurs la France maternelle

Sauve tous les partis abrités sous son aile ;

Voilà quels jours de deuil, quel sinistre avenir

Sa sévère prudence a voulu prévenir.

Tes ennemis sont ceux dont le zèle t'assiège ;

Agens provocateurs , ils te dressent un piège ;

T'abusant d'un espoir dont leur songe est tout plein ,

Eux seuls votent ici la mort de l'orphelin.

De ces faux conseillers que ton cœur se méfie;

Ouvre le rudiment de la philosophie,

Jeune prince! ce livre, ou profane ou chrétien.

T'apprendra l'avenir qui doit être le tien.

Oui, la philosophie est l'auguste patrone

Qui prête son égide aux exilés du trône.

Ferme leur plaie aiguë, et leur rend plus légers

Le toit du voyageur et les cieux étrangers.

A peine aux doux festins de Meudon et de Sèvres

Dans la coupe royale as-tu mouillé tes lèvres;

Le bandeau paternel a couru sur ton front :

Ces vagues souvenirs bientôt s'effaceront;

C'est le rêve d'un jour; ta jeunesse envieuse

Ne regrettera point la ville pluvieuse,

Le château de l'ennui , le parc de tes aïeux ,

Fantastique tableau qui glissa sous tes yeux.

Cesse de désirer cette aube rayonnante

Que pleure chaque soir ta noble gouvernante;

Laisse tes titres vains , ton duché de Bordeaux ,

La couronne , le sceptre , éblouissans fardeaux ;

Que ferais-Lu d'un trône où l'on dort par secousse ?

Vas à Naples , c'est là que l'existence est douce ;

Ville des jours dorés, des lumineuses nuits.

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