‹ NémésisChapitre 70 sur 78 · II · texte numérisé non relu

II

^ Un garde s'inclinait et présentait les armes Devant le potage du roi.

Sous la restauration , au moment où le dîner du roi traversait la salle des maréchaux , le garde-du-corps de faction devait présenter les armes.

XXXffl. — LE PALAIS-ROYAL EN HIVER.

Sitôt que Chevallier

L'ingénieur Chevallier dont l'observatoire est établi depuis trente ans sur le quai de l'Horloge , au coin du Palais-de-Justice. M. Chevallier est l'oracle des vieux rentiers de la capitale, qui viennent consulter son thermomètre pour savoir s'ils doivent mettre des bourrelets à leurs fenêtres et des bas de laine à leurs pieds.

'^ Des manteaux de Bercliut. , Célèbre tailleur du Palais-Royal.

^ Ils vont chez Corcelet

Marchand de comestibles, dont la renommée européenne nous dispense de faire l'éloge.

^' Visitent de Chevet le menteur étalage.

Le magasin de comestibles de Chevet diffère de celui de Corcelet en ce que l'on trouve surtout dans le premier les poissons et

les gibiers qui arrivent chaque jour à Paris, tandis que le second ne vend guère que des choses conservées. L'épithète de menteui; donnée ;\ l'étalage de Chevet , ne doit pas être prise en mauvaise part. L'auteur a sans doute voulu dire qu'à la vue du magasin de ce célèbre marchand , l'acheteur se croit transporté tour à tour sur les bords de la Méditerranée ou au milieu des forêts.

^ Sous le portique où chante Séraphin.

Les ombres chinoises de Séraphin , si chéries des enfans et des vieux garçons, quoique pour des raisons bien différentes.

^ Des Frères éternels, trhiiîé provençale.

Les Trois Frères provençaux , un des restaurans les plus renommés du Palais-Royal.

' La fille de Joseph, la Rébecca du change.

On n'a sans doute pas oublié la catastrophe arrivée au changeur Joseph, assassiné, il y a quelques années, par deux Italiens, Malagutti et Rata, qui lui volèrent une somme fort considérable. Un fait assez remarquable , c'est que Joseph mourut de ses blessures le jour même où ses assassins furent conduits à l'échafaud. Mais M. Barthélémy fait erreur quand il dit la fille de Joseph : la personne qui tient aujourd'hui le comptoir du change, et devant laquelle on s'arrête autant pour sa beauté que pour son brillant étalage , est la femme du successeur de Joseph.

^ De Malthus et de Say.

Deux célèbres économistes, l'un anglais et l'autre français. Le premier est mort à Londres dans les derniers jours de 1834.

" L'héroïque Diiclos.

S'il est un personnage dont on s'est occupé long-temps à Paris, où l'on oublie si vite les hommes et les choses , c'est le fameux Chodruc-Duclos, cet hôte éternel du Palais-Royal, et surnommé l'homme à la longue barbe. On a fait sur ce personnage singulier une foule de commentaires : mais l'on sait aujourd'hui que Duclos, royaliste ardent, qui avait vingt fois, dans la révolution, compromis sa vie pour les princes déchus, ne fut pas récompensé comme on le lui avait promis , alors qu'on avait besoin de lui , et comme devait le lui faire espérer la haute position de M. de Peyronnet, son compatriote et son ancien ami. Ce fut alors que, privé de toutes ressources et couvert à peine de méchans haillons, il vint se fixer dans l'enceinte du Palais-Royal , où il se promenait, silencieux et fier, plus de quinze heures par jour, comme une preuve vivante de l'ingratitude des grands. Depuis la révolution de Juillet, Duclos a compris que son rôle était fini, et i! est vêtu à peu près comme tout le monde : de son ancien costume , il n'a conservé que sa longue barbe.

On raconte beaucoup de traits remarquables de cet homme singulier; nous en citerons un qui donnera une idée de sa bizarrerie. Dans l'un des trois jours de Juillet, le jour où les Suisses défendirent le Palais- Royal, Duclos, qui n'avait pas quitté ses galeries, vit un jeune homme qui tirait avec plus de courage que de bonheur contre les habits rouges : aucun de ses coups ne portait. — Vous perdez votre poudre, lui dit Duclos en lui prenant le fusil des mains; tenez, voilà comme on fait. Le coup part et un Suisse tombe mort. Puis Duclos rend le fusil au maladroit tirailleur. — Puisque vous êtes si adroit, lui dit ce dernier, pourquoi n'ètes-vous pas des nôtres. — Oh ! moi , c'est différent, ré pond Duclos, ce n'est pas mon opinion.

NOTES. :j25

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